Anna Chronick's

les chroniques d'une jeune prof en quête d'elle-même

06 février 2008

je vis "à contretemps"

depuis août, c'est comme ça, je vis à contretemps, je respire à contretemps, je mange à contretemps, je ressens à contretemps. c'est comme ça. je l'ai voulu, j'assume, enfin j'essaie.

à contretemps. c'est le titre. de notre comédie musicale.

depuis le début de l'ébauche de l'idée, je ne pense qu'à ça et je dois bien dire que ce projet que nous portons à bout de bras, et bien, ce projet est lourd à porter même s'il promet de beaux moments.

ce projet, c'est d'abord une réelle envie. et comme m'a dit un élève ce soir : "avoir envie, c'est bien mais nombreux sont ceux qui se découragent et ne vont jamais jusqu'au bout de l'envie." il a même rajouté : "pour vous, c'est un peu comme une grossesse, c'est votre bébé". pouvez pas savoir le bien que ça fait d'entendre quelqu'un vous comprendre si bien.

bref, c'est ça, la base : une envie de réaliser un projet ensemble, une envie d'aller au bout de quelque chose, ensemble, de monter quelque chose de bien, ensemble.

j'avais envie d'émulation de groupe, c'est comme ça que je vois mon boulot et ma passion. j'avais envie de nous sentir soutenues, de nous sentir portées, de voir les gamins heureux, de sentir le truc se faire, de voir les progrès, j'avais envie d'y aller, de me sentir appartenir à ce truc, de faire partie de ce tout.

à vrai dire, j'ai l'impression de ramer. et tout le monde est resté sur l'autre rive et me regarde ramer en rigolant. et en se tournant les pouces. et je suis fatiguée !!!!!

il y a quelques personnes qui m'ont fait du bien aujourd'hui et je me serais agenouillée tellement j'étais contente de sentir deux ou trois personnes investies ou prêtes à le faire : la maman d'Arthur, qui m'a proposé son aide pour les décors, Françoise qui est venue me dire qu'elle connaissait quelqu'un qui pouvait faire les costumes et qui peut coudre s'il faut, mon élève, pompier volontaire, cité plus haut...

à eux, un grand merci.

et lucie aussi pour me supporter dans mes éclats de folie et de stress.

je suis à chier en ce moment.

Posté par annaellee à 22:18 - prof ! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 février 2008

je sème mes petits cailloux

souvent, au creux de son cou ou avant de m'endormir, je repense aux débuts, aux premières semaines, aux premiers jours. et j'essaie de garder ces souvenirs tout doux au fond de ma mémoire, ne rien perdre, collectionner ces images, ces parfums, ce désir, cet amour.

je suis parfois nostalgique de cette époque, non pas parce qu'aujourd'hui ça n'irait plus non, loin de là, seulement parce que ces moments sont restés totalement magiques dans mon coeur et dans ma tête.

je me souviens de ce sourire de travers, je me souviens de cette machine à shake du mac do qu'il nettoyait le soir en fermeture et du temps que je passais à récurer la friteuse pour le plaisir d'être tout près de lui.
je me souviens de Penny Lane fredonnée à deux.

je me souviens de son appartement et du soir où un des mecs avec qui on travaillait s'était tapé l'incruste jusqu'à pas d'heure, j'étais repartie sur mon vélo, déçue.

je me souviens de mon appartement, de ses murs bleus dans la chambre, des nuits où je l'attendais, fébrile. ces nuits où je ne pouvais pas m'endormir, la lumière de ma lampe de chevet sur la tapisserie aux airs de provence.

je me souviens des croissants qu'il me ramenait tous les matins.
et de ce brin de muguet pour le premier mai de notre première année.

je me souviens de ce jours où il s'était amusé à me filmer en noir et blanc, l'été, en robe blanche, près de la fenêtre qui nous renvoyait les éclats de notre bonheur.

je me souviens de notre première nuit dans notre bel appartement, de l'immensité de ce nouvel endroit, rien qu'à nous, à l'image de notre amour.

je me souviens de notre week-end à nice, l'excitation de ce premier moment à deux loin de tout, on avait roulé toute la nuit, on était partis à l'aventure puis on s'était posé sur les galets et j'avais juste ressenti une immense vague de bonheur d'être là, au soleil, avec lui.

je me souviens de ces week-end encore, à gerardmer, à paris...

de toutes ces photos...
de tous ces moments tendres qui m'ont appris à aimer, à l'aimer, à nous aimer.

je me souviens d'hier soir, dans ses bras, dans notre lit douillet. j'aurais voulu que jamais ça ne s'arrête, à moitié endormis, l'un contre l'autre, il fait chaud dans ses bras, son cou tout doux, son odeur...

je veux garder tout ça au fond de ma boîte noire et ressortir toutes ces images, toutes ses pensées, toute cette tendresse et pouvoir me réchauffer avec elles...ses petits cailloux que je sème sur mon chemin pour toujours revenir à ses moments-là.

