13 juillet 2008
il y a un an
on s'était dit qu'on allait faire un enfant. jour pour jour...
et puis on n'a pas fait d'enfants.
parce qu'on a trop peur de mettre un enfant au monde dans ces conditions. je sais, c'est bête, des tas de gens le font, parfois même sans trop y réfléchir, juste comme ça. une envie soudaine.
aujourd'hui, je ne sais pas comment on ferait si on avait un petit bébé. moi je serais sûrement angoissée. et heureuse peut-être. mais surtout angoissée. parce que tous les étés par exemple, je n'ai pas de revenus. à part les allocations chômage, si tout va bien.
et puis, on voudrait déménager, acheter une maison. mais les banques ne veulent pas nous prêter d'argent. pourtant, à deux, sans enfants justement, on gagne plutôt pas mal...mais non, ça ne suffit pas. ils ne veulent pas. et nos rêves de maison s'éloignent. et tout le monde s'en fout. même nous un peu. on en parle comme ça. on va pas pleurer éternellement. mais on avait déjà fait les plans, dessiner nos meubles. envisager. imaginer. pis non, en fait non. ça ne se fera pas. pas maintenant.
alors un enfant, sans une chambre pour l'accueillir et sans certitudes...
bien sûr, si on avait un petit enfant, ça serait aussi des joies. indescriptibles. des bonheurs, petits, grands. des espoirs. puis aussi des doutes. sur la façon de faire, sur ce qu'il deviendra. un enfant, qui grandit, qui sourit. et nous à côté, comme sur les photos de famille. et puis de l'angoisse, s'il est malade ou s'il a froid. s'il a de la fièvre ou s'il se cogne.
et puis des instants de grâce quand il marche pour la première fois, ou qu'il dit "papa". pour son entrée au CP, puis son bac...
et nous, des vieux à côté, à ses côtés toujours. parce qu'un enfant, je crois qu'on l'aime, sans vraiment avoir le choix. parce que c'est lui et un peu de nous, de notre amour...
il y a quelques jours, j'ai rêvé. et je voyais mon ventre très rond et je le touchais. j'avais l'air si heureuse dans mon rêve, c'était presque magique, c'était comme une rédemption, un sourire sur mes lèvres et mes jambes qui avançaient. vers quelque chose. et je caressais mon enfant à travers mon ventre et j'étais bien. presque réel, je pouvais sentir tout ça, en moi. comme si je le vivais pour de vrai. je sentais l'enfant, à l'intérieur de moi et je souriais, il y avait une lumière comme émanant de moi. je me voyais, de loin, j'avançais.
et puis je me suis réveillée. et j'étais sûre, sûre que c'était vrai. qu'en passant devant le miroir, je verrais mon ventre rond. j'en étais persuadée. c'est con parfois comme on aimerait que le rêve soit réalité. j'étais tellement sûre que c'était vrai, je suis allée jusqu'au miroir du salon. et j'ai vu.
rien.
j'en aurais pleuré.
tellement j'aurais aimé.
et puis je me suis dit que c'était fou, que c'était pas raisonnable, que je fume comme un pompier et qu'on n'a pas d'argent et pas de maison et même pas de boulot l'été. et qu'il y a ma carrière que je voudrais voir évoluer. et que c'est bête d'espérer alors qu'on fait rien pour, que c'est trop tôt, que c'est n'importe quoi et puis aline qui me dit qu'elle ne se voit pas maman, jamais et moi qui dis oui alors que j'en pense pas un traître mot mais qui m'entends dire oui.
j'ai vu dans le miroir que j'étais pas enceinte et c'est con mais j'en aurais pleuré.
et j'aurais voulu retourner à mon rêve, retourner me coucher, pour me voir avec un ventre rond et sentir encore ma main caresser la vie à l'intérieur de moi.
...
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