Anna Chronick's

les chroniques d'une jeune prof en quête d'elle-même

05 août 2007

Terrine de Tourterelle en Conserve

non, j'ai pas pété un câble, non, j'en ai pas ramené de Montpellier, d'ailleurs, je sais même pas si ça se mange la tourterelle et comptez pas sur moi pour essayer.

en fait, je voulais te parler d'eux :

batardssensibles

si tu les reconnais déjà, sache que je t'aime déjà.

oui, c'est bizarre mais c'est comme ça : ces mecs ont définitivement changé ma vie. TTC, c'est leur nom. c'est en fait trois gars qui rapent et un dj (Orgasmic, c'est prometteur comme nom déjà). et leurs albums m'ont fait danser et me font toujours bouger. c'est comment dire...intemporelle comme musique.

en fait, les nanas ne devraient pas aimer ces mecs dont les paroles sont on ne peut plus misogynes. mais moi, je préfère le voir au douzième degré. j'adore, ils me font dé-li-rer.

"alors les filles, on s'promène ?"

depuis Cuizinier a enregistré deux mixtapes plus ou moins bonnes. y a du bon quand même.

et puis Teki Latex se prend pour une popstar.

Tido Berman, chépa.

mais leurs albums, ça déchire. tu m'crois pas ? écoutes ça :

bon, c'est sûr, faut aimer le style, mélange savant de hip hop et d'électro. en concert, ça le fait grave. j'avais été les voir à Strasbourg, y a des gars qui me sont tombés dessus mais le concert était vraiment bon, une ambiance de dingue et un son de ouf. j'avais adoré.

bien sûr, certains n'aiment pas à cause des paroles. surtout les paroles de celle-là :

pendant une soirée où tu t'emmerdes, chez des gros coincés, tu fais comme mes potes et moi, tu la balances bien fort 5 fois de suite en chantant bien les paroles et tu mattes leurs têtes ! huhu.

y en a des plus cools, des moins agressives mais toujours très bonnes, comme celle-là :

et puis, y a pas, ça reste, c'est bon, c'est du son qui te met toujours la patate. ouai, je sais, c'est spécial et peut-être même que t'aimes pas. mais moi, j'adore, ces gars, je les aime. ils me font rire, ils me font danser, ils me font triper. je crois que c'est le but de cette musique de toute façon...

une petite dernière ?

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19 juin 2007

la caution

ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de hip hop. qui plus est français, un groupe dont je suis absolument fan, à la limite de l'hystérie.

l'histoire veut que nous avons eu du mal, beaucoup de mal à les voir en concert. d'abord, il y a eu le festival de Dour l'année dernière : au mois de juillet, ils devaient passer à 3h00 du matin sous un chapiteau en Belgique. autant dire que nous avons fait le voyage pour eux, juste pour les voir. et puis, à cause de Booba (ce plouc qui est nullissime), ça ne s'est pas fait. avant ça, on les avait loupé je ne sais plus où, faute d'avoir été mis au courant de leur venue. on a fait des kilomètres pour chaque fois les manquer. dégoûtés.

et puis, en septembre 2006, je rate mon permis. et le soir même, nous voici débarqués à Metz pour enfin les voir en concert. un grand moment, une pure tuerie. dans une toute petite salle, les deux frères NikkFurie et Hi-tekk mettent le feu toute la soirée. je n'ai jamais autant hurlé que ce soir-là, je me suis éclatée, j'ai transpiré à force de sautiller comme une folle. je me suis même payée le culot d'aller leur parler après le concert, non sans avoir hésité longtemps et les avoir mitraillés discrètement avec mon téléphone portable pour avoir un vrai souvenir !

