28 avril 2008
la dernière ligne droite
ça y est, c'est la rentrée. les dernières vacances viennent de s'achever et je vais entamer ma dernière ligne droite.
voilà. je suis sur la ligne de départ. les objectifs approchent : à contre temps, notre spectacle musical, puis les concerts et les examens.
à ce stade, on pourrait croire que tout est prêt mais c'est loin d'être le cas. évidemment, ça commence à prendre forme, ça commence à devenir quelque chose, à s'inscrire dans un chemin. on comprend rien de ce que je raconte hein ?
la comédie musicale. depuis août 2007 que je suis sur ce projet, tous les jours...et on a travaillé ! les enfants commencent à se prendre au jeu, même les plus réticents. certains s'éclatent vraiment et ça fait plaisir à voir. reste à peaufiner tout ça.
et puis viendra le jour J et son lot de stress et d'espoirs. et ce sera fini.
je dois vous avouer quelque chose : j'ai pas envie que ça finisse. je sais que ce travail va aboutir sur un spectacle qui va passer comme une seconde. et j'ai déjà les boules rien que d'y penser.
oh bien sûr, c'est dur, ça demande de la patience, du tact de préparer ce spectacle et des fois, j'en ai vraiment marre ! mais j'aime ce mouvement, j'aime les voir chanter, bouger, apprendre et rire. j'aime ce que je vis. et donc, j'ai pas envie que ça finisse.
après ça, je m'occupe de moi et de ma musique. parce que j'en ai envie. sans vraiment savoir où ça me mènera ni si ça mènera à quelque chose tout simplement.
en tout cas, cette année est riche, infiniment riche. elle restera gravée en moi.
j'ai envie de dire plein de choses mais tout ce qui me vient est trop cucul. comme d'hab !
on verra...
25 avril 2008
rêver
merci Jacques...merci la france (*)
souvent, je pense à cette chanson, à ces mots. oui, c'est exhubérant, grandiloquent même. mais j'aime.
aujourd'hui, j'ai rêvé, d'une musique. en fait, voilà quelques jours que je l'écris, la réécris. et puis hier, j'ai réa lisé que peut-être qu'effectivement, tout ça ne servait à rien, de rien, de rien du tout.
j'aurais voulu la jouer à quelqu'un mais j'étais seule. et puis je ne sais pas si ce morceau est bien ou non. j'ai peur que ce soit nul parce que malgré mes doutes, j'aime le jouer ce truc. d'ailleurs je ne joue que ça.
j'y peux rien, ça m'occupe, ça me distrait, plus que ça, ça m'évacue.
et puis, j'ai trouvé que les paroles de cette "quête" du grand jacques, ça collait bien à mon état d'esprit du moment et du coup, ça va avec cette musique.
je vais peut-être la mettre sur mon myspace, histoire de...
j'aime comme il chante "Ou ma désespérance ", cette façon de dire ces mots...
* merci ariel :-D
22 avril 2008
révélateur
oublier l'anniversaire d'une personne qu'on connait depuis très longtemps...
pour moi, ce sont des convenances même si j'admets que ça peut blesser. et puis, ma vie change. je suis débordée de travail et de projets qui germent dans ma tête. je ne sais plus quel jour on est, je n'ai aucune idée du temps qui passe. à part peut-être le décompte des jours jusqu'au 24 mai. obsédant.
je compte à rebours, je coupe, je dessine les décors, je regarde mon travail, je compose des pièces pour piano qui reflètent mon état d'esprit mélancolique et en même temps loufoque, grandiloquent. peut-être suis-je égocentrique. qu'importe.
pour une fois dans ma vie, je ne vis que pour moi et pour mes projets. je me mets au piano avec un plaisir que je ne cache pas. je créé. et même si j'ai des doutes, même si je me demande en quoi tout cela va m'être utile, je savoure ces instants. parce que, même si je suis fatiguée, stressée, angoissée, je m'appartiens.
parfois, je n'arrive plus à dire aux autres, à ceux qui m'entourent, qui me reprochent de ne pas être là, parfois, je n'arrive plus à leur dire pourquoi ou comment. je ne sais pas ce qu'ils attendent de moi. d'être comme avant, disponible, muette. peut-être plus docile.
