26 octobre 2007
du recul
comme vous le voyez, j'ai supprimé mon dernier message. trop de stress, si j'étais découverte ici et reconnue, ce serait une catastrophe.
je crois que j'ai vraiment besoin de m'aérer, de prendre du recul, de me retrouver.
je pars en finlande mardi. j'espère que ce voyage me redonnera du baume au coeur et que je reviendrai avec de l'énergie. peut-être qu'il faudra que je repasse par la case "psy". j'en sais rien. j'ai pas envie mais en même temps, je sens que j'en aurais bien besoin.
mes petits élèves se portent bien et me donnent toujours autant de joie.
je reviens bientôt.
prenez soin de vous :)
15 octobre 2007
à la dérive...
je me sens tomber et c'est pour ça que je n'écris pas...
ces jours-ci, je suis lasse de tout, cette situation à l'école, cet enthousiasme brisé, ces déceptions...je suis mal et je n'ai pas envie de vous le faire subir. ni ici ni ailleurs. je préfère garder pour moi.
je me connais bien dans ces moments-là. je suis passée par là des centaines de fois mais je crois que cette fois-ci, je suis déçue pour plein de raisons. le boulot évidemment. ne pas savoir où j'en serai dans quelques semaines m'angoisse beaucoup.
je me ronge les ongles mais j'ai commencé une cure de vitamines pour au moins, ne pas tomber malade toutes les semaines...
j'ai juste l'impression d'avoir sacrifié beaucoup de choses pour l'école et puis, ce que je récolte ne me suffit pas. des projets, j'en avais plein, de la joie aussi, à revendre. et puis voilà, j'ai sans doute trop espéré. je garde la tête haute et je me bats pour parvenir à faire quelque chose de bien. il y a du positif dans tout ça. et je grandis, ça me fait grandir.
mais le soir, quand je rentre à la maison, je réalise à quel point tout ça ne suffit pas à mes ambitions, à mes envies. mes élèves heureusement manifestent parfois une reconnaissance pour la prof que je suis et pour ce que j'essaie de leur donner. et mon homme me supporte dans ces moments qui me sont difficiles.
bref, voilà, juste pour vous donner quelques nouvelles malgré ce mal-être. en espérant qu'il passe. et que je retrouve l'envie d'écrire...
à bientôt :-) et désolée pour ce billet pas très rigolo.
02 octobre 2007
de la mode à la consommation
je me pose la question, à savoir si je consomme ou si j'aime la mode. et puis qu'est-ce que c'est qu'aimer la mode ?
j'aime pas la mode, j'aime les fringues, j'aime me sentir jolie dedans, ça me donne confiance en moi. le fait d'être bien habillée me donne de l'énergie. à contrario, si je me sens mal fringué, j'ai tendance à angoisser toute la journée. c'est un conditionnement, peut-être mais ça marche comme ça.
je n'ai pas l'impression de consommer et de profiter de gens qui travaillent pour que dalle. non, et puis, à ce compte là, tout ce qu'on achète, c'est comme ça, il y a des gens exploités dans tous les milieux. ma voiture, par exemple, a été fabriquée en slovénie. je pense que là-bas, les gens sont moins bien payés, donc, j'aurais dû refuser de l'acheter, encore plus de la conduire !
ce qui m'embête, c'est que, oui, j'achète des fringues, souvent, et que, oui, je suis sensible aux tendances, celles qui me conviennent, celles qui m'amusent, celles qui me parlent. cependant, je ne les suis pas aveuglément. combien de fois ai-je acheté des choses que personne ne regardait ? toutes mes fringues ou presque sont "mettables" à long terme.
je ne consomme pas bêtement, je me construis une garde-robe que j'espère intemporelle. et bien sûr, à part l'usure, rien ne me fera oublier ou jeter mes vêtements. et quand je retrouve une pièce que je ne mettrai plus, je la donne à ma petite soeur.
