21 juillet 2008
la non demande en mariage
quand j'étais petite, je me souviens que ma mère me passait souvent Brassens. et que c'était pas trop mon trip à l'époque. je ne comprenais pas les subtilités du texte. aujourd'hui que j'aime composer, jouer avec les notes, les mots, je jubile à écouter. j'aimais déjà depuis un bon moment mais là, c'est la révélation.
à l'heure où il est question de mariage autour de moi, je me suis demandée pourquoi je ne voulais décidément pas me marier. comme si je n'étais pas normale peut-être. j'en sais rien...peut-être qu'il est dans l'ordre des choses de s'épouser, se jurer devant je ne sais qui qu'on va s'aimer pour toujours. aposer sa signature sur un contrat. inviter ses amis (et se donner en pâture à leurs doutes, cynisme quand tu nous tiens)...
moi j'ai pas trop envie.
je ne vois pas l'intérêt en fait.
déjà, je ne crois pas en Dieu. ou plutôt pas à celui des églises, d'aucune église. je crois en quelque chose, je crois bien. mais cette croyance n'est représentée qu'en moi-même. toutes les religions me glacent. parce que sous prétexte de Dieu, on s'entretue. et ça n'est pas la vision que je veux avoir.
alors me marier à l'église, non merci. dans aucune église.
et puis signer un contrat à la mairie, je ne trouve pas ça très romantique. donc, je n'ai pas envie non plus. et puis, on peut s'engager avec quelqu'un sans avoir besoin de le mettre par écrit devant un maire.
mais il n'y a pas que ça.
j'ai toujours pensé qu'à partir du moment où tu te maries, les choses dégénèrent. et puis tu deviens la moitié de l'autre. tu portes le nom de l'autre. et tu as une alliance pour te rappeler que tu lui appartiens en quelque sorte. et puis cette notion de fidélité à la vie à la mort, je sais pas, ça me gêne. même si j'ai toujours été fidèle à mon homme. et que je n'ai pas envie d'aller voir ailleurs. toutefois, je suis libre. et j'aime cette liberté. je veux dire que là, avec mon homme depuis 5 ans, je n'éprouve pas l'envie de plus. si ce n'est un enfant un jour. mais là, comme ça, on est tellement bien que je n'ai besoin de rien d'autre que de lui. en fait, j'aime notre liberté et cet anti-conformisme dans notre vision des choses.
même une maison n'est pas indispensable. même l'argent, la voiture, les vacances. juste lui, notre quotidien, avec ses imperfections, juste notre chambre et nos rêves. juste nous deux. et nos chats.
et puis, j'ai lu ce texte de Brassens. et j'ai repensé à l'émotion de ma mère chaque fois qu'elle écoute cette chanson. cette émotion que je ne comprenais pas. jusqu'à aujourd'hui. je vous le mets :
"Ma mie, de grâce, ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flèche
Tant d'amoureux l'ont essayé
Qui, de leur bonheur, ont payé
Ce sacrilège...
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
Laissons le champs libre à l'oiseau
Nous seront tous les deux priso-
nniers sur parole
Au diable les maîtresses queux
Qui attachent les cœurs aux queues
Des casseroles!
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
Vénus se fait vielle souvent
Elle perd son latin devant
La lèchefrite
A aucun prix, moi je ne veux
Effeuiller dans le pot-au-feu
La marguerite
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
On leur ôte bien des attraits
En dévoilant trop les secrets
De Mélusine
L'encre des billets doux pâlit
Vite entre les feuillets des li-
vres de cuisine.
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
Il peut sembler de tout repos
De mettre à l'ombre, au fond d'un pot
De confiture
La jolie pomme défendue
Mais elle est cuite, elle a perdu
Son goût "nature"
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin
De servante n'ai pas besoin
Et du ménage et de ses soins
Je te dispense
Qu'en éternelle fiancée
A la dame de mes pensées
Toujours je pense
J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin"
alors c'est ça. c'est exactement ça.
je ne critique pas les gens qui s'aiment et veulent se marier. chacun fait ce qui lui plaît après tout. seulement moi, je n'ai pas envie, je n'en ressens pas le besoin. et même ! je crois que ça me ferait trop bizarre tout ce bazar autour de notre amour. lui qui est si intime, qui ne s'expose jamais aux vues de tous, lui qui ne regarde que nous.
ce que je ressens est doux, fort, mon amour n'a pas besoin de preuves., de contrat. de cadeaux. mon seul cadeau, c'est lui, c'est notre rencontre. c'est cette chance là qui dure.
et cette phrase là :
"Qu'en éternelle fiancée A la dame de mes pensées Toujours je pense"...
et cette chanson m'émeut au plus haut point. c'est un texte d'Aragon, ça doit être pour ça...
