19 juillet 2008
"retrouvé"
je devrais pas en parler. ni même chercher en fait.
il y a quelques années, j'avais 17 ans. le coeur délicat et les yeux pleins d'espoirs. et je l'avais rencontré. lui. je sais pas comment, ni pourquoi. je suis tombée éperduement amoureuse. à en crever. le genre de premier amour qui te pousse à faire des conneries. à mentir, cacher la vérité, prendre des risques inconsidérés. le genre d'amour que tu crois que personne peut comprendre.
ça a duré un an. sans qu'il ne se passe rien de concrêt parce qu'il était avec une fille. que je maudissais évidement. mais qu'il ne voyait jamais puisqu'il me voyait moi. on se cherchait tout le temps, on partageait des trucs, je croyais ça important et fort. je ne voulais que lui, que son amour qu'il me refusait. je faisais tout en fonction de lui, il le savait. puisque je lui écrivais. et qu'il entretenait mon amour, mon désir en me disant qu'un jour, on serait ensemble. dès qu'il aurait le courage. il m'écrivait aussi. on se téléphonait. on se voyait tous les jours.
et puis, un jour, à force de souffrances intolérables, au bout d'un an d'attente et de larmes, je lui ai dit que je ne voulais plus qu'on se voit. du tout. et c'est là qu'il a "changé" d'avis.
et on est partis à paris. une semaine. je croyais que c'était le début de notre relation, qu'enfin on allait pouvoir être ensemble, qu'enfin il allait quitter l'autre, qu'enfin on allait s'aimer au grand jour. j'aurais tout quitté pour lui, j'étais folle de lui, complètement prisonnière de mes sentiments. je l'idôlatrais.
j'étais conne.
à paris, il m'a violé. trois fois. et puis il m'a demandé de rentrer, de partir.
à paris, j'ai pleuré, j'ai supplié pour qu'il arrête.
à paris, il m'a tuée.
en rentrant de paris, dévastée, détruite, salie, seule, salie, salie, salie. j'ai tenté de mourir. deux fois.
et trois ans ont passé avant que je puisse me donner à un homme, mon homme. au début, j'avais tellement peur. je ne voulais pas qu'on me touche. j'avais peur de cette douleur de paris. de lui. j'avais mal souvent, je faisais toujours le même cauchemar. je revoyais le mur blanc, je le sentais à nouveau en moi, avec la violence, comme un couteau qui me tranchait en deux.
et mon homme a su changer ça, me redonner confiance et j'ai réappris l'amour. lentement, avec appréhension. il m'a guérie.
et puis, hier, en cherchant ce qu'advenaient tous ces cons du lycée, j'ai trouvé son blog, j'ai lu sa vie, j'ai vu son visage. et j'ai voulu vomir. de le voir heureux m'a rendue malade. de voir ses traits m'a chamboulé, m'a retourné. j'ai cru défaillir dans mon appartement, les larmes sont montées. j'ai pensé que ça n'était pas grave, que c'est la vie. que les cons s'en sortent, que les violeurs aussi. que je suis forte à présent, que je suis bien dans ma vie. et que je n'ai plus besoin de le savoir mort. je me suis persuadée. je me suis convaincue de fermer la page internet et d'oublier.
les trois fois. la douleur. le mur blanc. le sang. les larmes. la solitude. la souffrance. l'humiliation. la culpabilité. la douleur. la douleur. physique. morale. la douleur. la douche glacée. le lit. l'odeur. la sienne. les pleurs. les supplications. la peur. la nuit. la souffrance putain.
mais tout ça, c'est des conneries.
je voudrais qu'il soit mort.
surtout que j'étais la deuxième.
Commentaires
Je suis tombée sur ton blog, par hasard...
et je suis tombée sur ton message. Poignant.C'est monstrueux de faire l'apprentissage de l'amour de cette façon.
Je suis de tout coeur avec toi.
je suis toute chamboulée... je sais vraiment pas quoi dire...
ce qui compte c'est que tu ai réussi à "remonter la pente"...
Enfin je sais pas quoi dire du haut de mes 16 ans, sauf que ça me fait peur, et que le monde est fou.
Bisouww
woww... poignant c'est le mot... j'en suis scotché là.
enfin comme à chaque fois que je finis un de tes articles mais là pas de la même façon évidemment.
je ne sais que dire...
si peut-etre que j'espère que des jeunes filles ayant subis les mêmes horreurs trouveront ton blog, ton message et y trouveront la force de s'en sortir comme tu as réussi à t'en sortir et à trouver l'amour.
Car si tu ne t'en doutais ptetre pas encore vraiment, t'es pas qu'un exemple pour tes élèves... tu l'es aussi pour tes lecteurs je pense.
Je voulais vous dire simplement que je compatis.
Et vous encourager à ne pas vous sentir coupable de ne pas l'avoir dénoncé. S'il fait d'autres victimes, c'est sa responsabilité, pas la vôtre.
Enfin, je ne sais pas comment vous vous sentez aujourd'hui, mieux ou mal... mais quoi qu'il en soit, je ne pense pas qu'il soit judicieux de se convaincre que ce n'est pas grave et qu'il faut oublier.
Pour deux raisons; parce que c'est grave et qu'on n'oublie jamais.
Et plus on essaie de se dire que "c'est pas grave", plus ça fait mal, parce qu'il reste une partie de notre être qui n'en hurle que plus fort.
Cela peut fonctionner un temps, mais vous venez de faire l'expérience que le malaise est toujours là et peut exploser...
Vous me direz que je n'ai pas à faire ma donneuse de leçons. Mais j'ai écouté de nombreuses victimes et je me permets donc de poster.
Quoi qu'il arrive, donnez-vous de l'importance. Ne niez pas vos souffrances. Un viol est un lourd traumatisme et on a tout fait le droit de se sentir mal, même si on a construit une vie satisfaisante après...
Si mon commentaire vous choque ou vous met mal à l'aise, je m'en excuse...
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