18 août 2008
le rêve
il y a quelques années, tout au début de notre relation, j'avais peur. chaque jour, je me disais que j'allais me réveiller, que ça n'était pas possible qu'il m'aime et veuille de moi. toutes les nuits, je le voyais partir, j'essayais de courir vers lui mais mon corps ne répondait plus et je finissais par le regarder s'en aller, meurtrie et glacée.
puis je me réveillais. et il était là. à côté de moi.
ces rêves ne sont jamais vraiment partis. j'ai juste appris à vivre avec eux et à laisser la vie faire son chemin. j'ai appris à avoir confiance, à être moi peu à peu, avec lui. et chaque jour ou presque, je me dis que c'est miraculeux de l'avoir à mes côtés, que la vie m'ait permis de le rencontrer.
c'est banal et sentimental. c'est ordinaire et c'est peu au regard de tout ce qui se passe dans le monde, partout tout autour de nous. mais c'est extraordinaire. car après 5 ans passés ensemble, 5 ans de vie commune, de jours ordinaires, 5 ans de non-extravagance dans nos vies, l'amour est toujours là, identique. plus fort peut-être parce qu'ancré au plus profond de nous. l'amour demeure alors que le temps passe. et ça n'est sans doute pas si ordinaire finalement.
on ne sait jamais de quoi demain sera fait, on ne peut jurer de rien. mais on peut quand même dans ces moments de grâce savourer le fait d'être ensemble, de se comprendre et de s'accepter. vivre ensemble, c'est accepter que tout ne soit pas comme dans les contes de fée, que tout ne soit pas exactement tout le temps comme à la télé, mais qu'il soit là, chaque jour, même dans les moments difficiles, même quand, comme ces vacances, je suis triste et que parfois, je pleure. il est là et sait me parler, me consoler, me faire tant rire, m'aimer. et j'espère être pour lui ce qu'il est à mes yeux.
j'ai envie de croire, pour une fois, à mon conte de fée.
j'ai envie de dire qu'"ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", parce que ça me rend heureuse aujourd'hui et que je l'aime et que j'ai envie de croire que ça peut être vraiment comme ça, parfois, la vie.
16 août 2008
censurée
sur ce blog, je ne me suis jamais censurée. pour la bonne raison que je ne veux pas le faire car c'est mon espace de liberté, mon truc à moi même si certaines personnes que je connais, certains élèves même, le lisent.
mais, depuis quelques semaines, je me censure. je m'interdis de parler de certaines choses que je ressens sous prétexte que justement, on pourrait lire. et mal comprendre. me détester peut-être ou me trouver égoïste et bête.
il y a peu, on m'a dit que j'étais très sensible. ce n'est pas un scoop. je l'ai toujours été et j'ai toujours considéré que c'était une qualité car je suis capable de m'émouvoir. je sens les choses, chaque chose de la vie, chaque moment, chaque mot, chaque vibration. et les sentiments que ça me procure me permettent simplement d'être moi. mais cette qualité est à double tranchant. car cette sensibilité exacerbée me fait énormément souffrir également.
ces vacances, je les attendais avec impatience. je ne pensais simplement pas qu'elles seraient synonymes de solitude. j'avais des tas de projets, des tas d'envies et je ne pensais pas me retrouver seule avec elles. ça n'était pas prévu comme ça.
j'ai beaucoup réfléchis à tout ça et je me suis dit que c'était normal. que la vie est ainsi faite et qu'on n'a pas d'autre choix que de s'y résigner. seulement, la douleur que j'en ressens est vive. et elle ne passe pas.
j'essaie de ne pas penser. de ne pas ressasser. j'essaie d'oublier la déception, parfois la colère. car je n'aime pas ces sentiments. j'essaie de me dire qu'il faut savoir patienter, ouvrir son coeur. mais c'est dur.
encore une fois, je me censure. c'est nul.
on avait des tas de projets, on s'était dit qu'on allait profiter de ces vacances pour les réaliser. on devait partir aussi. on devait faire des tas de choses et ça me rendait heureuse. j'ai attendu. des jours. bloquée dans une espèce d'impatience joyeuse. j'ai espéré un signe. j'ai voulu tellement. mais je savais que c'était normal, que l'amour prend tout le temps, qu'il fallait que ça se fasse.