Il n'y a pas d'amour heureux Georges Brassens
envoyé par myonlylover11
regardez comme ses yeux clignent à la fin...
19 juillet 2008
"retrouvé"
je devrais pas en parler. ni même chercher en fait.
il y a quelques années, j'avais 17 ans. le coeur délicat et les yeux pleins d'espoirs. et je l'avais rencontré. lui. je sais pas comment, ni pourquoi. je suis tombée éperduement amoureuse. à en crever. le genre de premier amour qui te pousse à faire des conneries. à mentir, cacher la vérité, prendre des risques inconsidérés. le genre d'amour que tu crois que personne peut comprendre.
ça a duré un an. sans qu'il ne se passe rien de concrêt parce qu'il était avec une fille. que je maudissais évidement. mais qu'il ne voyait jamais puisqu'il me voyait moi. on se cherchait tout le temps, on partageait des trucs, je croyais ça important et fort. je ne voulais que lui, que son amour qu'il me refusait. je faisais tout en fonction de lui, il le savait. puisque je lui écrivais. et qu'il entretenait mon amour, mon désir en me disant qu'un jour, on serait ensemble. dès qu'il aurait le courage. il m'écrivait aussi. on se téléphonait. on se voyait tous les jours.
et puis, un jour, à force de souffrances intolérables, au bout d'un an d'attente et de larmes, je lui ai dit que je ne voulais plus qu'on se voit. du tout. et c'est là qu'il a "changé" d'avis.
et on est partis à paris. une semaine. je croyais que c'était le début de notre relation, qu'enfin on allait pouvoir être ensemble, qu'enfin il allait quitter l'autre, qu'enfin on allait s'aimer au grand jour. j'aurais tout quitté pour lui, j'étais folle de lui, complètement prisonnière de mes sentiments. je l'idôlatrais.
j'étais conne.
à paris, il m'a violé. trois fois. et puis il m'a demandé de rentrer, de partir.
à paris, j'ai pleuré, j'ai supplié pour qu'il arrête.
à paris, il m'a tuée.
en rentrant de paris, dévastée, détruite, salie, seule, salie, salie, salie. j'ai tenté de mourir. deux fois.
et trois ans ont passé avant que je puisse me donner à un homme, mon homme. au début, j'avais tellement peur. je ne voulais pas qu'on me touche. j'avais peur de cette douleur de paris. de lui. j'avais mal souvent, je faisais toujours le même cauchemar. je revoyais le mur blanc, je le sentais à nouveau en moi, avec la violence, comme un couteau qui me tranchait en deux.
et mon homme a su changer ça, me redonner confiance et j'ai réappris l'amour. lentement, avec appréhension. il m'a guérie.
et puis, hier, en cherchant ce qu'advenaient tous ces cons du lycée, j'ai trouvé son blog, j'ai lu sa vie, j'ai vu son visage. et j'ai voulu vomir. de le voir heureux m'a rendue malade. de voir ses traits m'a chamboulé, m'a retourné. j'ai cru défaillir dans mon appartement, les larmes sont montées. j'ai pensé que ça n'était pas grave, que c'est la vie. que les cons s'en sortent, que les violeurs aussi. que je suis forte à présent, que je suis bien dans ma vie. et que je n'ai plus besoin de le savoir mort. je me suis persuadée. je me suis convaincue de fermer la page internet et d'oublier.
les trois fois. la douleur. le mur blanc. le sang. les larmes. la solitude. la souffrance. l'humiliation. la culpabilité. la douleur. la douleur. physique. morale. la douleur. la douche glacée. le lit. l'odeur. la sienne. les pleurs. les supplications. la peur. la nuit. la souffrance putain.
mais tout ça, c'est des conneries.
je voudrais qu'il soit mort.
surtout que j'étais la deuxième.
