27 juin 2008
Camille et moi
dans la voiture, puisque je passe le quart de ma vie dans ma voiture...
je sais pas, elle chante dans mon autoradio et je redécouvre sa voix et ses mots. et quelque chose me prend comme à chaque fois. quelque chose d'intense. quelque chose d'intime aussi.
"pâle septembre" par exemple.
je l'écoute. la fenêtre ouverte, je fume une clope, devant l'école. je ne peux pas sortir tant qu'elle n'a pas fini. je monte le son. en face, les hlm. derrière moi, le boulot. dans le rétro.
et puis, elle dit. des choses que je sens. des choses que j'aurais pu dire. et sa voix me touche. par dessus tout.
il y a des voix comme celle de Camille qui vous transportent. des voix qui vous parlent. plus que d'autres. est-ce que ça peut s'expliquer scientifiquement parlant ? je ne sais pas. mais cette voix-là est une des seules à me faire cet effet. j'ai l'impression qu'elle rentre en moi. l'impression qu'elle est en moi. l'impression qu'elle est mienne.
ce qu'elle dit. comment elle le dit. le timbre. la douleur parfois dans le son. dans la gorge. l'émotion.
je n'ai envie de rien d'autre. elle me remplit totalement.
je ne sais pas pourquoi j'avais envie d'en parler. peut-être parce qu'hier, dans ma voiture, je pleurais en écoutant "pâle septembre". je pleurais parce que j'étais là, vivante, dans ma voiture. je pleurais parce que grâce à camille, je me sentais exister, ressentir, aimer, pleurer.
et que cette sensation ne devrais jamais me quitter.
et puis, Camille, c'est le nom de ma petite soeur qui me manque. Camille, c'est la poésie pure.
Camille et moi, on s'entendrait bien j'en suis sûre. sa voix et moi, on est en osmose totale...
Découvrez Camille!
08 juin 2008
un dimanche derrière un piano
il y a quelques années, j'ai quitté le conservatoire parce que j'avais la sensation que j'étais dans une prison. que les gens, les concours, les profs, le foyer, tout ça, ça m'étouffait. j'étouffais au milieu de ces gens qui n'attendaient qu'une chose : que je me vautre.
avec mon prof, c'était l'horreur. la dernière fois que j'ai eu cours avec lui, il m'a jeté mes partitions à la figure et m'a foutue dehors en hurlant des insanités.
et puis, il m'avait obligé à changer ma technique ce qui ne m'avait apporté que deux tendinites aux bras.
bref...je suis entrée au macdo et j'ai délaissé la musique.
c'était trop dur. le piano était devenu un ennemi, la musique inaccessible. et moi, je me sentais nulle. inutile et vide.
je pense être passée par une période très difficile. dépression. le macdo, loin de m'enfoncer, m'a sauvée. j'y ai rencontré des gens modestes et simples, dans le bon sens du terme. et puis l'homme. qui m'a redonnée envie.
à l'époque, dans mon petit appartement, il y avait un piano dans ma chambre. mais je ne pouvais même pas l'ouvrir. voir ses touches me glaçait. je n'ai pas joué du tout pendant 2 ans. 2 années entières sans piano, sans musique.
sans joie.
et je ne sais pas ce qui m'a poussée à reprendre. doucement, j'ai soulevé le couvercle et peu à peu, j'ai reposé mes doigts mous sur le clavier. ils étaient comme ceux des enfants qui débutent. il fallait tout refaire, reprendre. c'était douloureux, difficile. j'avais beaucoup perdu. mais la joie n'y était pas vraiment. c'était comme une gymnastique, un truc qu'on doit entretenir, par habitude.
je n'y trouvais pas vraiment mon compte, je n'avais plus la patience de déchiffrer puis travailler puis peaufiner. pas d'objectifs...je n'avais plus envie. j'étais toujours en prison. une prison dans laquelle j'étais bien mais sans plus. sans joie, sans passion. elle avait disparu, cette flamme, ce truc qui fait qu'on se lève chaque matin sans se poser la question, simplement parce qu'on ne peut pas faire autrement. ce truc énorme qu'on ressent à l'intérieur. ce truc dont je me souvenais vaguement mais que je ne parvenais pas à retrouver.