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la Caution, c'est d'abord ce double cd trop trop bon, pour moi, une révélation. je crois qu'il est chez nous depuis 2 ans et que je ne me lasse pas de l'écouter à fond en essayant de raper leurs textes avec eux. je m'y croirais presque bien que parfois, ça ressemble à du yaourt. les instrus, les textes, leur voix, tout est trop trop bon.

mais avant ça, évidemment, ils ont fait plein d'autres trucs : l'armée des douze avec TTC par exemple, j'adore. surtout la chanson Hélium liquide qui me fait littéralement planer. et puis, Asphalte Hurlante, leur premier disque en 2001.

ils se veulent des "métaphores de l'urbanisme" et je pense que ça se sent. dans leur double album "peine de maure et arc en ciel pour daltoniens", il y a une vraie vision du monde et plus particulièrement de la banlieue. mais leurs textes ne ressemblent aucunement à ce qu'on peut entendre sur les ondes. non, ce sont de vrais textes, génialissimes. ça te prend aux tripes et ne te lâchent plus.

évidemment, c'est du hip hop, c'est la banlieue, ça sonne comme un cliché, ça ne l'est pourtant tellement pas. leur plus célèbre chanson reste "Thé à la menthe" puisqu'elle a été choisie par Steven Soderbergh pour son film "ocean's 12", rien que ça. et ce sont eux qui ont fait la BO de Sheitan.

La caution, c'est une révélation auditive, sensorielle, un élan qui pousse à se dépasser. chaque fois que je les écoute, je suis surprise, toujours, même après autant d'écoutes. ça reste en moi, ça martèle à l'intérieur. La caution, c'est ça :

« Thé à la menthe »

NIKKFURIE :

Jeune, j’ai souvenir d’une « Mme Nicole »
instit’ qui pensait qu’un Bougnoule n’était pas fait pour l’école !
J’portais un velours troué, des bottes rouges en plastique,
une cagoule en laine, un chandail ou des « Play-Basket ».
Le coiffeur ne savait même pas encore que j’existais !
Mais , soit sûr que le 1er qui nous a vus s’est désisté !
Pourtant jeune et innocent, la morve au nez sans Kleenex,
on squatte le bac à sable avec nos « Shabs » et nos idées
afin de faire du vandalisme même sans le savoir !
Nos parents n’ont pas donc on erre sans avoir !
D’après nos voisins, de gros racistes, je le précise,
nous étions mal élevés et leurs bergers allemands mieux dressés !
Moi, j’y crois pas , d’ailleurs j’y ai jamais cru
car , parental est le seul amour que j’ai jamais eu !
Donc pour pas se véner, ce qui me met à l’amende :
les vertus du « Naanaa » donc du thé à la menthe !

HI-TEKK :

1ère époque bidonville, ambiance clandestine dans un bar à Barbès :
thé à la menthe, couscous et tagines à la carte.
Plus de scopitones pour Mouloud et Saïd AbdAllah.
Avec un sale accent, pas de salamaleks me dit Hassan l’athlète
originaires d’Algérie , d’Hollywood à Tamanrasset.
Plus de thé à la menthe, juste des palabres amères !
Comme un malade mental, j’ai mal à la tête, je cavale en
stan-smith adidas, jean 501, ça va j’m’en tape !
Ici c’est v’là l’attentat, pour quelques douzes de plus, y a des
carnages dans l’air.
Cette France me désintègre : on classe l’Arabe comme un barbare bancal !
Nique la culture du barbecue, du steak et des fast-foods !
Au bled , c’est la djellaba et les sandales, d’Oujda à Casablanca,
c’est banal en bas de la tess, je m’emmerde et je pèse que dalle.
Ça se balafre en bas de mon hall, ma peine et ma joie se confondent,
et c’est tout ce qui reste de notre héritage culturel !

