Anna Chronick's

les chroniques d'une jeune prof en quête d'elle-même

28 septembre 2007

merci Georges !

comme vous le savez, je retranscris des chansons pour la chorale de l'école, j'en ai pas mal parlé. et bien sachez que Georges Brassens me donne du fil à retordre.

j'adore ses chansons, elles me font vraiment mourir de rire pour certaines et je dois avouer que des larmes aux yeux me viennent lorsque j'écoute "jeanne", cette chanson me faisant furieusement penser à ma mémé. bon.

je travaille sur "la mauvaise réputation". pour deux raisons : Fernande, ça l'aurait pas fait du tout, les enfants ne pouvant pas décemment chanter les paroles de cette chanson parce que le surnom de la prof de chant, c'est Lulu et que c'est pas gentil de lui balancer ça à la figure. de deux, c'est un petit clin d'oeil vicelard que j'adresse à tous ceux qui ne m'aiment pas à l'école, en fait, les parents, ceux qui détestent le solfège et qui se sont désinscrits de l'école juste parce que cette année, le directeur l'a rendu totalement obligatoire. ouf ! c'était long !

et bien cette mauvaise réputation est très très difficile à retranscrire, croyez-moi ! parce que Brassens mélange le binaire et le ternaire. c'est là que vous me regardez avec des yeux ronds. je vous expliquerais bien mais ça prendrait un peu de temps et ce temps, je ne l'ai pas puisque Georges me demande beaucoup d'attention ! dites-vous bien que je me galère à écrire mes duolets, à passer de 6/8 à 2/4 et j'en passe.

je l'écoute chanter et je me dis : c'était un beau salaud quand même ! quel swing ! il me fatigue ! mais que ce soit bien clair, j'adore ! et j'adore l'idée que mes gosses vont la chanter ! et en rythme s'il vous plaît parce que je vais y arriver à l'écrire cette chanson !

voilà.

c'était le mot du jour. bon ok, c'est pourri mais c'est comme ça. il est passé midi, je suis pas lavée, j'ai bossé toute la matinée, j'ai rendez-vous avec ma banquière et je suis à découvert. aujourd'hui, à 13h30, mon avenir se joue sans moi, à la mairie et hier, j'ai bu un peu trop de vin pour oublier. appelez-moi Bree Van de Camp.

je file !

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27 septembre 2007

dépassée par les évènements...

comme vous le voyez, cette rentrée me bouffe totalement. aussi bien physiquement que moralement. je ne trouve plus le temps d'écrire, ni de décompresser un peu. j'enchaîne les cours et les concerts, les répétitions et les arrangements de partitions. j'ai déjà été malade la semaine dernière, ça s'annonce difficile...

de plus, j'ai appris vendredi dernier que mon contrat allait être revu à la baisse, je fais trop d'heures. on aura tout vu. je trouve ça carrément dégueulasse. j'ai 24 heures, ils vont m'en enlever 5 ou 6 et ne sont pas très chauds pour me faire signer en temps complet. juste parce que ça voudrait dire de me payer en juillet et en août.

je ne devrais même pas en parler ici je pense mais tant pis.

le reste se passe bien. les cours je veux dire. les classes du mercredi sont de bonnes classes même si elles m'épuisent. les petits d'éveil musical me donne envie de faire mon boulot encore mieux, je suis d'ailleurs en train de lire un livre de Edgar Willem pour y voir un peu plus clair et trouver des idées pour mon enseignement. hier, ça s'est super bien passé. je crois que je progresse dans la pédagogie et ça me plaît. j'ai vraiment eu l'impression que les enfants étaient contents et avaient bien écouté. ils avaient envie de revenir. c'était agréable.

la suite, ce sont des groupes de débutants, assez bons, calmes. on chante, on lit, on fait du rythme et j'essaie de leur donner le goût de chanter grâce à la chorale aussi...

j'aime beaucoup leur faire chanter camille. même si c'est pas évident. après, nous avons décidé de chanter brassens. bon, fernande on oublie mais la mauvais réputation. j'ai d'ailleurs réécrit la partition ainsi qu'une deuxième voix. peut-être que je la mettrais ici quand je serai entièrement satisfaite de mon boulot.

voilà les dernières nouvelles. j'attends de savoir comment mon emploi du temps va se faire. j'angoisse plus, je suis simplement dégoûté. surtout que certains groupes de FM que je vais lâcher me plaisent vraiment. je ne peux rien faire. tout va se décider sans moi demain...

pff...