j'ai trouvé d'autres choses, à la place. mais toujours le manque, comme une drogue. quelque chose manque et on ne sait même pas exactement quoi.
et l'année dernière, en août, Lucie est entrée dans ma vie. et elle a tout rallumé. la lumière est revenue. au début, je n'y croyais pas, j'avais peur. de me tromper, de retomber. qu'avait-elle fait pour raviver le feu en moi ? je ne sais toujours pas. peut-être que tout simplement elle a eu confiance.
pour la première fois, un musicien a eu confiance en Anne la musicienne. elle m'a trouvée bonne. elle m'a encouragée à tenter. elle a su me dire quand je me trompais, sans bataille d'égo, sans vouloir m'écrabouiller comme ceux d'avant, elle me montrait la voix, me chantonnait des mélodies et me laissait libre d'en faire quelque chose. elle a soufflé sur les braises et la flamme est revenue, plus vive que jamais. et elle est là, elle dure.
mes mains se musclent à nouveau comme j'aime les voir, gonflées par les notes, charnues comme celles de la pianiste que j'étais. sauf que quelque chose a changé. je suis libre. je suis libre.
et je me soule de cette liberté. je m'enivre des notes, gershwin, bach, tout m'est permis. et puis j'écris ma musique. et je chante. toute la journée. et j'essaie des trucs nouveaux. et je joue, je joue, j'essaie, je pianote, je rêve, j'écris, je parle, je vis, je respire. je n'ai plus besoin de rien, je suis. enfin. je vis.
oh punaise ! vous pouvez pas savoir comme ça fait du bien. tellement que j'en pleurerais de joie.
et j'ai passé la journée au piano. comme avant. mais en mieux !
18 mars 2008
myspace, suite
depuis toute jeune, je me souviens avoir eu cette envie, de mêler mes deux passions : l'écriture et la musique. et puis, c'était un rêve, juste un beau rêve et je n'osais même pas trop m'y projeter.
je veux pas être une rock star, je dis même pas que mes chansons sont biens. je dis juste que depuis quelques semaines, (mois ?) je compose et j'aime ça. et mêler les paroles aux notes, c'est ce que je préfère faire.
au début, je ne songeais même pas à les faire écouter. et puis, comme je les écris pour Lulu, je me suis forcée à lui envoyer via msn car jamais je n'aurais osé lui chanter comme ça, carrément, face to face. elle a aimé la première, puis la deuxième. elle a rigolé pour certaines, parce qu'elles les trouve drôle. et puis elle m'a dit que sa préférée était celle-là.
et puis, mon homme a écouté un matin que je dormais, celles que j'avais mises sur le pc. et quand je me suis réveillée, il m'a dit des choses tellement gentilles...il ne savait même pas quelle voix j'avais quand je chante. parce que je n'ose jamais chanter pour de vrai devant lui.
et puis tout ça m'a encouragé. j'ai fait écouter à une copine qui m'a fait des compliments alors que d'habitude, elle serait plutôt du style tranchante. et puis une autre m'a dit adorer.
alors je me suis lancée. et puis j'ai continué.
où ça me mènera ? nulle part certainement. mais après tout, quand on fait de la musique, c'est pour être écouté. donc...myspace quoi. parce que c'est le seul truc que je connaisse et que je pense pouvoir maîtriser un minimum.
c'est sans prétention que je le fais. sans plans, sans immense fierté. c'est juste "thérapeutique". je m'apprends...c'est ma musique.
17 mars 2008
mon myspace ?
c'est fait à l'arrache, je trouve pas comment fignoler ma page m'enfin j'ai mis des chansons en ligne, enregistrées à l'arrache avec mon petit dictaphone et ma voix du matin (ça donne envie, hein ?) mais comme ça, si des gens veulent écouter ce que je fais...
c'est là : http://www.myspace.com/annachronick
j'ai honte !