puis je suis partie loin et la douleur est un peu passée. partie dans les vagues atlantiques. et puis, mon homme est là, il me soutient, il me comprend.
et puis, je suis rentrée. et tout s'est ravivé.
et j'ai recommencé malgré moi à attendre, à espérer.
puis j'ai compris. qu'il n'y aurait rien. et je me suis sentie tellement mal. comme trahie, abandonnée. j'ai lutté contre ces sentiments. mais c'était dur.
mon coeur bat la chamade en écrivant ces mots.
j'ai eu l'impression d'être simplement un pote. quelqu'un qu'on aime bien comme ça, sans plus. j'ai eu l'impression qu'il y avait ce lien et puis en fait, je me suis dit que non. que ça n'était pas possible. j'ai eu l'impression de m'être trompée.
et j'ai réclamé. comme une enfant capricieuse. parce que je ne comprenais pas. pourquoi la solitude. pourquoi tous les projets ignorés, l'indifférence, les vacances...
et puis, je me suis dit que j'étais qu'une salope égoïste.
j'ai pleuré.
je me suis résignée.
aujourd'hui, je suis résignée. c'est pour ça que j'écris. que je me confie.
et je me suis habituée.
à la douleur.
et la solitude. c'est devenu une amie. je n'en ai plus peur.
des projets, j'en fais. toute seule cette fois. pour moi. parce qu'il le faut.
parce que dans la vie, on est toujours seul. à l'intérieur de soi-même. dans la prison de son corps...
et quand j'aime, j'aime.
14 août 2008
je kiffe
Puppet Mastaz "Pet sound"
envoyé par pouark
j'adore ces mecs ! rien à dire de plus ! je bosse !
13 août 2008
pensée du jour :
J'ADORE ECRIRE !
...
12 août 2008
la rentrée bientôt
et zéro envie de reprendre. pour la première année en trois ans dans cette école.
je me pose la question : pourquoi ? cette démotivation quant à cette rentrée ne me paraît pas très normale. mon père est enseignant et il ressent la même chose sauf que mon père n'a jamais aimé enseigner et qu'il est très négatif vis-à-vis de son boulot. ceci explique sans doute que je n'ai pas envie de lui ressembler pour cette chose-là au moins.
je retourne tout dans ma tête. je sens que quelque chose est brisé. je ne sais pas exactement quoi ou je refuse de me l'avouer. je ne suis plus totalement prof. je n'ai plus la motivation si je n'ai pas la perspective de la création. j'ai besoin d'un projet pour envisager cette rentrée sereinement. j'ai besoin de sentir à nouveau ce stress oui mais ! pas seulement. cette joie à voir le spectacle se monter, cette joie de voir les gamins sur scène, concentrés et fiers. cette joie de les entendre chanter ce qu'on a écrit pour eux.
et comme je ne suis pas sûre que tout ceci se fera à nouveau, je suis triste. démotivée. déprimée...à l'idée de ne reprendre que le train-train des cours. qui plus est des cours de solfège, matière que personne n'aime et que personne n'a envie de reprendre. même pas la prof elle-même, c'est dire !
j'angoisse aussi à l'idée de ne plus avoir le temps d'écrire pour moi, emportée par le tourbillon de la préparation des cours, de l'enseignement qui me prend toute mon énergie. j'ai peur de devoir laisser la création de côté. et je sens que j'ai besoin de créer, je sens que j'ai besoin de ce temps pour moi. et en même temps, je sais que je n'ai pas le choix. il faut bien que je paye mon loyer !
j'aimerais avoir moins de solfège cette année et plus de piano mais je ne sais pas si je pourrai demander cette faveur à mon directeur...
on verra. c'est ce que je me dis sans cesse : on verra.
mais là, tout de suite, je ne sais même pas si j'ai envie de voir...