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21 septembre 2007

peau de fleur

hier, 21h07, je rentre chez moi. fatiguée, épuisée mentalement par trop de questionnements. problème avec mon contrat donc peur au ventre et colère.

il est tard. l'homme regarde la télé. à la télé le jeudi soir, c'est "envoyé spécial". chaque fois c'est pareil, cette émission et les sujets qu'elle aborde, ça me fout par terre, ça me bouffe, ça m'ouvre les yeux sur le monde, ce monde que chaque jour, on essaie d'oublier. trop d'horreurs qu'on ne voudrait jamais connaître...

dans la télé, dans envoyé spécial, dans le documentaire sur "la brigade du viol", y a toutes ces femmes, en pleurs qui essaient de rester fortes, qui viennent regarder à un moment, derrière une vitre, celui qui les a abîmé avec un grand couteau et son corps d'homme. elles sont là, elles ont peur, elles sont sous tri-thérapie dans l'attente de savoir si oui ou non, en plus d'avoir été violées, elles ont ou non le sida. l'horreur...

et puis, on voit Faustine. une grande jeune fille, jolie, les cheveux rouges, le visage enfantin. elle me fait penser à une nana que je croisais souvent à l'époque du lycée. je ne la connaissais pas. si ça se trouve, c'était elle. et Faustine doit aller regarder à travers la glace pour dire si elle reconnaît son agresseur. elle avance lentement et hésite à se mettre devant cette glace. il ne peut pas la voir. mais elle a peur. finalement, un policier l'aide à avancer vers la glace, il la soutient. elle se met devant et réprime un violent sanglot, quelque chose qui me fend le coeur, quelque chose se brise à l'intérieur de moi. je voudrais ne pas savoir pourquoi mais je sais exactement pourquoi je ressens ça. ça fait mal, Faustine a mal, je le sais. elle le reconnaît. elle reste un peu devant cette putain de glace et puis s'en va rejoindre sa mère qui l'attend dans une autre salle.

on les voit, Faustine se cache derrière des grosses lunettes noires et pleure dans un mouchoir et sa mère la cajole et pleure avec elle. et je regarde mon homme, mes yeux sont tout vitreux, je sens que ça va pas le faire, je sens que ça monte. j'attrappe une cigarette et je me dis "ça va passer". et j'ai juste le temps de prévenir que je vais pleurer avant que les larmes sortent en vrac, n'importe comment, n'importe quoi.

je pleure. je pleure pour Faustine et puis pour les autres qui sont là et attendent leur tour pour aller devant la glace. et puis je pleure pour le reste, tout le reste. je me sens ridicule de pleurer comme ça devant la télé, même pas devant un film à l'eau de rose. mais je peux pas m'arrêter. il faut que ça sorte.

et puis, c'est fini, on va manger, ses bras à lui me rassurent. mais depuis, je réalise à quel point je suis à fleur de peau, j'ai une peau de fleur...je ne supporte rien. je souffre trop, comme une éponge qui absorbe tout, toute la douleur...

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20 septembre 2007

je gueule pas

je suis vive. voilà ce que j'ai dû expliquer à mon nouveau directeur hier à deux reprises. quand je donne mes cours, je suis dans la salle juste à côté de son bureau et malheureusement, les salles ne sont pas insonorisées. c'est un peu dommage pour une école de musique vous ne trouvez pas ?

quoiqu'il en soit, il m'a fait deux fois la même remarque, en me disant que je passais mon temps à gueuler ou quasiment. non, ce n'est pas vrai. je n'engueule pas les gosses mais il est vrai que je parle fort, je fais le pitre, je grossis le trait, je me décarcasse pour qu'ils suivent, qu'ils comprennent, qu'ils soient présents par leur esprit et pas seulement physiquement.

bien souvent, je les vois sur leur table, la tête dans les nuages. je connais bien ce stratagème, j'employais le même, je sais à quel point cette faculté de s'envoler bien loin de la réalité est présente chez les enfants. alors je joue. je joue mon rôle de prof, je les ramène en cours, constamment. parce que je ne veux pas les perdre.

il y a des moments où chacun part dans ses rêves. par exemple, lorsque je les interroge individuellement sur un exercice. un élève lit, les autres baillent, rêvassent tranquillement. ils sont en pause. pour les ramener au cours, j'exagère. mais je ne leur crie pas dessus, je ne les engueule pas. non.