15 février 2008
un concert d'intellectuels
dimanche dernier, c'était mon anniversaire. pour l'occasion, j'avais invité mon homme et mon père à un concert. oui, c'est le monde à l'envers, mais c'est comme ça...
c'était Roger Muraro, un professeur et pianiste, des grandes paluches et un physique étonnant, je dirais. il est assez réputé puisque Messiaen lui-même vantait les qualités artistiques de ce pianiste.
bref.
on arrive devant l'opéra et on apprend que le concert commencera avec du retard : une demi-heure nous dit-on. on nous fait attendre dehors dans le froid. ça commence mal. mon père est patient mais moi, ça me soule un peu, je suis gelée.
finalement, on nous laisse enfin entrer et c'est le début d'une grande cohue comme un jour de soldes sauf que là, ce sont des mamies et des papis qui se précipitent littéralement dans le hall d'entrée de l'opéra. je ris intérieurement de tout ce chahut, plutôt inhabituel de voir des gens de cet âge et de cette "classe" se ruer comme ça dans la salle.
mon père lui ne rit pas, c'est un ours, rappelons-le.
les gens dans la salle s'installent. "brouhaha brouhaha", comprenne qui pourra. et s'impatientent "remboursez nos invitations". (ok j'arrête).
Muraro entre sur scène. je regarde le programme et hallucine un peu. puis je réalise que ça va être hardcore pour mon homme qui n'a pas l'habitude de ce genre de programme. bon certes, il y a Chopin et Liszt. mais malheur ! Boulez et Messiaen (c'est bien mais pas facile à écouter.). je sais que ça va être difficile d'accès. je croise les doigts et prie pour que la pièce de Boulez ne soit pas trop longue.
Muraro est professeur et certainement bon pédagogue. c'est avec naturel qu'il nous présente son concert. le hic ? il parle comme si les gens dans la salle étaient un tant soit peu musiciens. il évoque la construction tonale, il parle de mettre en exergue Mozart et Boulez. à ce moment, j'ai vraiment peur. en plus, j'aime pas Boulez. c'est tout naturellement qu'il enchaînera les pièces pour "montrer" au public la "ressemblance" entre Mozart et Boulez, puis entre Debussy, Chopin et Messiaen et enfin entre Liszt et Messiaen.
donc nous n'applaudissons pas entre les pièces. et on les reçoit telle quelles. c'est bizarre. que dans l'écriture, on trouve des ressemblances entre Mozart et Boulez, pourquoi pas ? mais c'est dans l'analyse de la partition, pour un musicien confirmé. à l'écoute, ça n'a strictement rien à voir à mon sens. incomparables pour une oreille non-avertie, et même pour la mienne. Mozart me subjugue, Boulez m'écorche les oreilles, désolée.
Muraro continue de nous présenter les pièces qu'il va interpréter. c'est intéressant mais ça donne vraiment une ambiance particulière à ce concert, très intello je trouve. le silence entre les morceaux me pèse un peu. après Liszt, j'ai envie d'applaudir et de couper avant de passer à Messiaen. je vois bien mon homme qui fait une drôle de tête en entendant Boulez. je vois bien que c'est difficile d'accès.
à la fin du concert (près de deux heures de programme tout de même !), il nous remercie pour notre écoute attentive, rare, précise-t-il et nous donne en bis un choral de Bach. très beau.
bref, évidemment, Muraro joue très bien et doit être très bon professeur. j'avais d'ailleurs songé à me présenter dans sa classe quand je visais l'entrée dans des conservatoires nationaux. toutefois, je n'ai pas été emballée par ce concert. trop "prise de tête" pour les néophytes, trop intellectuels, coincé, école française un peu rigide. malgré ça, ça n'enlève rien aux talents de ce pianiste. mais pour moi, c'était vraiment trop bizarre et même légèrement frustrant.
et puis bon, Boulez, j'ai vraiment essayé. j'y arrive pas. n'en déplaise à ceux qui pensent que c'est un génie. moi je pense juste que c'est moche. mais certainement qu'on me rétorquerait que je n'y comprends rien et que je suis rien qu'une analphabète !
si vous avez envie de découvrir l'artiste, quand même, c'est par là ! ou bien là !