je n'en ai pas envie. pas maintenant.
je ne me contente plus.
je vis. je respire. j'absorbe.
et malgré tout ce qu'on peut penser de moi, je me nourris toujours autant des choses qui m'entourent et des gens, et des enfants que je cotoie.
par exemple, souvent, je pense au petit Robin. un petit garçon qui m'enchante tous les mercredis en cours d'éveil musical. il a une voix rauque, malgré ses trois ou quatre ans et il marche déjà comme un petit homme. il court, il rit et chante en playback. je le regarde et je souris et parfois je ne peux m'empêcher de rire de ses bêtises.
et puis, je regarde mon jacques grandir et devenir. et ça me remplit de bonheur et de fierté parce que je sais que quelque part, tout au fond en cherchant bien, j'ai une part de responsabilité dans ce changement. et quand il joue Kabalevsky en racontant son histoire, il m'émeut.
et puis, il y a ces petits choristes qui apprennent les pas de leur chorégraphie et qui s'appliquent enfin. et sur leur visage je lis leur implication. et leur joie.
et tout ça me remplit. je ne suis pas que cette fille triste qui pleure un soir de pluie. mais toute cette joie me sert à écrire, noircir des portées, composer une valse triste qui tout à coup se change en joie indicible. et tant pis si c'est nul. moi ça me fait du bien.
j'ai oublié son anniversaire. peut-être que je suis méchante. en fait, sûrement que pour moi, ça n'a plus d'importance. mais à travers mon écran, j'ai bien senti qu'elle m'en voulait. tant pis qu'elle a dit.
c'est ce que je pense aussi. il y a des choses que je ne peux pas dire, des mots que je n'ose pas prononcer, des phrases qui m'ont assassiné souvent, des mots qu'elle-même a dit, sans peut-être se rendre compte du mal qu'ils me faisaient. des choses qui m'ont rabaissé. elle a pensé à mon anniversaire. pas moi.
13 avril 2008
chère Noémie,
tu vas partir et je le sais.
tu vas partir et je souffre.
jeudi soir, à l'audition, tu as joué ton Debussy à la perfection. tes trois ans de piano à peine, tu m'impressionnes. tes gestes, tes respirations...
je ne t'ai pas dit tout de suite que c'était bien et je sentais bien que tu attendais mon commentaire. je n'ai rien dit parce que dans mon coeur, je me disais que c'était peut-être bien la dernière fois que tu montais sur une scène avec mon coeur qui battait derrière ton dos en priant pour que le stress ne te fasse pas perdre tes moyens.
j'étais suffocante derrière toi et tu ne le savais pas. et j'étais si heureuse que tu le joues si bien. mais je me suis tues longtemps avant de te dire que tu avais très bien joué. parce que dans mon âme, j'avais mal de penser que bientôt, plus jamais je ne t'entendrais jouer.
aujourd'hui, je pensais à toi. j'étais en train de fumer seule, dans le garage de mes beaux-parents et je pensais à toi. à tes doigts sur le clavier, à ta façon de respirer musicalement, à tes progrès, à ta façon de me sourire quand tu arrives et de poser un petit baiser sur ma joue.
et puis, j'ai réalisé une nouvelle fois que bientôt, tu allais partir. comme si mon cerveau ne voulait pas imprimer ce départ. et à chaque fois que je me souviens, je souffre encore.
tu n'es qu'une élève, c'est vrai. je ne devrais pas. avoir mal comme ça quand je pense à l'après toi.
je vois dans la classe de solfège, ta jolie tête et la tête de ton frère, je vous vois là, tous les deux, parfois énervants parce que distraits mais toujours si gentils. je me revois expliquer à ton frère que deux doubles sont égales à une croche. je te revois le nez en l'air, à penser à autre chose.
et je me dis "que deviendras-tu ? quelle adulte seras-tu ?" et j'ai envie de croire que tu deviendras musicienne car je crois en toi. tu es la seule ici qui puisse y parvenir. ce serait mon plus beau cadeau.
ma petite pianiste que je souhaiterais devenir grande.
dans dix ans, je me dis que tu m'auras oublié. tu auras oublié mes traits, tu auras oublié mes conseils et tout cela sera bien normal, les gens passent dans une vie et trois ans avec une petite prof de musique deviendront un vague souvenir de petite fille, ils passent comme un instant. et peut-être que j'oublierai aussi.
peut-être que le conservatoire te donnera envie de continuer ton chemin. je l'espère.
peut-être que sur les photos, tu te rappelleras de cette prof de piano que j'étais.