je suis un peu perplexe quand on me dit que ce mode de consommation n'est pas "bon". déjà parce que j'estime que chacun fait ce qui lui plaît. et puis qu'ensuite, je n'ai vraiment pas l'impression d'abuser. et concernant les chaussures, ce sont pour moi, parfois, comme des oeuvres d'art. non, je n'exagère pas. certaines chaussures sont tellement magnifiques qu'elles décorent agréablement mon entrée.
en fait, en me relisant, je viens de trouver ce qui me choque : je ne juge jamais quelqu'un sur son apparence, alors que, souvent, on me juge sur la mienne. si je suis trop bien habillée surtout, pour donner mes cours par exemple, ou si je porte mes bottes de pluie, ou si je porte une jolie robe...là on me regarde et certainement qu'on me trouve futile ou je ne sais quoi...ou qu'on s'imagine que tout mon fric passe dans mes sapes.
enfin voilà, je me pose des questions. je suis une fille et j'aime me sentir jolie. je n'achète pas pour des milliers d'euros et j'essaie de ne pas abuser. je compense peut-être un peu parfois.
on peut être de gauche et aimer les fringues non ? (ceci est du second degré, ne me tapez pas tout de suite !)
ah et pour moi, il est très important, dans sa vie, pour son être intérieur, de se sentir bien, peu importe à vrai dire la façon qu'on va trouver pour se trouver bien mais c'est important. ça ne passe pas forcément par les fringues. mais pour l'estime de soi-même, peu importe le moyen, il est primordial d'être bien dans ses baskets pour affronter le monde et ses agressions permanentes. ça n'est que mon avis bien sûr...
bref, j'arrête...
01 octobre 2007
manuel
c'est une espèce de grand gaillard, qui ressemble plus à un viking qu'à un adolescent typique. lorsqu'il est venu me voir à la rentrée, je me suis demandée ce qu'il voudrait travailler, peut-être du métal ou quelque chose de ce style, un truc violent qui fait peur et mal aux oreilles.
il était intimidé, il articulait peu et semblait gêné. il est tellement grand qu'on a l'impression en le regardant qu'il ne sait pas comment se mettre, comment se positionner dans l'espace qui lui paraît certainement réduit. j'étais moi-même impressionnée par cet homme à qui j'aurais donné 25 ans et qui n'en a que 17. un enfant en somme. mais quel enfant !
le piano est trop petit pour lui. ses mains le recouvriraient presque entièrement. je le regarde et je suis attendrie. parce qu'il est toujours un peu maladroit avec moi et qu'il n'ose pas parler fort. parce que ses mots sortent difficilement, qu'il essaie malgré sa taille et cette force qui émane de lui, de se faire tout petit. ça ne marche pas tellement. il est bien trop impressionnant pour ça.
il commence le piano. et le solfège. au collège, m'explique-t-il rapidement, il n'a rien fait, n'a rien appris. mais cette année, il travaille bien, il a décidé de se reprendre. il a une écriture d'enfant, on sent qu'il ne maîtrise pas encore. pourtant, il est hyper motivé et il m'apprend très vite qu'il n'aime pas le métaL tant mieux je lui dis, moi non plus.
jamais on ne m'a témoigné autant de respect. jamais un mot plus haut que l'autre, toujours délicat dans sa façon de s'exprimer lorsqu'il me parle et beaucoup d'attention pendant les cours. il travaille beaucoup et en deux semaines, il a déjà appris beaucoup de choses, ces choses qui lui étaient encore totalement inconnues début septembre. il manifeste un sérieux que je ne connais qu'à très peu d'élèves et je suis vraiment surprise de cette douceur, de cette gentillesse et de ce respect, pas du tout surjoué, en aucun cas hypocrite.
on sent bien des fois, ces gens qui vous font des courbettes parce qu'ils ont besoin de quelque chose que vous possédez. mais lui, non. il veut apprendre. et quand il me parle, c'est toujours avec politesse. il respecte mon savoir et ce que je peux lui transmettre.
manuel.
c'est comme un poème finalement. le bon dans la brute, quelque chose d'inattendu. comme un viking qui ne voudrait jamais se battre. un grand gaillard au coeur tendre.
ça fait du bien.