28 septembre 2007
merci Georges !
comme vous le savez, je retranscris des chansons pour la chorale de l'école, j'en ai pas mal parlé. et bien sachez que Georges Brassens me donne du fil à retordre.
j'adore ses chansons, elles me font vraiment mourir de rire pour certaines et je dois avouer que des larmes aux yeux me viennent lorsque j'écoute "jeanne", cette chanson me faisant furieusement penser à ma mémé. bon.
je travaille sur "la mauvaise réputation". pour deux raisons : Fernande, ça l'aurait pas fait du tout, les enfants ne pouvant pas décemment chanter les paroles de cette chanson parce que le surnom de la prof de chant, c'est Lulu et que c'est pas gentil de lui balancer ça à la figure. de deux, c'est un petit clin d'oeil vicelard que j'adresse à tous ceux qui ne m'aiment pas à l'école, en fait, les parents, ceux qui détestent le solfège et qui se sont désinscrits de l'école juste parce que cette année, le directeur l'a rendu totalement obligatoire. ouf ! c'était long !
et bien cette mauvaise réputation est très très difficile à retranscrire, croyez-moi ! parce que Brassens mélange le binaire et le ternaire. c'est là que vous me regardez avec des yeux ronds. je vous expliquerais bien mais ça prendrait un peu de temps et ce temps, je ne l'ai pas puisque Georges me demande beaucoup d'attention ! dites-vous bien que je me galère à écrire mes duolets, à passer de 6/8 à 2/4 et j'en passe.
je l'écoute chanter et je me dis : c'était un beau salaud quand même ! quel swing ! il me fatigue ! mais que ce soit bien clair, j'adore ! et j'adore l'idée que mes gosses vont la chanter ! et en rythme s'il vous plaît parce que je vais y arriver à l'écrire cette chanson !
voilà.
c'était le mot du jour. bon ok, c'est pourri mais c'est comme ça. il est passé midi, je suis pas lavée, j'ai bossé toute la matinée, j'ai rendez-vous avec ma banquière et je suis à découvert. aujourd'hui, à 13h30, mon avenir se joue sans moi, à la mairie et hier, j'ai bu un peu trop de vin pour oublier. appelez-moi Bree Van de Camp.
je file !
17 septembre 2007
juste un petit mot rapide
parce que je n'ai pas du tout le temps d'écrire aujourd'hui, mais alors, pas le temps !! depuis hier, je bosse sur la retranscription d'une chanson de Camille, artiste que j'adore, que j'admire, que je kiffe quoi ! et comme je n'ai rien trouvé de probant sur le net et que de toute façon, je n'ai plus un kopek en poche, j'ai bien été obligée de le faire moi-même !!
ça m'a pris quatre ou cinq heures, pas évident de tout entendre et surtout d'écrire ce qu'on entend de manière à ce que ce soit compréhensible pour tous. bref, j'ai choisi "Pour que l'amour me quitte". vous connaissez ? vous aimez ?
voici la partition que j'ai retranscrite pour ceux qui auraient envie de se faire plaisir : camille. évidemment, c'est mon travail, ce n'est pas parfait mais ça se respecte un minimum !
et pour découvrir camille, voici son site et ses deux albums disponibles ici et là.
05 août 2007
Terrine de Tourterelle en Conserve
non, j'ai pas pété un câble, non, j'en ai pas ramené de Montpellier, d'ailleurs, je sais même pas si ça se mange la tourterelle et comptez pas sur moi pour essayer.
en fait, je voulais te parler d'eux :
si tu les reconnais déjà, sache que je t'aime déjà.
oui, c'est bizarre mais c'est comme ça : ces mecs ont définitivement changé ma vie. TTC, c'est leur nom. c'est en fait trois gars qui rapent et un dj (Orgasmic, c'est prometteur comme nom déjà). et leurs albums m'ont fait danser et me font toujours bouger. c'est comment dire...intemporelle comme musique.
en fait, les nanas ne devraient pas aimer ces mecs dont les paroles sont on ne peut plus misogynes. mais moi, je préfère le voir au douzième degré. j'adore, ils me font dé-li-rer.
"alors les filles, on s'promène ?"
depuis Cuizinier a enregistré deux mixtapes plus ou moins bonnes. y a du bon quand même.
et puis Teki Latex se prend pour une popstar.