17 juillet 2008
deux cadeaux inattendus
mardi soir, le téléphone sonne alors que je suis en train de prendre l'apéro avec mon homme, que je suis en train de flipper à cause de mon employeur adoré qui ne m'a toujours pas appelé pour me dire ce qu'il en est de mon contrat. bref, je suis dégoûtée quand mon portable se met à sonner.
je décroche mais je ne sais pas qui c'est. et là, surprise, c'est Inès, ma petite élève de l'autre école, celle à qui j'ai proposé de me rejoindre à St nic. parce que son école n'est pas bien, que je n'y retourne pas, et que je trouve qu'elle mérite mieux que ces hypocrites. ça fait quelques semaines que j'en ai parlé à sa mère. mais elle voulait qu'Inès y réfléchisse et qu'elle prenne seule sa décision.
elle était venue pour le goûter de fin d'année du 21 juin, pour tâter un peu le terrain, visiter les lieux, rencontrer quelques élèves et visionner avec nous la comédie musicale. elle était arrivée avec son petit frère Gabin et sa mère et on avait pu discuter un peu. mais Inès est une petite fille réfléchie et elle avait souhaité revenir encore pour voir les classes et prendre la température. elle m'avait chanté des chansons pendant ma pause du mercredi midi et on avait mangé des gâteaux avec ma classe d'éveil. son petit frère et elle avait couru dans le couloir désert. et puis sa mère m'avait dit qu'elle m'appellerait pendant les vacances pour me faire part de la décision d'Inès.
quand j'ai décroché, j'ai entendu sa petite voix nasale si particulière. elle a commencé par me parler des vacances et du jardin, de son petit frère dont elle prend soin et de sa collection d'escargots. puis, elle m'a annoncé la bonne nouvelle : elle a décidé de me suivre à St nicolas. j'étais vraiment heureuse. parce que je l'aime beaucoup et que c'est elle qui a fait le choix, du haut de ses 7 ans. elle n'a pas envie de me quitter donc elle vient avec moi. et ça, ça me fait vraiment chaud au coeur.
on a discuté un long moment, puis j'ai parlé à sa mère et enfin à Gabin qui me disait des choses incompréhensibles mais qui était tout content de me parler au téléphone. il est rigolo. il a 2 ans. peut-être qu'il fera lui aussi de la musique un de ces jours.
et puis, ce matin. on sonne chez moi. je décroche l'interphone et j'entends le facteur, qui me connait bien parce qu'il me livre des colis quasiment une fois par semaine ! il monte avec un drôle de paquet dans la main. je n'ai rien commandé, mon homme non plus, je suis curieuse. il me donne le truc : recouvert de timbres à 1 centime, avec accusé de réception ! je regarde l'adresse de l'expéditeur, c'est Maël et ça me fait halluciner. je dis en plaisantant au facteur que ça doit être une bombe.
et je cours à la cuisine pour ouvrir le paquet, scotché de toute part. tant pis si j'explose. dedans, une boîte de gâteaux, venant du sud, puisqu'il travaille là-bas en ce moment. et dans la boîte, une carte postale, du coup toute grasse mais que je prends plaisir à lire. ha la la, il m'en a fait voir Maël mais il va me manquer. il part l'année prochaine. ça me rend un peu triste. peut-être qu'il continuera le piano. peut-être qu'il reviendra, il ne sait pas encore très bien ce qu'il va faire.
je ne m'y attendais pas du tout. en tout cas, ces deux cadeaux m'ont fait vraiment plaisir et ont égayé ces quelques jours un peu tristes...
c'est bon parfois d'être prof...
13 juillet 2008
il y a un an
on s'était dit qu'on allait faire un enfant. jour pour jour...
et puis on n'a pas fait d'enfants.
parce qu'on a trop peur de mettre un enfant au monde dans ces conditions. je sais, c'est bête, des tas de gens le font, parfois même sans trop y réfléchir, juste comme ça. une envie soudaine.
aujourd'hui, je ne sais pas comment on ferait si on avait un petit bébé. moi je serais sûrement angoissée. et heureuse peut-être. mais surtout angoissée. parce que tous les étés par exemple, je n'ai pas de revenus. à part les allocations chômage, si tout va bien.
et puis, on voudrait déménager, acheter une maison. mais les banques ne veulent pas nous prêter d'argent. pourtant, à deux, sans enfants justement, on gagne plutôt pas mal...mais non, ça ne suffit pas. ils ne veulent pas. et nos rêves de maison s'éloignent. et tout le monde s'en fout. même nous un peu. on en parle comme ça. on va pas pleurer éternellement. mais on avait déjà fait les plans, dessiner nos meubles. envisager. imaginer. pis non, en fait non. ça ne se fera pas. pas maintenant.
alors un enfant, sans une chambre pour l'accueillir et sans certitudes...