Noémie, ma fée crochette, je n'ai vraiment pas envie que tu partes...
11 avril 2008
regards
dimanche matin, je me lève à l'aube pour jouer à la messe, exceptionnellement, je le précise.
avec ma chorale, nous sommes conviés à donner une partie de notre programme pour une messe spéciale à bosserville. en présence de l'évêque...
j'arrive à 9 heures pour la répétition. je suis dans le coltar grave et je décide de ne pas prendre de bêtabloquants pour jouer. nous sommes placés dans une sorte de mezzanine, à l'abri des regards et j'ai peur de ne pas supporter les médicaments...
depuis plus de 10 ans que je prends ces cachets pour ne pas trembler quand je joue en public. ce sont mes profs du conservatoire qui me les avaient conseillé au vu de mon trac immense quand je monte sur une scène...
dimanche, je suis trop faible, j'ai peur que mon coeur ralentisse trop et de ne pas être bien. je n'en prends donc pas. c'est la première fois depuis des années...
on ne me voit pas de là-haut. non. on ne me voit pas du tout. je n'ai pas de boule dans le ventre, je ne tremble pas du tout. parce qu'on ne me voit pas...
et le concert se passe super bien. je suis contente, je n'ai pas tremblé, pas même une seule minute.
soudain je réalise. que ce qui me fait trembler de la tête aux pieds lorsque je monte sur scène, ce n'est pas la musique. ce n'est pas la peur de me planter. c'est tout simplement le regard des gens sur moi. et tout me remonte d'un coup.
mes complexes que je traine depuis l'enfance, ceux qui m'ont valu d'être souvent le souffre douleur de mes camarades...en fait, un complexe, une tare qui m'a valu tellement de surnoms affreux, tant de moqueries douloureuses, tant de rires...ça me revient parce que je n'ai jamais oublié.
bien souvent, j'ai supplié mes parents de m'emmener me faire "soigner". et chaque fois, je me suis heurtée à leur refus. le refus de la vérité sur mon visage et leurs " mais tu n'as rien qui cloche, ce sont des cons, tu es tout-à-fait normale"...alors que j'ai toujours su que c'était faux. que mon visage n'était pas exactement le même que ceux des autres enfants. ceux qui avaient eu droit à un appareil dentaire...
jusqu'à mes 20 ans, je n'avais jamais été chez un dentiste. mes parents n'en voyaient pas l'utilité puisque je n'avais jamais mal aux dents. oui mais j'avais mal d'être différente...
de n'avoir pas le profil des autres. et mal d'être surnommée...la guenon.
pendant des années, j'ai eu mal, je me cachais. le dimanche, je me recroquevillais de manière à pousser mes dents avec mes genoux. et je pleurais parce que je n'y arrivais pas.
mes parents ont toujours nié l'évidence. j'ai dû faire avec ce défaut.
évidemment, je ne ressemble pas vraiment à un singe. seulement, ce surnom a gravé en moi une souffrance terrible. et encore aujourd'hui, quand je vois mon sourire sur une photo, j'ai envie de mourir. je sais que ça peut paraitre excessif mais c'est vrai. ce profil, je le vomis.
et quand je monte sur scène, les gens ne me voient que de profil. et ils me voient, tout simplement.
la dentiste que je vois m'a dit que je pouvais encore corriger. mais je ne me vois pas donner mes cours avec un appareil, je sais trop que les gamins se moqueraient de moi. alors, chaque fois, je change de dentiste. pour ne pas avoir à expliquer. que je me suis habituée à ça et que je ne supporterai plus de subir les ricanements. alors tant pis. je reste comme je suis. mais souvent, j'y pense. et j'ai honte. et j'ai envie de m'enterrer. même si je sais que c'est futile, idiot, que des tas de gens souffrent de choses bien plus graves sur terre...
je sais tout ça.
mais rien n'y fait.
quand on ne me voit pas, je ne tremble pas...