évidemment, mon directeur m'a fait la remarque mais n'avait pas le temps pour l'explication. non, il était pressé, il devait partir, il m'a juste dit de rester zen et de ne pas ma prendre la tête pendant les cours. est-ce que je me prends la tête ? non. est-ce que je suis énervée ? non. vive, oui. exigeante avec moi-même et la qualité de mes cours, tout-à-fait. je suis en cours et pas ailleurs. mon boulot est de leur apprendre des choses. c'est important, c'est pour ça qu'on me paye ! j'estime que je dois assurer. donc je me donne à 3000 % et c'est tout. et si pour ça, je suis obligée de me contorsionner, de les interpeller, de sauter dans la classe, de taper dans les mains, de faire des grimaces, de danser pour qu'ils me voient, de chanter fort, de les faire rire en les imitant, je le fais.

ça fait de moi quelqu'un de survolté, qui parle un peu fort. certes. mais jamais je ne leur gueule dessus méchamment. jamais. parce que ces gamins, finalement, je les adore...

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17 septembre 2007

juste un petit mot rapide

parce que je n'ai pas du tout le temps d'écrire aujourd'hui, mais alors, pas le temps !! depuis hier, je bosse sur la retranscription d'une chanson de Camille, artiste que j'adore, que j'admire, que je kiffe quoi ! et comme je n'ai rien trouvé de probant sur le net et que de toute façon, je n'ai plus un kopek en poche, j'ai bien été obligée de le faire moi-même !!

ça m'a pris quatre ou cinq heures, pas évident de tout entendre et surtout d'écrire ce qu'on entend de manière à ce que ce soit compréhensible pour tous. bref, j'ai choisi "Pour que l'amour me quitte". vous connaissez ? vous aimez ?

voici la partition que j'ai retranscrite pour ceux qui auraient envie de se faire plaisir : camille. évidemment, c'est mon travail, ce n'est pas parfait mais ça se respecte un minimum !

et pour découvrir camille, voici son site et ses deux albums disponibles ici  et .

Posté par annaellee à 13:56 - eclectique musique - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 septembre 2007

canon en bottes de pluie

hier, je suis allée dévaliser mon fournisseur officiel du dieu de la pédagogie. puis, j'ai décidé de me balader en ville, malgré l'état cadavérique que je traîne depuis quelques jours, comprenez grosse crève carabinée qui me soûle gravissime.

bien sûr, je suis à la recherche du saint grââl, c'est à dire de collants fushia, la couleur phare de l'été à ce que j'ai lu dans la bible cosmopolitan et comme je suis un mouton, j'en veux, j'en veux. et j'en trouve pas. ça tourne donc à l'obsession, mon périple n'est pas prêt de s'arrêter.

bref !

j'entre chez l'ami suédois, comme à ma nouvelle habitude et je tourne en rond à la recherche de ma lubie. je suis avec une amie qui me reproche de l'emmener dans l'antre de la tentation. m'en fous, je veux mes collants fushias !! je fouille, je farfouille, je cherche, je m'énerve. et puis, finalement, je ne trouve pas. il y a bien cette robe dans cette couleur mais je ne sais pas, trop chère, trop fushia, trop j'assume pas.

j'embarque un foulard (je vous ai dit qu'il est fushia ce foulard ? comment ça je suis une vieille obsédée ?!) et je file à la caisse, un peu rassasiée mais pas assez. c'est alors que je l'aperçois.

elle est belle, grande et élancée, elle fouille les rayons comme toutes les modasses qui sont présentes. mais elle a quelque chose de plus. je ne sais pas quoi jusqu'à ce que je baisse les yeux et qu'enfin je comprenne pourquoi cette fille est canon. elle porte des bottes de pluie en caoutchouc, brillantes, noires avec des pois blancs. bien sûr, j'ai déjà vu des bottes en caoutchouc, bien sûr, je trouvais ça ridicule mais là ! c'est la fashion révélation ! c'est ÇA qu'il me faut, absolument. je me rends compte que je la fixe depuis 5 bonnes minutes et que je dois être en train de baver. j'ai carrément envie d'aller la voir et de lui demander où elle a eu ses bottes parce que zut ! je les veux ! je suis en train d'élaborer un plan d'attaque pour les lui piquer subrepticement quand mon amie arrive et me dit "bon, on se casse ?". elle n'a même pas vu la fille canon, c'est terrible mais je me garderai bien de lui révéler ma nouvelle fashion quête. je regarde encore cette fille, belle, svelte, juste un legging, une robe toute simple et ses bottes géniales. et ça reste gravé en moi comme une véritable révélation modesque.

c'est alors que ce matin, sur le forum de Caroline, je poste un SOS désespéré. je veux des bottes de pluie. j'écume tous les sites, je fouille, je farfouille et Caroline me les trouve. sans réfléchir, je les commande. parce que...

moi aussi je veux être canon en bottes de pluie !!!