NIKKFURIE :

Une adolescence « Nastase et 501, Pento, cassette de funk et le daron en 505 ».
Mais vint le mot « Problème » avec un grand P,
face auquel tout le monde a tremblé ou trempé !
Après l’innocence, le pessimisme s’est ancré,
devant l’incandescence, le droit chemin s’est cambré !
Je lui ai tendu la main et le bonheur m’a crampé,
genre « seul l’argent et l’honneur peut me rendre vrai » !
Mais ici, on peut t ‘accuser de choses que si t’avais fait : tu te pendrais !
Il leur faut un arabe, un noir, c’que tu veux , bref du concret !
On a eu la chance de ne jamais se prendre au sérieux…
Côtoyer le vice sans jamais faire le saut périlleux.
Modelant notre vie loin du saut de l’ange…
A l’école , nous, vautours, contre l’albatros de Baudelaire !
On s’est retrouvé dans le rap contre toute réelle attente…
La recette : Sampler, stylo et thé à la menthe !

leur site : http://www.la-caution.net/index_bis.html#lacaution

vivement le prochain concert !

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24 avril 2007

et un jour, un concert...

busdriverje vous ai souvent parlé de pianistes et de mon amour pour la musique classique. cependant, la révélation de ma vie fut orchestrée par mon copain, lorsque, chez lui, il m'a fait découvrir un genre musical que je ne soupçonnais même pas.

j'avais bien entendu ces gars à la radio mais je n'accrochais pas plus que ça. en fait, tout ce qui passe à la radio est très différent de ce qu'on peut découvrir si l'on creuse un peu plus loin de la médiatisation. tout ce qu'il écoutait ne passait pas sur les ondes et n'y passe toujours pas d'ailleurs.

il m'a d'abord fait écouter TTC. ce sont trois fous furieux français qui écrivent des textes et qui les rapent comme on dit. je n'ai pas eu la révélation tout de suite. j'aimais, sans plus. ça n'allait pas très loin. je trouvais ça quand même mieux que ce que je pensais connaître du Hip Hop. mais j'avais déjà plongé. et je ne savais pas encore que toute ma vie en serait bouleversée.

jusqu'alors, ma passion pour la musique m'avait conduit à aimer toute sorte de styles différents. je pensais encore préférer Beethoven à tout ce que j'écoutais d'autre. non pas parce que je suis snob ou fermée d'esprit mais parce que je pense que le classique est la base de tout. c'est cette musique qui a permis toutes les autres. enfin, c'est mon avis. un peu comme l'évolution de Darwin. il fallait un début, une base qui permette de s'éloigner, d'inventer, de renouveler. mes émotions étaient donc tournées vers la grande musique, celle que peu de gens écoutent encore.

puis, il m'a emmené à ce concert, au terminal export, une petite salle au plafond bas qui, depuis, a fermé. il m'a prévenu "je te tiens contre moi parce que ça va déménager". ça ne me dérangeait pas du tout qu'il garde son bras autour de ma taille. on allait voir TTC justement. mais en première partie, il y avait ce grand black, avec des dreads. Busdriver.

il est arrivé sur cette toute petite scène, directement des States. et il a commencé son show. j'ai halluciné. moi qui n'avais jusque là que l'habitude des concerts où on se tait pour apprécier la musique, où on n'évite même de changer trop souvent de position sur son siège pour ne pas déranger les autres, je me suis surprise à danser comme une dingue en hurlant. c'était électrique, il avait un flow de dingue, un truc génial, un charisme à tomber. tous nos potes me regardaient, ébahis. ils ne se doutaient pas que la petite bourgeoise qu'ils pensaient que j'étais pouvait se lâcher à ce point.

en fait, ce concert fut le déclencheur d'un amour incongru pour le Hip Hop, au grand désespoir de mon père qui ne comprend pas comment, avec l'éducation musicale qu'il m'a donné, je peux admirer autant des gens comme Busdriver.