Tido Berman, chépa.
mais leurs albums, ça déchire. tu m'crois pas ? écoutes ça :
bon, c'est sûr, faut aimer le style, mélange savant de hip hop et d'électro. en concert, ça le fait grave. j'avais été les voir à Strasbourg, y a des gars qui me sont tombés dessus mais le concert était vraiment bon, une ambiance de dingue et un son de ouf. j'avais adoré.
bien sûr, certains n'aiment pas à cause des paroles. surtout les paroles de celle-là :
pendant une soirée où tu t'emmerdes, chez des gros coincés, tu fais comme mes potes et moi, tu la balances bien fort 5 fois de suite en chantant bien les paroles et tu mattes leurs têtes ! huhu.
y en a des plus cools, des moins agressives mais toujours très bonnes, comme celle-là :
et puis, y a pas, ça reste, c'est bon, c'est du son qui te met toujours la patate. ouai, je sais, c'est spécial et peut-être même que t'aimes pas. mais moi, j'adore, ces gars, je les aime. ils me font rire, ils me font danser, ils me font triper. je crois que c'est le but de cette musique de toute façon...
une petite dernière ?
19 juin 2007
la caution
ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de hip hop. qui plus est français, un groupe dont je suis absolument fan, à la limite de l'hystérie.
l'histoire veut que nous avons eu du mal, beaucoup de mal à les voir en concert. d'abord, il y a eu le festival de Dour l'année dernière : au mois de juillet, ils devaient passer à 3h00 du matin sous un chapiteau en Belgique. autant dire que nous avons fait le voyage pour eux, juste pour les voir. et puis, à cause de Booba (ce plouc qui est nullissime), ça ne s'est pas fait. avant ça, on les avait loupé je ne sais plus où, faute d'avoir été mis au courant de leur venue. on a fait des kilomètres pour chaque fois les manquer. dégoûtés.
et puis, en septembre 2006, je rate mon permis. et le soir même, nous voici débarqués à Metz pour enfin les voir en concert. un grand moment, une pure tuerie. dans une toute petite salle, les deux frères NikkFurie et Hi-tekk mettent le feu toute la soirée. je n'ai jamais autant hurlé que ce soir-là, je me suis éclatée, j'ai transpiré à force de sautiller comme une folle. je me suis même payée le culot d'aller leur parler après le concert, non sans avoir hésité longtemps et les avoir mitraillés discrètement avec mon téléphone portable pour avoir un vrai souvenir !
la Caution, c'est d'abord ce double cd trop trop bon, pour moi, une révélation. je crois qu'il est chez nous depuis 2 ans et que je ne me lasse pas de l'écouter à fond en essayant de raper leurs textes avec eux. je m'y croirais presque bien que parfois, ça ressemble à du yaourt. les instrus, les textes, leur voix, tout est trop trop bon.
mais avant ça, évidemment, ils ont fait plein d'autres trucs : l'armée des douze avec TTC par exemple, j'adore. surtout la chanson Hélium liquide qui me fait littéralement planer. et puis, Asphalte Hurlante, leur premier disque en 2001.
ils se veulent des "métaphores de l'urbanisme" et je pense que ça se sent. dans leur double album "peine de maure et arc en ciel pour daltoniens", il y a une vraie vision du monde et plus particulièrement de la banlieue. mais leurs textes ne ressemblent aucunement à ce qu'on peut entendre sur les ondes. non, ce sont de vrais textes, génialissimes. ça te prend aux tripes et ne te lâchent plus.
évidemment, c'est du hip hop, c'est la banlieue, ça sonne comme un cliché, ça ne l'est pourtant tellement pas. leur plus célèbre chanson reste "Thé à la menthe" puisqu'elle a été choisie par Steven Soderbergh pour son film "ocean's 12", rien que ça. et ce sont eux qui ont fait la BO de Sheitan.
La caution, c'est une révélation auditive, sensorielle, un élan qui pousse à se dépasser. chaque fois que je les écoute, je suis surprise, toujours, même après autant d'écoutes. ça reste en moi, ça martèle à l'intérieur. La caution, c'est ça :
« Thé à la menthe » NIKKFURIE : Jeune, j’ai souvenir d’une « Mme Nicole » HI-TEKK : 1ère époque bidonville, ambiance clandestine dans un bar à Barbès : NIKKFURIE : Une adolescence « Nastase et 501, Pento, cassette de funk et le daron en 505 ». |
leur site : http://www.la-caution.net/index_bis.html#lacaution
vivement le prochain concert !