11 août 2008
mafia blues
me voilà de retour de mon week-end à Strasbourg. pas beaucoup de photos mais beaucoup de souvenirs que j'espère gravés assez profondément dans ma mémoire pour que le temps ne les efface pas.
quelquefois dans la vie, on se sent accueilli par des gens qui ne sont pour vous que des connaissances mais qui sont tellement généreux que vous avez juste l'impression de faire partie des leurs. et c'est doux. à tel point que je ne me suis pas sentie mal une seule fois durant ces trois jours. parce que bien souvent, lorsque je suis loin de mon homme et de mes murs, j'ai le mal du pays, je me sens intimidée et perdue. alors que ce week-end, point de malaise du tout.
et cette drôle d'impression de faire partie de ce monde, de ces gens.
j'ai retrouvé avec plaisir ma Noémie et nos cours. ses grands yeux avides et son sourire immense. et la joie de partager la musique avec elle, l'envie de lui transmettre et l'envie de la voir devenir musicienne à son tour. mon plus grand rêve serait qu'elle fasse carrière dans la musique. je sais que ce ne sera peut-être pas ce qu'elle choisira mais je la crois assez douée pour arriver à faire quelque chose.
et puis échanger, manger dans ce que ce mot a de plus noble. partager à vrai dire.
s'émerveiller de voir les liens qui les unissent avec le seul regret de ne pas connaître ceci dans ma propre famille. car là-haut, on parle, on crie, on rit, on s'aime, parfois on s'engueule, parfois on se déchire sûrement, mais on s'aime et on s'aide.
en les regardant vivre ainsi, je me suis surprise à rêver de cette famille, un jour, pour moi. je me suis prise à rêver de ce lien, à espérer connaître et construire une famille comme celle-là. bien sûr, je me doute qu'il y a eu des heurts, rien ne se fait jamais sans aucune souffrance. mais j'étais et je reste admirative de cette force primitive. ce truc qui relie à jamais les gens, bien plus fort que la génétique.
ce week-end m'a fait du bien, comme un retour aux sources, quelque chose de fort et de vital. j'aurais aimé que mon homme vienne. son seul problème étant les relations sociales, c'est un ours, un ermite.
j'ai maintenant du mal à réaliser qu'Elle va partir vivre auprès des siens. j'ai du mal à réaliser qu'elle ne sera plus près de l'école, que je ne pourrai plus simplement passer fumer une cigarette avec elle le soir après les cours. j'ai vraiment du mal à croire que ça y est, à la fin de la semaine, elle emménage pour de bon là-bas.
en tout cas, je suis heureuse de l'avoir fait, d'avoir osé partir avec elle tout un week-end sans avoir peur d'être mal. je suis contente de constater que je peux me sentir bien auprès d'eux, oublier mes inhibitions pour partager...je ne sais pas comment dire mais je ne regrette rien, j'ai beaucoup vécu, j'ai beaucoup appris en 3 jours. j'aurais voulu avoir plus de temps, plus de mots pour leur dire merci. j'aurais voulu leur montrer à quel point j'avais été heureuse ce week-end. j'espère qu'ils le sauront.
07 août 2008
vagues
en feuilletant l'album de photos d'une de mes élèves qui m'a trouvée sur fessebouk (c'est l'inconvénient de ce site...), je me suis laissée aller à mes pensées. ces photos, toutes avec elle dessus, elle et ses amies, ses photos m'ont amené à la reflexion. et mes réflexions sont comme des vagues, instables, grandes ou petites, elles partent dans tous les sens sans que je puisse les contrôler...
je la regardais, elle et ses amies et je voyais leurs beautés étalées là, devant les yeux de milliers d'internautes. et je me disais que c'était étrange de voir autant de beauté réunie sur ces photos. et je me disais comme c'est étrange comme la beauté attire la beauté. je veux dire qu'aucune de ses amies n'a l'air moche. c'est étrange, comme un peu mystique.
les belles filles attirent à elles les belles filles. et les garçons oui. aussi.
je me disais comme ça devait être grisant d'être belle comme ça. je veux dire d'une beauté lisse, sans heurts, comme une image parfaite, un truc qui arrive comme ça, sans qu'on sy attende vraiment. sans qu'on ait fait quoique ce soit pour que ça arrive. juste peut-être une incoryable combinaison génétique, presque alchimique en fait.