à la fin de ce concert, j'étais en sueur, complètement explosée. busdriver a balancé des disques dans la foule puis il est venu parler avec son public. rhaaa, il était beau, il était super sympa, je lui ai baragouiné deux ou trois mots de remerciement in english et je me suis payée un tee-shirt à son effigie. car jamais je n'avais connu pareille émotion. une véritable transe.

c'est comme ça que je me suis mise au hip hop. c'est comme ça que je suis devenue accro à cette musique, à ces gars qui, pour moi, sont des poètes modernes. pas tous évidemment. pas ceux de la radio, pas ceux que les gens connaissent. j'aurais aimé faire découvrir ces MC au plus grand nombre. mais je crois qu'on aime ou qu'on n'aime pas. et il faut pour cela ouvrir en grand ses oreilles.

c'est clair que si j'avais ce talent, c'est ça que je ferais. du Hip Hop. j'écrirais des textes, je m'entraînerais à les dire et je ferais des concerts de dingue. comme Busdriver, mon chauffeur de bus préféré.

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13 avril 2007

la centième !

pour fêter le centième article, je vous offre une bonne tranche de rigolade gratis ! oui, je sais, je suis trop trop généreuse.

je me souviens bien du cours de musique au lycée où mon professeur nous a fait découvrir cette oeuvre...il était un peu fou, cet homme. il ressemblait à un savant fou d'ailleurs : les cheveux en l'air, coiffé avec un pétard chaque matin, les yeux exorbités en permanence, il postillonnait allégrement et se mettait souvent dans des colères noires, à faire trembler les fenêtres de la salle où on travaillait.

ce jour-là, il était à fond dedans. il nous a montré la vidéo. nous nous retenions de rire, craignant trop sa folie. c'est de ligeti. un compositeur contemporain, très contemporain. je n'ai jamais vraiment compris comment il avait eu cette idée folle. et surtout, pourquoi les gens trouvent ça génial. m'enfin, chacun ses goûts comme on dit. normalement, ça dure 20 minutes mais je doute que vous teniez très longtemps !

donc, voici le grand, le magnifique, le superbe ! que dis-je un roc ?!

le poème symphonique pour 100 métronomes !

attention, l'abus de cette vidéo peut provoquer de graves dommages cérébraux ! à consommer avec modération ! :-)

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23 mars 2007

Martha pour le sidaction

logoune initiative positive dans ce monde cruel, c'est rare, en tout cas, assez pour le souligner.

bien souvent, lorsqu'on pense à des musiciens pour certaines oeuvres humanitaires, ou actions de solidarité, on fait appel à des stars de la variété ou du rock. c'est plutôt exceptionnel de faire appel à des musiciens classiques. certainement parce que le classique n'est pas assez vendeur. et pourtant !

certes, c'est Martha Argerich. ce n'est pas l'artiste que je préfère, m'enfin, c'est une excellente pianiste, de renom et de talent. je sais qu'elle est très appréciée par bon nombre de mélomanes et je respecte son talent même si musicalement, je n'adhère pas totalement.

je l'ai découverte dans la Sonate en Si mineur de Liszt. c'est une oeuvre réputée pour sa grande difficulté, une partition redouté de tous les pianistes. Argerich la joue très bien. évidemment. c'est juste que je la trouve...masculine. dans son jeu. un peu trop à mon goût, mais ça n'engage que moi, n'allez pas me lyncher directement ! chacun son truc.

bref. ce disque, je pense l'acheter pour plusieurs raisons. déjà parce qu'il contribue à aider la recherche, c'est donc faire un don et l'occasion de se faire plaisir. deux bons points.
le sida fait encore trop de morts. il ne faut pas l'oublier. le virus est toujours là, hélas.
ensuite, ce sera une façon de redécouvrir cette artiste et de découvrir l'autre pianiste, que je ne connais pas du tout, Myung-Whun Chung. peut-être donc matière à un nouveau billet sur mes pianistes préférés ! (je pense à tout, vous voyez).
enfin, comme je l'ai dit au début, il est tellement rare de voir ce genre d'artiste participer à ce genre de manifestation que je trouve bien de l'encourager. de plus, ce disque ne coûte que 15€, ce qui n'est pas excessif.