bien sûr, si on avait un petit enfant, ça serait aussi des joies. indescriptibles. des bonheurs, petits, grands. des espoirs. puis aussi des doutes. sur la façon de faire, sur ce qu'il deviendra. un enfant, qui grandit, qui sourit. et nous à côté, comme sur les photos de famille. et puis de l'angoisse, s'il est malade ou s'il a froid. s'il a de la fièvre ou s'il se cogne.
et puis des instants de grâce quand il marche pour la première fois, ou qu'il dit "papa". pour son entrée au CP, puis son bac...
et nous, des vieux à côté, à ses côtés toujours. parce qu'un enfant, je crois qu'on l'aime, sans vraiment avoir le choix. parce que c'est lui et un peu de nous, de notre amour...
il y a quelques jours, j'ai rêvé. et je voyais mon ventre très rond et je le touchais. j'avais l'air si heureuse dans mon rêve, c'était presque magique, c'était comme une rédemption, un sourire sur mes lèvres et mes jambes qui avançaient. vers quelque chose. et je caressais mon enfant à travers mon ventre et j'étais bien. presque réel, je pouvais sentir tout ça, en moi. comme si je le vivais pour de vrai. je sentais l'enfant, à l'intérieur de moi et je souriais, il y avait une lumière comme émanant de moi. je me voyais, de loin, j'avançais.
et puis je me suis réveillée. et j'étais sûre, sûre que c'était vrai. qu'en passant devant le miroir, je verrais mon ventre rond. j'en étais persuadée. c'est con parfois comme on aimerait que le rêve soit réalité. j'étais tellement sûre que c'était vrai, je suis allée jusqu'au miroir du salon. et j'ai vu.
rien.
j'en aurais pleuré.
tellement j'aurais aimé.
et puis je me suis dit que c'était fou, que c'était pas raisonnable, que je fume comme un pompier et qu'on n'a pas d'argent et pas de maison et même pas de boulot l'été. et qu'il y a ma carrière que je voudrais voir évoluer. et que c'est bête d'espérer alors qu'on fait rien pour, que c'est trop tôt, que c'est n'importe quoi et puis aline qui me dit qu'elle ne se voit pas maman, jamais et moi qui dis oui alors que j'en pense pas un traître mot mais qui m'entends dire oui.
j'ai vu dans le miroir que j'étais pas enceinte et c'est con mais j'en aurais pleuré.
et j'aurais voulu retourner à mon rêve, retourner me coucher, pour me voir avec un ventre rond et sentir encore ma main caresser la vie à l'intérieur de moi.
...
11 juillet 2008
je suis une fille bizarre
qui vit des vacances bizarres.
je bosse mes chansons, je vais aux ass*dics, je sors peu voire pas du tout, pas envie. je vais dans les magasins et j'achète rien. je fais donc pas les soldes.
je mange de la salade de riz à 16h.
je redécouvre mon corps à la piscine. comme si j'avais oublié mon corps toute une année. je fais la planche dans l'eau en m'étirant le plus possible, comme si je voulais m'écarteler...
je me lève tôt pour chanter parce que j'ai envie.
j'ai envie que les vacances soient loooooongues. pour faire tout ça tout le temps.
j'écoute de la musique.
je lis cosmo.
je fume moins. parce que je bidouille cubase.
et ça me va.
même si je suis une fille bizarre.
qui passe des vacances bizarres...
09 juillet 2008
juste parce que ça fait du bien par où ça passe
et ouai, je le mets dans les indispensables parce que la caution, c'est indispensable à mon équilibre mental, à ma vie, à mes tripes. y a très peu de gens qui me font cet effet !
un nouveau spectacle ?
hier, la question s'est posée : écrire un nouveau spectacle pour l'école, pour les élèves. je n'en avais jamais douté, parce que l'écriture, la réalisation, tout ça m'a apporté tout un tas de choses positives. dans ma tête, il était évident que j'allais me pencher sur un nouveau projet. j'avais déjà couché mes idées au lendemain de "à contre temps". j'étais déjà dans l'imagerie...
et puis, hier, j'ai pris conscience que tout ça n'était pas que positif. les parents, les répétitions avec 50% d'absents, le stress, les autres profs qui ne s'investissent pas...tout ça, je ne sais pas si j'aurais la force de le revivre. parce que c'est peut-être l'année la plus riche que j'ai vécue professionnellement mais c'est aussi la plus éprouvante.