Posté par annaellee à 12:13 - secrets de fille - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 septembre 2007

les cauchemars d'une prof...

cette nuit, j'ai fait plein de rêves atroces à propos de mes élèves et de ma rentrée. je me demande si tous les profs vivent ce genre de choses. ça m'arrive carrément souvent.

notamment à cause d'un ado qui m'énerve et qui, au début de l'année dernière surtout, m'avait posé pas mal de problème. il est tout bonnement insupportable d'arrogance et de dédain, rien ne le touche, il s'en fout de tout, c'est affreux. en même temps, je devais être à peu près comme ça à son âge, c'est peut-être pour ça que je le vis encore plus mal, rétrospectivement, j'ai honte de moi en le regardant. m'enfin, lui n'a pas honte visiblement. quand il aura mon âge peut-être...

bref, il y a quelques temps, je l'ai croisé lui et son fidèle acolyte, à une fête donnée dans la commune où je bosse. je les ai regardés, ils ont soigneusement tourné la tête à l'opposé...terrible. donc, comme une conne, je n'ai pas dit bonjour. après coup, je regrette, j'aurais dû balancer bien fort un vieux "bonjour les enfants" des familles, histoire qu'ils se tapent la honte devant leurs potes.

cette nuit, j'ai rêvé d'eux donc. déjà, au lieu de quatre élèves de ce style, il y en avait une trentaine. l'horreur. et je n'arrivais pas à leur donner cours, c'était bizarre, genre incapable de faire mon job, l'angoisse suprême. du coup, comme vous pouvez l'imaginer, c'était la fête du slip dans la salle et tout le monde y allait de son petit truc à faire à la con. et mes deux élèves préférés avaient choisi de faire des expériences type chimie avec mon téléphone portable. genre ils le brûlaient au chalumeau pour voir ce qui se passait. alors bon, j'arrivais comme une furie pour leur arracher le portable et je gueulais comme un putois tout en m'excusant auprès des autres à qui je ne parvenais pas à faire cours...

ensuite, ils étaient assis par quatre, à leurs tables et je leur parlais genre fine psychologue, en leur expliquant qu'il ne fallait pas faire le cirque et que les expériences de physique-chimie étaient réservées aux cours de physique-chimie, au collège... puis je leur disais qu'en plus, ils n'étaient plus ensemble dans le même cours puisque certains redoublaient. et là, le pire d'entre tous, vous savez, regardez plus haut, et ben, il se mettait à ...PLEURER ! parce qu'il n'allait plus être en cours avec son copain ! limite je devais le consoler ! répugnant non ?

je me suis réveillée un peu en transe, genre, bizarre. et puis j'ai réalisé que ça devait être à cause de la fièvre que je délirais de cette façon !! parce qu'évidemment, je suis malade ! ça ne pouvait pas mieux tomber.

vous savez quoi ? maintenant, j'ai peur ! je redoute ce moment où ils vont être devant moi. my god ! j'veux pas y alleeeeeeeer !

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11 septembre 2007

dans le noir

c'était un matin d'été mais il faisait sombre. sans doute avait-il fait trop chaud la veille et qu'il y avait eu un orage. le ciel pesait sur nos têtes et il faisait frais.

j'avais travaillé toute l'année pour ce jour, j'étais stressée et en même temps excitée, comme chaque fois que je dois monter sur scène, un mélange électrique, l'envie de fuir et en même temps l'envie d'y aller et de jouer. jouer, donner, prendre, échanger, être en soi et dans les autres...lui n'était pas aussi peureux que moi, il devait encore siffloter dans un coin en attendant notre tour.

je me souviens être allée au toilette et qu'il est venu me chercher en criant que c'était à nous. le jury avait pris de l'avance, nous allions devoir passer plus tôt que prévu.

il prend son violoncelle comme s'il ne pesait pas plus qu'une plume et je le suis, trébuchante, avec mes partitions collées contre ma poitrine, essayant vainement de comprimer les tressautements de mon coeur. je sens que je vais mourir d'angoisse, comme chaque fois. le sol se dérobe, je lui donne le la après avoir traversé la scène trop éclairée.

pendant ce qui me semble durer des heures, il accorde patiemment et consciencieusement les cordes de son instrument. puis il se tourne vers moi et me sourit. il est prêt. j'ai mal au ventre. mes mains sont moites. je les pose sur le clavier, je les remets sur mes genoux. j'y vais ? je me concentre.