et puisque ce week-end, toutes les chaînes se mobilisent pour le sidaction, c'est le moment de faire preuve de générosité.

pour le disque donc, c'est ici et si vous avez envie de donner autrement, de vous informer, c'est par !

et surtout, sortez couverts !


et puisqu'hier, c'était la journée mondiale de l'eau, voici les Jeux d'Eau de Ravel par Martha Argerich ;)

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20 mars 2007

Yo-Yo Ma

une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous parler d'un pianiste de renom. non, pas aujourd'hui. j'ai la migraine...

mais si ce n'est pas un pianiste, qui est-ce?

je vous le donne en mille, c'est un violoncelliste. et pas n'importe lequel, non ! c'est un très bon violoncelliste. bien sûr, je choisis un tant soit peu les artistes dont j'ai envie de parler. celui-là est donc un très bon musicien.

je l'ai découvert il y a plusieurs années maintenant. lorsque j'étais au conservatoire, je côtoyais évidemment toute sorte Yo_Yo_Ma_1d'instrumentiste. je traînais avec des violonistes, des guitaristes. mais j'avais eu le coup de foudre (bien mal m'en avait pris d'ailleurs) pour un violoncelliste. au-delà de ce coup de foudre pour lui, j'aimais beaucoup cet instrument dont il jouait à merveille, il faut bien le dire. c'est ainsi que je me suis prise d'amour pour le violoncelle.

il y a toute sorte d'oeuvres magnifiques pour ce bel instrument : l'arpeggione de Schubert évidemment, la sonate pour violoncelle et piano de Rachmaninov, celles de Brahms, le concerto de Dvorak bien sûr...et les Suites pour violoncelle de Bach. grand tube de ce compositeur !

je ne sais plus comment j'ai acheté ce disque de Yo-Yo Ma jouant les Suites. je traînais souvent chez mon disquaire et il s'est retrouvé miraculeusement dans ma discothèque. je me souviens très bien, en revanche, de la sensation folle lorsque j'ai écouté ce disque pour la première fois, allongée sur la moquette de ma chambre (j'ai dit allongée, pas en train de la fumer ! ). c'était absolument merveilleux.

imaginez-vous : vous êtes sur une plage au coucher du soleil. le sable est chaud et vos pieds nus s'enfoncent lentement dedans à chaque pas que vous faîtes. c'est doux mais en même temps, granuleux, ça vous recouvre les pieds totalement...vous vous asseyez face à la mer et jouez avec les grains de sable chaud avec vos doigts, les faîtes voler délicatement, vous plongez votre main, c'est rugueux mais si bon en même temps. vous tournez la tête vers le soleil, il chauffe votre visage tandis que le vent marin vous donne la chair de poule...vous y êtes ? vous sentez cette douce contradiction ? et bien, c'est ça, c'est Yo-Yo Ma !

lorsqu'il joue les Suites, la première par exemple, il parvient à vous rendre chaque grain de sable avec son archet. c'est doux mais ça n'est pas lisse. c'est comme une caresse sur l'épaule par une main qui aurait travaillé. la peau est ferme. Yo-Yo Ma est sensuel lorsqu'il joue Bach. et c'est rare ! chaque note sonne dans toute sa splendeur, il n'y en a pas une qui passe inaperçue, elles sont toutes importantes, posées ça et là par l'archet qu'il manie sans doute à la perfection. on sent le grain des crins frottant les cordes vibrantes. chaque fois que je l'écoute, je retrouve cette sensation caressante et sensuelle de ma première écoute. je vibre avec l'instrument...


voilà un petit extrait dont vous me direz des nouvelles...

je vous conseille donc de vous pencher sur ce disque, il est de toute beauté. écoutez-le avec tous vos sens et fermez les yeux. voyagez avec lui. ça ne peut que vous faire du bien !