je me suis toujours demandée ce que ça faisait d'être belle de cette façon. je ne me trouve pas laide, non, ce serait fausse modéstie de dire que je suis très laide. mais je ne suis pas belle, pas de cette façon. mon visage n'est pas si régulier, mon corps n'est pas parfait. mais son visage, le visage de son amie...comment dire : parfaits. absolument parfait. les sourires grands avec les dents bien régulières, les traits bien lisses, les cheveux bien rangés, comme encadrant le visage poupin. c'est joli, on ne peut le nier. on ne peut qu'admirer.
non pas envier.
et évidemment, ces filles sont entourées de garçons. beaux aussi.
parfois, je me dis que j'aurais aimé être comme ces filles : belles, d'une perfection visible, belles au saut du lit, belles avec des cheveux bien lisses, belles avec des traits aussi fins. et connaître l'amour de garçons très beaux...pas par jalousie...par curiosité. j'aurais aimé savoir ce que ça fait d'être belle comme ça, juste une journée, pour voir. sentir sur moi les regards admiratifs, me regarder dans le miroir pour me contempler.
c'est con ce que je dis, non ?
je les regarde comme on regarde un tableau. inaccessible.
et ces filles se prennent en photos. en noir et blanc, en couleur, debouts, assises, couchées parfois aussi, elles rient, elles sourient, elles posent, elles se maquillent et leurs yeux sont immenses. et je les regarde comme on admire un tableau, en me demandant comment on a pu faire naître autant de beauté dans un visage, dans un cheveu, dans un sourire.
et puis voilà, ma pensée est partie avec une vague...
04 août 2008
jakadi
"j'aime le bruit blanc de l'eau"...
je me demande si cette phrase est d'elle. ce qui m'interpelle, c'est la beauté de cette phrase. comme quelque chose d'inattendu. surtout de la part d'une fillette de 10 ans.
je lis et relis cette phrase avec à chaque fois étonnement et mélancolie. "j'aime le bruit blanc de l'eau". ce qui m'étonne c'est que je viens de composer un morceau de piano où il y a des passages "blancs". quelquefois, les hasards sont troublants.
un morceau qui se veut nuageux. un morceau pour raconter le ciel. car le ciel m'a beaucoup ému cet été, au cap ferret. le ciel changeant, celui qui se fond à l'océan, les nuages cotonneux, l'avancée fantastique des nuages par le vent. ces notes que je cherche au fin fond de moi résonne dans cette phrase de ma cousine de dix ans : "j'aime le bruit blanc de l'eau"...
quand l'horizon se fond avec l'eau et cette impression d'immensité...les vagues qui vous fouettent et les enfants qui se jettent dedans sans peur. leurs rires...imaginer une vie ailleurs où d'autres gens s'imagineraient une vie ailleurs. se retrouver plongée dans une sorte de tribu, voir évoluer le reste du monde et se sentir en faire partie. comme un grand tout.
regarder les oiseaux couleurs de sable s'avancer vers vous tranquillement. comme si tout concordait, comme si tout allait ensemble. être dans la vie. être une particule infime de la vie tout autour.
et "aimer le bruit blanc de l'eau..."
03 août 2008
piste cyclable et conscience
je reviens de vacances, plus étrange que d'habitude. je reviens de vacances avec tant de choses en tête, des tas de questionnements à dire vrai.
on a fait beaucoup de vélo dans la forêt de pins, ça sentait bon et il y faisait frais. mes jambes après 20 kilomètres ne me portaient plus mais c'était une sensation agréable de se sentir capable de le faire. de se savoir encore assez enfant pour le faire. pédaler dans une jolie robe et savourer l'odeur des pins.
et puis prendre conscience. là, derrière l'homme, on ne parlait pas beaucoup lorsqu'on pédalait. sans doute parce qu'il fallait crier pour s'entendre et qu'il nous fallait nous économiser. et c'est comme ça que j'en suis venue à penser. oui. c'est étrange mais je n'avais plus pensé de cette façon depuis bien longtemps. penser à moi. prendre conscience de ce moi qui m'était devenu quasi étranger.
et j'ai compris alors. d'où venait mon malaise permanent. ce sentiment de ne rien contrôler. la peur en fait.
et cette peur, je ne l'avais pas du tout avant. non. quand j'étais enfant, je n'avais pas peur. et là, sur mon vélo, je découvrais la peur. ma peur.