écrire avec Lucie est un plaisir, réel. écrire, composer, partager ce truc qu'on a, ça me botte plus que tout. mais je ne sais pas si j'ai envie de m'investir encore dans un tel projet. parce que j'ai peur d'être encore en galère jusqu'au jour J, à courir après les gens pour qu'ils viennent 30 minutes à une répétition, à supplier les parents d'amener les enfants le samedi. et puis, diriger un choeur, c'est difficile, surtout quand les trois quarts ne sont pas motivés...
alors j'ai pensé écrire ce spectacle pour des gens qui aiment jouer. c'est-à-dire les amis de Lucie, ceux qui font du théâtre et qui mesurent la chance qu'on a de faire ce métier. bizarrement, ça ne court pas les rues. moi qui ai bossé au macdo durant deux longues années, je peux vous dire à quel point je suis heureuse de faire ce boulot. à quel point ça me motive.
je ne sais pas trop quoi faire. j'attends. le feu vert. j'attends de voir comment se passera la rentrée. de savoir qui sera ok pour participer à ce projet. ça me gave de devoir mettre mes envies en sourdine mais je ne me lancerai pas avec l'enthousiasme et la naïveté de l'année dernière maintenant que j'ai vu que tout ça n'était partagé que par très peu de gens...c'est certain que c'est décevant. mais bon, j'ai d'autres envies aussi que je travaille à réaliser...
je suis dans l'impasse, sans doute trop passionnée, trop impatiente, trop motivée. je crois que je ne supporte plus la tiédeur de certains de mes collègues. je crois qu'ils me dépriment trop, leur passivité, tout ça, j'ai du mal à comprendre, de plus en plus...je rêve de travailler dans le milieu du spectacle, monter des projets avec d'autres, participer à des choses de ce style, avec des gens qui seraient aussi passionnés que moi. j'espère qu'un jour, j'y arriverai. l'émulation de groupe, ça doit être formidable.
beaucoup de choses dans cet article.
quelque part, je ne me sens plus totalement prof. c'est étrange. pourtant c'est dans cette catégorie que je poste. je sens que mon destin n'est pas là.
06 juillet 2008
"un seul être vous manque...
et tout est dépeuplé..."
ai-je besoin d'en dire plus ?
je sais qu'elle est heureuse, je sais qu'elle profite de son temps...
mais elle me manque beaucoup. elle est une muse pour moi. c'est dur de ne pas la voir, de ne pas discuter avec elle.
je me suis sans doute trop attachée. ce n'est jamais très bon. il me faut apprendre à n'avoir besoin de personne, moins en tout cas. parce que l'absence est toujours douloureuse.
souvent, j'aime. trop, mal. peut-être. et je souhaiterais aimer moins. un peu.
bref, je retourne à mon dimanche pluvieux.
ça vaut mieux.
et ça rime par la même occasion !
05 juillet 2008
il y a toujours un coin qui me rappelle...
comme dirait Schmoll.
j'ai appris il y a quelques temps que ma mère avait quelque chose au foie. quelque chose qui la rend malade. les médecins, après lui avoir annoncé d'office que c'était un cancer, se sont rétractés. ils ne savent pas. ils vont refaire les analyses. mais ils lui ont dit qu'elle pouvait partir en vacances. entre temps, petite soeur adorée a pété un plombs et a cru, apparemment, que maman allait mourir.
moi je ne savais rien. ça a duré trois semaines avant qu'on me raconte tout ça. et du coup, j'étais en colère. qu'on ne m'ait rien dit. d'avoir été tenue à l'écart volontairement, pour pas que moi aussi, je pète un plombs.
je réalise aujourd'hui que je ne supporterai pas une maladie. je veux dire que depuis des années, ma mère est en souffrance psychologiquement. elle boit. trop. j'en avais déjà parlé ici au moment de sa cure. qui n'a pas vraiment marché je crois. et que toute cette souffrance, on l'a partagée malgré nous avec elle. qu'elle m'en a fait baver, en fait. que j'ai déjà trop pleuré, trop souffert, trop espéré, trop déprimé. et que si elle m'annonçait qu'elle était gravement malade, je sais d'ores et déjà que je plongerais trop bas cette fois-ci pour me relever. je ne pourrai pas le supporter. je le sens.