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09 mars 2007

looser!

quand j'ai rencontré mon homme, j'ai également rencontré le hip hop. c'est étrange à dire mais avant lui, je n'avais jamais pensé pouvoir m'intéresser à ce genre de musique, encore moins à ces groupes méconnus que lui seul pouvait me faire aimer.

j'étais au macdo, vous le savez maintenant. et au détour d'une chanson, j'ai su que ce serait lui et personne d'autre. il était beau, il sentait bon le bigmac chaud, mon légionnaire!...mais je m'égare!

bref, il m'a fait écouter plusieurs groupes au début et parmi tous ceux que je découvrais, Fuzati a retenu toute mon attention. il m'a donné envie de m'y mettre. oh, bien sûr, ça ne plaît pas à tout le monde, c'est clair. c'est, comment dire, spécial. et très cynique. mais pour moi, ce mec est un poète. un anonyme qui a su mettre des mots sur mes sentiments. surtout celui d'impuissance, face au monde, face à tout ce qu'on nous impose.

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il y a eu assez vite une chanson qui s'est détachée du lot pour moi. elle est devenue mon hymne et plus encore. certains comprendront enfin un des grands mystères qui m'entourent. cette chanson, plus qu'une mélodie avec des mots, cette chanson me définissait totalement. et aujourd'hui encore, je ne me lasse pas de me la chanter lorsque je me sens écrasée par le poids des responsabilités. je me la repassais lorsque je récurais les poubelles avec la touillette à café, je me la chantais lorsqu'à quatre pattes par terre, je nettoyais chaque carrelage avec le produit rose, je la fredonnais lorsqu'un con passait à ma caisse et avait décidé de m'emmerder pour le plaisir...cette chanson, c'était moi.

j'ai eu l'occasion de le voir en live dans un boui-boui à Metz. un soir où nous étions venus juste pour le voir, contents de l'entendre enfin en live. il est arrivé dans le bar "le tunnel", et, malgré le masque qu'il met pour chanter, dès que je l'ai vu traverser la foule, anonymement, j'ai su que c'était lui. je sais pas pourquoi ni comment, je ne l'avais jamais vu sans ce masque, je l'ai reconnu tout de suite. il a dû affronter toute la soirée, des gens qui l'insultaient, qui le sifflaient. mais il ne s'est pas démonté, il est resté et s'est adapté. et moi, j'ai beaucoup aimé ce concert.

ce Fuzati est d'un cynisme incroyable et j'aime ses mots et son humour noir. j'aime son désespoir ridicule, pour moi, c'est ça la "poésie urbaine". bon, je ne sais que trop combien certains n'aimeront pas. mais j'avais tout de même envie de vous faire découvrir "le Klub des Loosers". et puis, les instrus sont vraiment excellentes!

si ça vous plaît: son meilleur album à mes oreilles.

et un petite vidz pour se faire plaisir! (je suis trop forte en HTML!)

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01 mars 2007

"saint françois de paule marchant sur les flots"

liszt

hier, après mon cours d'éveil musical, étonnamment calme pour une fois, je me suis retrouvée seule dans ma salle de cours pour une demi-heure de pause. j'avais un disque que mon père m'a offert pour mes 25 ans, Liszt  joué par Aldo Ciccolini...je ne l'avais même pas déballé, à vrai dire, ça me soûlait de savoir que mon père ne sait m'offrir que des disques de piano à chaque occasion...

et puis là, j'avais envie de mettre quelque chose en fond pour manger, ça tombait bien. plage 2. je balance le son sur la mini chaîne et déballe mon pain au chocolat, le seul truc mangeable trouvé dans la ville au petit matin. les premières notes s'élèvent, je redécouvre ce morceau, joué il y a longtemps, lorsque j'étais au conservatoire. je ne sais pas ce qui s'est passé, je le connais pourtant mais mon corps était secoué de frissons, j'étais submergée par la beauté de cette oeuvre, complètement transportée par les sons. et ravagée par la nostalgie de ce temps...