je tenais le guidon trop fort et freinais dans les descentes. je le voyais lui, à l'aise, dévaler à toute vitesse tandis que je m'accrochais à mes freins en priant pour qu'il ne se casse pas la figure. sans savoir pourquoi je pensais à ça puisqu'il sait faire du vélo et que moi aussi. alors pourquoi ?
puis j'ai pensé à la voiture. quand je monte en voiture, il me faut toujours respirer lentement avant de mettre le contact. particulièrement si c'est pour aller au centre ville parce qu'il y a les piétons et les cyclistes, que les gens ne font pas attention et qu'en plus, il va falloir me garer. et que cette pensée me terrifie. alors, chaque fois c'est pareil.
il m'arrive même de renoncer à aller en ville en voiture, de me terrer chez moi alors que je pourrais sortir, tout simplement parce que je me mets à trembler, mes jambes ne me portent plus ou très mal. alors j'abandonne, je laisse tomber. et je fais autre chose. je m'occupe. je me mens en fait.
et puis, penser au pire chaque fois. la peur me bouffe en permanence, elle m'attrape au ventre et ne me lâche plus. et ça, je ne le ressentais pas avant.
avant quoi ?
je pense avant de devenir adulte. avant de sentir sur moi les responsabilités, la précarité, les enfants que je dois surveiller, l'enseignement...toutes ces choses qui font que je ne peux plus être insouciante. il n'y a pas si longtemps que ça dure. trois ans je pense. ou quatre, pas plus. je me souviens d'avant la peur...
j'avais un vieux vélo, avec un guidon assez haut et pas de freins. on me l'avait prêté pour que j'aille travailler au mac do plus facilement...ce vieux vélo ne freinait pas, seulement si je mettais mon pied par terre pour le forcer à ralentir. j'en ai usé des baskets avec ce vélo. parfois, il fallait, en roulant, prendre le marteau dans le panier du vélo pour taper sur le garde boue qui se mettait de travers et qui frottait sur la roue. tout ça en roulant très vite dans les rues de nancy et en brûlant les feux rouges sinon, ça n'est pas drôle.
et puis, l'homme au début me tractait avec son scooter pour m'aider à rentrer chez moi. je m'accrochais à son bras le soir en sortant du mac do et il m'entraînait dans son sillage jusqu'à la porte de la place des vosges. j'avais alors tellement d'élan que je pouvais me passer de pédaler jusqu'à la place carnot. avec mon vélo sans freins. c'était terriblement grisant. et dangereux...
est-ce que j'avais peur ? pas le moins du monde. à aucun moment.
ça a commencé après.
et voilà que je m'accroche à mon guidon avec le coeur qui bat beaucoup trop vite. et que je n'ose m'avancer dans les vagues de l'atlantique. et que je n'ose aller prendre ma douche seule dans le camping. et qu'il me faut lutter à chaque instant contre ces angoisses détestables...
vous allez vous demander si j'ai finalement passé de bonnes vacances avec tout ça. la réponse est oui. excellentes. en tout point. j'ai l'impression d'avoir fait un pas énorme sur le chemin de ma vie. j'ai la sensation étrange d'avoir presque vaincue. mais le sentiment de colère contre moi qui en résulte est assez fort et se manifeste par instants et sans raison pour les autres.
je ne comprends plus ce que je suis devenue. et je crois bien qu'il me faut changer ça. j'espère seulement y arriver. je ne sais pas comment. mais maintenant que j'ai conscience de ça, ce sera plus facile de corriger, de surmonter.
21 juillet 2008
la non demande en mariage
quand j'étais petite, je me souviens que ma mère me passait souvent Brassens. et que c'était pas trop mon trip à l'époque. je ne comprenais pas les subtilités du texte. aujourd'hui que j'aime composer, jouer avec les notes, les mots, je jubile à écouter. j'aimais déjà depuis un bon moment mais là, c'est la révélation.