Brahms d'abord. sonate pour piano et violoncelle, premier mouvement, profond, les sons de son violoncelle ont quelque chose de magique, presque comme une voix humaine qui chante. je suis avec lui, quelque chose nous relie à travers la musique. je ne pense plus à rien, je respire, je joue, mes doigts sont là, mon esprit est dans le piano, dans les notes, les crescendos, j'ai envie que ça dure, j'ai envie de pleurer.

puis Chostakovitch. terrible de silences, de suspens. la salle est tellement dedans qu'on dirait qu'elle se tait avec nous. les dernières notes sont terrifiantes, pesantes et silencieuses. ensemble, nous finissons et ne bougeons plus quelques secondes. c'est long. personne n'applaudit, les gens n'osent pas. il y a de la magie dans l'air, quelque chose d'infini, d'indéfinissable. puis le silence se brise et on nous félicite par les claps-claps habituels et c'est déjà fini. instant de grâce, si court, intense. dans la salle plongée dans le noir, le jury doit être content. ils nous récompenseront bien ce jour-là, citant mon nom et le sien tout en haut de leur liste.

mon meilleur souvenir. s'en suit champagne et orage magnifique sur une terrasse à nancy. jamais je n'oublierai. jamais.

Posté par annaellee à 11:22 - ma boîte noire - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 septembre 2007

pfff...

je suis en colère.

j'arrive pas à me calmer. je pensais faire une bonne rentrée et voilà que tout va de travers. je comprends pas, je suis là à retourner les trucs dans ma tête sans parvenir à trouver une raison à tout ce cirque.

je suis tellement, tellement déçue. en même temps, comme je suis super trop émotive, j'essaie de relativiser. mais c'est vraiment pas évident.

je n'ai même pas le courage d'en parler ici. juste vous dire que si je n'écris pas, c'est parce que je broie du noir. et je préfère garder ça en moi car l'écrire ne serait pas intéressant pour vous.

voilà.

ça ira mieux demain...peut-être.

Posté par annaellee à 11:28 - 100% perso - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2007

transformation

hier je suis allée regarder tous les bouquins de solfège que les magasins de musique proposent. bon. puisqu'on me l'a ordonné, je m'exécute, en bon petit soldat, vouant un culte sans bornes à la pédagogie de base. j'en ai trouvé quelques uns, j'ai fait une gentille petite liste, j'en ai acheté 3 pour 72 € et puis voilà, ma journée était bouclée.

après tout, si je fais acheter des livres aux élèves, j'aurais moins de boulot à faire à la maison. partisan du moindre effort comme on dit.

ensuite, j'ai fait un tour en ville. rien à voir. que des clones de filles j'ai vu : uniformisées. vive la mode. elles allaient en bande de trois ou quatre, la frange devant les yeux, les cheveux très lisses, les ballerines aux pieds et le jean ultra serré forcément. bon. parfois, je dois ressembler à ça moi aussi, hormis la frange parce qu'avec mes cheveux, j'aurais vraiment l'air con.

moi j'étais habillée différemment, je me suis donc fait reluquée à mort avec force de rires pas très discrêts. je ne suis pas un mouton me suis-je dit. à chaque bande de filles à franges croisé je croyais voir une de mes élèves, archétype de ces petites nanas qui se sapent dernier cri mais avec quelques mois de retard tout de même.

bon.

j'ai vachement marché, sous la pluie, ça m'a lavé. de toute cette colère, de cette indignation. les profs, le directeur, les livres qu'on m'a ordonné de faire acheter, tout ça, c'est la vie, c'est rentrer dans le moule, exactement comme ces filles en slim-franges dans la figure. bon. j'ai du mal à m'y faire. mais la pluie ça m'a lavé. j'étais dessous, sans parapluie parce que j'ai horreur de ça et j'admirais mon reflet dans les vitrines. je suis entrée chez H&M, fournisseur officiel de bien-être et j'ai croisé une fille qui était, il y a trèèèèèès longtemps, une amie. enfin c'est ce que je croyais. elle n'a pas osé me regarder pourtant je sais qu'elle m'a vue. je l'ai regardée longtemps en attendant qu'elle ose lever les yeux, pas moyen. je me suis dit qu'elle était lâche, qu'elle n'avait même pas le courage d'affronter mon regard qui, naïf, l'espèrait quand même, prête à sourire j'étais.

bon.

de cette balade, j'ai tiré deux leçons. déjà, la pluie, ça fait du bien, ça purifie. à bas les parapluies.

de deux, les flics ne verbalisent pas quand il pleut. ça, je le savais déjà. courageux mais pas téméraires.

de trois, oui, en fait, trois leçons : mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche.

ce billet n'a aucun sens. mais il me fait du bien.

Posté par annaellee à 13:56 - prof ! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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