j'avais travaillé cette oeuvre pour mon prix de piano, je devais avoir 18 ans. c'était l'année la plus importante pour moi, celle qui devait changer ma vie. j'en attendais beaucoup. la terminale, le bac, les fiestas chez ma pote J, le chocolat et les kirs de début de soirée...et puis, mon premier amour, évidemment.

je ne saurais dire ce que j'ai ressenti exactement en écoutant ce morceau. j'ai revu ces images, lointaines, j'ai senti mes doigts engourdis se remémorer le clavier, mon corps se mouvoir comme lorsque je le jouais, je me suis levée, j'étais prise dans le tourbillon des arpèges et des gammes. les sons graves me rappelaient la colère de cette jeunesse, la tristesse éprouvée toutes ces années, la mélancolie et l'envie de réussir qui me poussait à me surpasser là-bas, au conservatoire. je me suis souvenue des murs blancs du foyer, de M avec qui je rigolais bien pendant les quelques pauses qu'on prenait ensemble, je me suis souvenue des murs gris des studios de travail et de la pénombre dans laquelle je me plongeais pour jouer, ressentir, travailler, suer sur ce clavier un peu désaccordé. j'avais envie de tout recommencer, de revenir en arrière juste aujourd'hui, savoir à ce moment que ma vie changerait, qu'elle deviendrait encore plus belle, qu'elle serait douce et qu'il n'y aurait plus tant de peurs...

"saint françois de paule marchant sur les flots", dans cette salle de classe décorée des dessins naïfs de mes élèves, saturée de ces sons et moi au milieu, qui danse...

(je ne l'ai pas trouvé en ligne ce morceau, donc je vous ai mis une autre de ses oeuvres, que j'aime beaucoup aussi...)

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20 février 2007

georges Meliès

Melies

quand on m'a parlé de ce projet d'accompagner un film au piano, de composer la musique, j'ai accepté. c'était l'année dernière, la secrétaire de l'école avait envie de promouvoir l'école de cette façon et avait pensé à moi. et sans vraiment y réfléchir, j'ai dit oui.
au début, je ne savais pas exactement sur quel support cinématographique j'allais devoir travailler. je pensais à quelque chose de moderne, peut-être collaborer avec un jeune de l'icn, sur un court métrage récent, contemporain. ça m'aurait vraiment plu.
et puis, j'ai eu l'entretien avec le papi du musée de cinéma...

c'est un vieux monsieur bossu, sympathique au demeurant. j'étais avec la secrétaire puisque c'est son projet à la base. il ne s'est pas du tout adressé à moi. j'étais là pour décorer. et super mal à l'aise avec tout ce qu'ils se disaient...

il a proposé deux choix: Chaplin ou Méliès. puis il a voulu nous montrer quelques films.

on est allé dans la salle de projection. il tenait mal sur ses jambes, le pauvre. et il a mis plusieurs minutes à comprendre le fonctionnement de la machine. puis il a balancé Chaplin.

entendons-nous bien, Chaplin, j'aime beaucoup. c'est vraiment bon d'en voir un de temps en temps. mais ça ne me convenait pas pour plusieurs raisons.

  • ce sont des films plutôt drôles et composer une musique "drôle", je ne voyais pas comment faire
  • tout le monde connaît Chaplin, je serais jugée plus durement sur ce support
  • les films sont plus longs, il faut donc développer de plus longs thèmes

quand je lui ai demandé s'il pouvait me montrer autre chose, il a demandé à la secrétaire si elle voulait plutôt voir Méliès. j'avais bien envie de lui dire que j'étais là et que c'était moi qui allais travailler et pas elle!

il a balancé quelques courts de Méliès. ça me paraissait mieux, plus en accord avec moi, avec mes sensations cinématographiques. Méliès, c'est plutôt fantastique, science fiction de l'époque quoi...

