Anna Chronick's

les chroniques d'une jeune prof en quête d'elle-même

22 avril 2008

révélateur

oublier l'anniversaire d'une personne qu'on connait depuis très longtemps...

pour moi, ce sont des convenances même si j'admets que ça peut blesser. et puis, ma vie change. je suis débordée de travail et de projets qui germent dans ma tête. je ne sais plus quel jour on est, je n'ai aucune idée du temps qui passe. à part peut-être le décompte des jours jusqu'au 24 mai. obsédant.

je compte à rebours, je coupe, je dessine les décors, je regarde mon travail, je compose des pièces pour piano qui reflètent mon état d'esprit mélancolique et en même temps loufoque, grandiloquent. peut-être suis-je égocentrique. qu'importe.

pour une fois dans ma vie, je ne vis que pour moi et pour mes projets. je me mets au piano avec un plaisir que je ne cache pas. je créé. et même si j'ai des doutes, même si je me demande en quoi tout cela va m'être utile, je savoure ces instants. parce que, même si je suis fatiguée, stressée, angoissée, je m'appartiens.

parfois, je n'arrive plus à dire aux autres, à ceux qui m'entourent, qui me reprochent de ne pas être là, parfois, je n'arrive plus à leur dire pourquoi ou comment. je ne sais pas ce qu'ils attendent de moi. d'être comme avant, disponible, muette. peut-être plus docile.

je n'en ai pas envie. pas maintenant.

je ne me contente plus.

je vis. je respire. j'absorbe.

et malgré tout ce qu'on peut penser de moi, je me nourris toujours autant des choses qui m'entourent et des gens, et des enfants que je cotoie.

par exemple, souvent, je pense au petit Robin. un petit garçon qui m'enchante tous les mercredis en cours d'éveil musical. il a une voix rauque, malgré ses trois ou quatre ans et il marche déjà comme un petit homme. il court, il rit et chante en playback. je le regarde et je souris et parfois je ne peux m'empêcher de rire de ses bêtises.

et puis, je regarde mon jacques grandir et devenir. et ça me remplit de bonheur et de fierté parce que je sais que quelque part, tout au fond en cherchant bien, j'ai une part de responsabilité dans ce changement. et quand il joue Kabalevsky en racontant son histoire, il m'émeut.

et puis, il y a ces petits choristes qui apprennent les pas de leur chorégraphie et qui s'appliquent enfin. et sur leur visage je lis leur implication. et leur joie.

et tout ça me remplit. je ne suis pas que cette fille triste qui pleure un soir de pluie. mais toute cette joie me sert à écrire, noircir des portées, composer une valse triste qui tout à coup se change en joie indicible. et tant pis si c'est nul. moi ça me fait du bien.

j'ai oublié son anniversaire. peut-être que je suis méchante. en fait, sûrement que pour moi, ça n'a plus d'importance. mais à travers mon écran, j'ai bien senti qu'elle m'en voulait. tant pis qu'elle a dit.

c'est ce que je pense aussi. il y a des choses que je ne peux pas dire, des mots que je n'ose pas prononcer, des phrases qui m'ont assassiné souvent, des mots qu'elle-même a dit, sans peut-être se rendre compte du mal qu'ils me faisaient. des choses qui m'ont rabaissé. elle a pensé à mon anniversaire. pas moi.

Posté par annaellee à 14:46 - neurones en bataille - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Et comment fait-on si, comme moi, on a aucune mémoire ?
Je suis capable d'oublier mon anniversaire parfois... :/ Et je ne plaisante pas.

Posté par Xia AKA Hisaux, 22 avril 2008 à 17:18

ce qui est très bizarre, c'est que j'oublie toujours tout, les dates, les rdv, ce que j'ai fait la veille, y a une heure.
la seule chose qui reste dans ma mémoire, ce sont les partitions. je les vois bien intérieurement.

il y a sûrement des gens pour te rappeler ton anniversaire, non ?
des gens pas comme moi quoi. ;-)

Posté par anna, 22 avril 2008 à 17:31

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