24 avril 2007
et un jour, un concert...
je vous ai souvent parlé de pianistes et de mon amour pour la musique classique. cependant, la révélation de ma vie fut orchestrée par mon copain, lorsque, chez lui, il m'a fait découvrir un genre musical que je ne soupçonnais même pas.
j'avais bien entendu ces gars à la radio mais je n'accrochais pas plus que ça. en fait, tout ce qui passe à la radio est très différent de ce qu'on peut découvrir si l'on creuse un peu plus loin de la médiatisation. tout ce qu'il écoutait ne passait pas sur les ondes et n'y passe toujours pas d'ailleurs.
il m'a d'abord fait écouter TTC. ce sont trois fous furieux français qui écrivent des textes et qui les rapent comme on dit. je n'ai pas eu la révélation tout de suite. j'aimais, sans plus. ça n'allait pas très loin. je trouvais ça quand même mieux que ce que je pensais connaître du Hip Hop. mais j'avais déjà plongé. et je ne savais pas encore que toute ma vie en serait bouleversée.
jusqu'alors, ma passion pour la musique m'avait conduit à aimer toute sorte de styles différents. je pensais encore préférer Beethoven à tout ce que j'écoutais d'autre. non pas parce que je suis snob ou fermée d'esprit mais parce que je pense que le classique est la base de tout. c'est cette musique qui a permis toutes les autres. enfin, c'est mon avis. un peu comme l'évolution de Darwin. il fallait un début, une base qui permette de s'éloigner, d'inventer, de renouveler. mes émotions étaient donc tournées vers la grande musique, celle que peu de gens écoutent encore.
puis, il m'a emmené à ce concert, au terminal export, une petite salle au plafond bas qui, depuis, a fermé. il m'a prévenu "je te tiens contre moi parce que ça va déménager". ça ne me dérangeait pas du tout qu'il garde son bras autour de ma taille. on allait voir TTC justement. mais en première partie, il y avait ce grand black, avec des dreads. Busdriver.
il est arrivé sur cette toute petite scène, directement des States. et il a commencé son show. j'ai halluciné. moi qui n'avais jusque là que l'habitude des concerts où on se tait pour apprécier la musique, où on n'évite même de changer trop souvent de position sur son siège pour ne pas déranger les autres, je me suis surprise à danser comme une dingue en hurlant. c'était électrique, il avait un flow de dingue, un truc génial, un charisme à tomber. tous nos potes me regardaient, ébahis. ils ne se doutaient pas que la petite bourgeoise qu'ils pensaient que j'étais pouvait se lâcher à ce point.
en fait, ce concert fut le déclencheur d'un amour incongru pour le Hip Hop, au grand désespoir de mon père qui ne comprend pas comment, avec l'éducation musicale qu'il m'a donné, je peux admirer autant des gens comme Busdriver.
à la fin de ce concert, j'étais en sueur, complètement explosée. busdriver a balancé des disques dans la foule puis il est venu parler avec son public. rhaaa, il était beau, il était super sympa, je lui ai baragouiné deux ou trois mots de remerciement in english et je me suis payée un tee-shirt à son effigie. car jamais je n'avais connu pareille émotion. une véritable transe.
c'est comme ça que je me suis mise au hip hop. c'est comme ça que je suis devenue accro à cette musique, à ces gars qui, pour moi, sont des poètes modernes. pas tous évidemment. pas ceux de la radio, pas ceux que les gens connaissent. j'aurais aimé faire découvrir ces MC au plus grand nombre. mais je crois qu'on aime ou qu'on n'aime pas. et il faut pour cela ouvrir en grand ses oreilles.
c'est clair que si j'avais ce talent, c'est ça que je ferais. du Hip Hop. j'écrirais des textes, je m'entraînerais à les dire et je ferais des concerts de dingue. comme Busdriver, mon chauffeur de bus préféré.