06 avril 2008
collectionneuse...
j'aime les mots. depuis l'enfance.
quand j'ai découvert Rimbaud et Baudelaire, je me lisais leurs poèmes à voix haute, je les apprenais par coeur pour me les réciter sur le chemin de l'école. chaque matin, c'était la même chose. je partais avec Rimbaud dans la poche de mon vieux gilet perrave et je me lisais ses poèmes.
par amour des mots, je me suis mise à écrire, des poèmes, des tas, des centaines. j'écrivais, je lisais. et par dessus tout, je collectionnais les mots et me les répétais avec un délice particulier.
c'est un secret. je ne l'ai jamais dit à personne.
mon préféré : lactescence. il faut le dire lentement à voix haute pour en gouter toute la saveur. ce mot est magique. il me pénètre. encore aujourd'hui, je me le dis souvent, dans la tête ou dans ma voiture. et je le déguste.
je n'ai jamais collectionné de timbres, ni de boites, ni de cartes panini. en revanche, les mots me procurent depuis toujours un plaisir immense, sans que je sache pourquoi.
ils ont une vibration. comme une musicalité.
je suis fascinée par un tas de chose. je regarde Lucie rentrer dans un personnage et je suis fascinée, j'écoute daft punk et je suis éblouie. tout me rentre à l'intérieur, je suis comme une éponge.
et les mots ont une résonance en moi, ils remplissent l'espace de mon corps et me calme.
lactescence...
fragrance...
chambre...
violoncelle...
manon...
souffrance...
immortelle...
...
...
05 avril 2008
depuis toujours
mon problème est le même mais devient de plus en plus insupportable.
depuis toujours, ce qui me bouffe, c'est cette histoire de confiance en soi et cette capacité à s'affirmer face aux gens. je ne sais pas le faire, je n'y arrive pas. je préfère me taire que de dire ce que j'ai sur le coeur.
on pourrait croire que ce n'est qu'une question de volonté et bien non.
quand quelqu'un me saoule, je voudrais dire mais les mots refusent de sortir. et plutôt que d'émettre un avis clair et franc, je ne sais que m'écraser mollement.
je suis frustrée. frustrée de ne pas oser, de ne pas dire. alors parfois, je parle de ces choses mais pas aux bonnes personnes. et je m'attire des ennuis parce que je n'aurais pas dû.
je me sens tellement ridicule. j'ai besoin de cachets pour monter sur scène, je n'ose parfois pas regarder mes élèves en face, je ne sais pas dire "non", encore moins "tu me fais chier" parce que je pense que je vais passer pour une méchante.
en fait, mon problème, c'est que je voudrais plaire et être aimée de tous ou presque. je ne supporte pas de déplaire. et pourtant, c'est normal de déplaire. c'est normal de ne pas être aimé de tout le monde. et même ! tant mieux. pourtant, j'ai du mal à l'accepter.
c'est bizarre parce qu'une fois, on m'a dit "toi, c'est soit on adore, soit on déteste". et j'avais pris ça comme un compliment. mais je ne parviens pas à me faire à cette réalité.
y a des jours où je ne me comprends pas. y a des jours où je me déteste tellement fort que ça me dépasse moi-même.
y a des jours où j'ai tellement peur...peur de ne pas y arriver, peur qu'on me déteste, peur qu'on me dise que mon travail est nul...
je ne sais pas quoi faire : une thérapie ? déjà je devrais essayer de dire aux gens qui me saoulent, pour une fois, la vérité, en face. ça me soulagerait. dire "merde" une bonne fois pour toute au lieu de subir.
voilà pourquoi ça ne va pas, pourquoi je ne peux pas écrire ici. parce que tout ce que j'écris est lamentable. comme moi en ce moment quoi...