Posté par annaellee à 12:55 - ma boîte noire - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 février 2008

en vrac

dans une semaine pile poil, c'est mon anniversaire. moi je m'en tape. dans le sens où vieillir n'est pas (encore) un problème pour moi. comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, j'aime même vieillir en fait. je me sens plus moi depuis quelques mois (années). et j'aime la liberté qu'on acquiert à l'âge adulte. faire ce qu'on veut, manger ce qu'on veut, rentrer quand on veut, se lever quand on veut. bref, je suis une sale égoïste mais j'adore ma vie.

donc, 26 ans dans 7 jours.

je pense à cet ami qui m'a appris une bien triste nouvelle ce matin. ça me travaille. je pense à lui et aux autres. je suis chamboulée et triste même si ça n'aide certainement pas que je le dise. car je sais qu'il me lira sûrement. je ne devrais pas dire à quel point cette histoire me touche. mais je le dis quand même parce que je ne sais pas taire mes sentiments.

j'écoute le "concerto pour la main gauche" de Ravel et ça me fait du bien. c'est un concerto que Ravel a écrit pour un ami à lui, pianiste qui avait perdu son bras droit à la guerre. terrible. mais ce qui en résulte est magnifique. et Samson François le joue divinement bien.

et puis, je pense à cette semaine qui s'annonce, mes cours de solfège à préparer ainsi que le contrôle d'avant les prochaines vacances. j'ai pas envie là tout de suite parce que je me demande bien comment je vais formuler tout ce que j'ai à leur faire faire.

bref, je ne sais pas quoi penser de cette journée bizarre.

une de mes élèves a accouché jeudi dernier d'un petit garçon. je l'ai appelée hier, elle avait l'air très heureuse et du coup, je l'étais pour eux aussi.

et moi ?
toujours pas enceinte non. j'hésite de plus en plus. j'ai peur. et puis comment savoir si nous sommes prêts ? si nous résisterons à l'arrivée d'un enfant ?

comment savoir ce que l'avenir nous réserve ?

ma soeurette me manque. je suis une handicapée du téléphone, faut que je l'appelle...

je me sens toute bizarre.

oui ce billet est nul mais c'est pas grave, ça fait du bien de balancer des mots ici.
adieu jusqu'à tantôt !

Posté par annaellee à 14:57 - 100% perso - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 février 2008

bourgeoise ?

hier, lors d'une après-midi shopping, je me prends en pleine poire par la fille avec laquelle je suis, "ouais t'es une vraie bourge !"

ça fait deux fois qu'elle me dit ça. et ça me soule grave.
déjà parce que pour moi, les bourgeois "c'est comme les cochons...". donc ça a une connotation plus que négative. ensuite parce que j'ai pas l'impression que ce soit fondé. enfin pas tout à fait.

j'aime les vêtements, les chaussures, les sacs. mais elle aussi. nous sommes des filles, c'est quand même assez courant, non ?
elle collectionne les sacs, les chaussures, autant que moi. à la différence qu'elle se paye beaucoup plus facilement de grandes marques que moi. papa et maman sont derrière elle, elle travaille à peine mais elle vit bien plus facilement que n'importe qui d'autre.

c'est peut-être pour ça que ça m'énerve d'autant plus.

ça fait quelques mois que je vis bien. admettons-le, je n'ai pas à me plaindre. mais avant ça ? j'ai bossé dans un macdo et mon homme a connu deux grosses périodes de chômage. on vivait avec moins de 800 euros par mois pour deux. on a eu des moments difficiles, on a même dû aller voir une assistante sociale pour payer des grosses factures. elle voulait même nous faire des bons pour manger...on avait refusé.

à présent, c'est vrai que ça va mieux, beaucoup mieux. j'ai trouvé une école et j'ai la chance de faire pas mal d'heures, j'ai la chance d'être bien payée mais je pense que je le mérite aussi. et puis, c'est pas non plus une paye de ministre. j'ose pas vous dire, j'ai peur de me faire lyncher.
1100 euros par mois.
à temps complet.
20 heures.
mais du boulot à la maison quand même hein ?

oui j'ai de la chance mais j'ai bossé.

alors j'en profite. la vie ne dure qu'un temps et je n'ai pas envie de me faire enterrer avec mon fric. autant me faire plaisir. je n'achète pas que des fringues, je vais au ciné, aux concerts, je m'achète des dvd, des cd etc...je ne suis pas QUE superficielle.

mais j'aime les robes, en soie, j'aime le beau cuir, j'ai accès à des ventes privées sur le net, j'ai toujours tout avec un rabais quand même.
et j'adore les chaussures. d'ailleurs, j'en ai encore acheté deux paires en deux jours. mais je ne peux pas résister.

est-ce que ça fait de moi une bourgeoise ?
peut-être bien après tout.
mais je n'aime pas qu'on se moque de moi par rapport à ça. je suis juste normale, je profite de ma vie tant qu'il est temps. je n'ai pas d'enfants, je paie mes factures, ma voiture, mon loyer. et j'arrive de temps en temps à mettre de côté pour les mois de chômage technique (3mois quand même, c'est hard !)

voilà. juste envie de l'écrire ici. parce que ça m'a blessé.

Posté par annaellee à 16:47 - secrets de fille - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Page précédente  1  2