ce matin, je me suis levée à midi. et j'ai repensé à la soirée d'hier. j'ai beaucoup pleuré. hier. et ce matin, je me sens mieux, il fait beau et ma mère et ma soeur doivent passer boire le café cette après-midi. j'ai envie de les voir. ça fait longtemps. j'ai envie d'avoir une famille. j'ai envie de partager un moment avec elles. me sentir proches de ceux avec qui j'ai passé 20 ans de mon existence. j'ai envie de croire qu'on est bien ensemble, qu'on peut être bien tous ensemble. j'ai envie qu'elles écoutent mes chansons, j'ai envie de les entendre rire.
mais j'ai peur.
peur de perdre maman. car quoiqu'elle ait fait, je l'aime. je ne veux pas qu'elle meure. oui je sais bien que ça arrivera un jour. mais je refuse d'y penser. je suis angoissée. pour elle, pour ce truc qu'elle a et qu'on ne sait pas ce que c'est. et tout le monde me dit que c'est pas étonnant, vu ce qu'elle fait. oui, c'est vrai. peut-être que même, on pourrait penser qu'elle l'a fait exprès. oui mais. je veux pas penser à ça. je veux pouvoir pleurer en hurlant que c'est pas juste.
parce que ça l'est pas. c'est pas juste. la vie n'est pas juste. on a déjà tellement souffert, tellement pleuré, tellement espéré, tellement déprimé. c'est pas juste.
on peut pas oublier d'où on vient. on peut pas arrêter d'aimer les gens sous pretexte qu'ils ont des défauts, même des énormes défauts. on peut pas décrêter qu'on a plus de mère comme ça, même si cette mère est imparfaite au possible.
je peux pas dire autre chose que "maman, je t'aime. je veux pas que tu sois malade. je suis trop petite pour que tu nous laisses. vis, maman. pour moi. je t'en supplie..."
03 juillet 2008
fin d'année et chocolats...
ça y est, je suis en vacances. ou plutôt au chômage. mais je vais éviter de penser au fait que je ne suis plus payée jusque septembre au mieux...
si je fais le bilan, cette année aura été d'une richesse incroyable. mais aussi très éprouvante. je suis toujours autant surprise de constater à quel point ce boulot est ingrat. aussi bien auprès des enfants qui partent sans vous dire au revoir et manifestent leur hostilité jusqu'au dernier jour à l'égard de la prof de solfège et surtout vis-àvis des parents qui vous agressent pour un rien et vous font bien comprendre que ce que vous pensez, ils s'en foutent éperduement.
les examens de solfège par exemple. la barre pour le passage a été fixée d'un commun accord avec l'autre prof et le directeur à 12/20 de moyenne. et bien, figurez-vous qu'hier, la mère d'une des gamines qui redouble son année avec à peine 10/20 m'a menacée. oui oui menacée. et a tourné les talons après avoir dit qu'il était hors de question que la gosse redouble.
comme d'habitude, lorsqu'elle m'a gueulée dessus comme une grosse vache qu'elle est, j'ai senti mon corps flancher vers le bas. une sensation intérieur très gênante. comme si tout descendait à l'intérieur. je ressens souvent ça. et devinez où ça descend ? c'est très bizarre de sentir son coeur palpiter de peur à cet endroit. je me demande s'il n'y a qu'à moi que ça fait ça. je n'ose pas poser la question à d'autres de peur de passer pour une dingue. mais chaque fois qu'on m'agresse, tout descend tout en bas...
bref, éprouvante, sans nulle doute. devoir se battre contre les parents mécontents, c'est toujours toujours difficile pour moi. car je dois m'affirmer. et ça j'ai encore du mal. même si je ne me laisse plus démonter. mais hier, j'ai quand même appelé andré pour le supplier de venir à l'école si jamais ça devait se répéter dans la journée. étrangement, la mère n'est pas descendue de sa voiture pour agresser le directeur quand elle est revenue chercher E.
et riche. oui mais ça je l'ai déjà dit, vous le savez. j'ai passé l'année dans ma bulle, à chanter, écrire, faire des projets pour moi. et ça va se concrétiser normalement : avec Lucie, on a une première date (test) en octobre, piano bar avec nos compos. reste plus qu'à bosser ensemble. ça je kiffe. j'ai hâte même si je suis stressée. hâte de bosser avec elle, de mettre en scène notre truc et de chanter la deuxième voix quand elle me le permettra.
voilà.
j'ai aimé cette année.
j'ai aimé tout ce que j'ai vécu, même les moments de doutes, même les larmes.
et là, je file à mon cours de jazz !