j'ai accepté de travailler dessus...

les films sur lesquels je bosse sont vraiment très très courts. je les balance et j'improvise mais je reste incapable d'écrire quoique ce soit. c'est super rapide à chaque fois. j'envoie le film, je me mets au piano et juste quand je trouve un thème, c'est déjà terminé!

le style est vieux, vous vous en doutez. d'un point de vue cinématographique, ce sont certainement des films historiques. mais ils ne me touchent pas. et même, ils m'ennuient un peu...c'est pas le genre de films que je regarderais chez moi pour passer le temps. alors, la question que je me pose, c'est "est-ce que je peux produire quelque chose de bien avec un truc qui ne m'inspire pas?"

j'aurais voulu quelque chose qui me touche plus, qui me donne de l'émotion, des images fortes, une histoire d'aujourd'hui. je me retrouve avec des vieilles images, certes intéressantes, mais qui me laissent froide. or, pour moi, la création a toujours été mêlée étroitement avec les émotions, la sensibilité, l'âme. ici, il faut que je créé avec ma raison, sans une quelconque passion...c'est plus difficile et je me demande si je vais y arriver.

pour vous faire une petite idée, c'est par ici!

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22 janvier 2007

Abd Al Malik

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franchement, j'adore ce gars. moi qui aime déjà:

  • le hip hop
  • les blacks (ben oui, j'aime bien, je les trouve beau, j'y peux rien...)
  • les textes forts et intelligents
  • les gars qui en ont dans le crâne

et bien avec abd al malik, je suis comblée. j'ai même acheté son disque, dès la première fois que je l'ai vu, à la télé dans ce soir ou jamais (très bonne émission soit dit en passant).

il bénéficie en ce moment d'une super couverture médiatique, ce qui permet de découvrir à chaque fois un homme clairvoyant et plein de bon sens. de plus, il parle bien, il a un discours super calme, bref, il assure.

ce mec donc, fait du slam, mais j'ai plutôt envie de dire du hip hop. et ça ne ressemble pas du tout à GCM, heureusement! il vient de la banlieue de Strasbourg, d'un quartier assez difficile apparemment. et il a su s'en sortir malgré le flirt avec l'illégalité à certains moments de sa vie, du moins, selon ses dires.

et puis, il est cultivé, ce qui ne gâche rien, lit les grands philosophes tels que Socrate ou Sénèque, ce qui est plutôt rare de nos jours nan?

son discours sent le vécu. et c'est appréciable dans un monde où tout le monde se permet de donner son point de vue sans connaître vraiment son sujet. les politiciens qui disent connaître à fond le sujet des quartiers sensibles n'ont qu'à bien se tenir face à lui. car cet homme-là ne prône pas la violence, ne hausse pas le ton même lorsqu'il est confronté au bras droit de Devillier, non, il reste posé et ne parle que d'une chose: apprendre à vivre ensemble. et même si ça paraît facile de parler, lui a l'air tellement sincère, habité par ce qu'il dit qu'on ne peut qu'applaudir lorsqu'on l'écoute. car au-delà des différences, des barrières socio-culturelles ou religieuses, on devrait pouvoir s'entendre, voire s'écouter et surtout se respecter, s'accepter les uns les autres.

vous ne pensez pas?

et c'est vrai que pour moi, ses textes, ses hommages à Brel que j'adore, son franc-parler et sa générosité, il symbolise exactement le genre d'artiste que j'aime, le genre d'artiste vrai qui se fait si rare de nos jours.

chaque fois, j'ai envie de lui dire à quel point j'aime ce qu'il dit, à quel point j'aime la façon dont il marie les styles musicaux, à quel point je l'admire en fait.

je ne peux que vous conseillez d'écouter Abd Al Malik, il le mérite.

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Posté par annaellee à 20:48 - eclectique musique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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