à l'heure où il est question de mariage autour de moi, je me suis demandée pourquoi je ne voulais décidément pas me marier. comme si je n'étais pas normale peut-être. j'en sais rien...peut-être qu'il est dans l'ordre des choses de s'épouser, se jurer devant je ne sais qui qu'on va s'aimer pour toujours. aposer sa signature sur un contrat. inviter ses amis (et se donner en pâture à leurs doutes, cynisme quand tu nous tiens)...
moi j'ai pas trop envie.
je ne vois pas l'intérêt en fait.
déjà, je ne crois pas en Dieu. ou plutôt pas à celui des églises, d'aucune église. je crois en quelque chose, je crois bien. mais cette croyance n'est représentée qu'en moi-même. toutes les religions me glacent. parce que sous prétexte de Dieu, on s'entretue. et ça n'est pas la vision que je veux avoir.
alors me marier à l'église, non merci. dans aucune église.
et puis signer un contrat à la mairie, je ne trouve pas ça très romantique. donc, je n'ai pas envie non plus. et puis, on peut s'engager avec quelqu'un sans avoir besoin de le mettre par écrit devant un maire.
mais il n'y a pas que ça.
j'ai toujours pensé qu'à partir du moment où tu te maries, les choses dégénèrent. et puis tu deviens la moitié de l'autre. tu portes le nom de l'autre. et tu as une alliance pour te rappeler que tu lui appartiens en quelque sorte. et puis cette notion de fidélité à la vie à la mort, je sais pas, ça me gêne. même si j'ai toujours été fidèle à mon homme. et que je n'ai pas envie d'aller voir ailleurs. toutefois, je suis libre. et j'aime cette liberté. je veux dire que là, avec mon homme depuis 5 ans, je n'éprouve pas l'envie de plus. si ce n'est un enfant un jour. mais là, comme ça, on est tellement bien que je n'ai besoin de rien d'autre que de lui. en fait, j'aime notre liberté et cet anti-conformisme dans notre vision des choses.
même une maison n'est pas indispensable. même l'argent, la voiture, les vacances. juste lui, notre quotidien, avec ses imperfections, juste notre chambre et nos rêves. juste nous deux. et nos chats.
et puis, j'ai lu ce texte de Brassens. et j'ai repensé à l'émotion de ma mère chaque fois qu'elle écoute cette chanson. cette émotion que je ne comprenais pas. jusqu'à aujourd'hui. je vous le mets :
"Ma mie, de grâce, ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flèche
Tant d'amoureux l'ont essayé
Qui, de leur bonheur, ont payé
Ce sacrilège...
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
Laissons le champs libre à l'oiseau
Nous seront tous les deux priso-
nniers sur parole
Au diable les maîtresses queux
Qui attachent les cœurs aux queues
Des casseroles!
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
Vénus se fait vielle souvent
Elle perd son latin devant
La lèchefrite
A aucun prix, moi je ne veux
Effeuiller dans le pot-au-feu
La marguerite
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
On leur ôte bien des attraits
En dévoilant trop les secrets
De Mélusine
L'encre des billets doux pâlit
Vite entre les feuillets des li-
vres de cuisine.
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
Il peut sembler de tout repos
De mettre à l'ombre, au fond d'un pot
De confiture
La jolie pomme défendue
Mais elle est cuite, elle a perdu
Son goût "nature"
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
De servante n'ai pas besoin
Et du ménage et de ses soins
Je te dispense
Qu'en éternelle fiancée
A la dame de mes pensées
Toujours je pense
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin"
alors c'est ça. c'est exactement ça.
je ne critique pas les gens qui s'aiment et veulent se marier. chacun fait ce qui lui plaît après tout. seulement moi, je n'ai pas envie, je n'en ressens pas le besoin. et même ! je crois que ça me ferait trop bizarre tout ce bazar autour de notre amour. lui qui est si intime, qui ne s'expose jamais aux vues de tous, lui qui ne regarde que nous.
ce que je ressens est doux, fort, mon amour n'a pas besoin de preuves., de contrat. de cadeaux. mon seul cadeau, c'est lui, c'est notre rencontre. c'est cette chance là qui dure.
et cette phrase là :
"Qu'en éternelle fiancée A la dame de mes pensées Toujours je pense"...
et cette chanson m'émeut au plus haut point. c'est un texte d'Aragon, ça doit être pour ça...
Il n'y a pas d'amour heureux Georges Brassens
envoyé par myonlylover11
regardez comme ses yeux clignent à la fin...










