07 septembre 2007
transformation
hier je suis allée regarder tous les bouquins de solfège que les magasins de musique proposent. bon. puisqu'on me l'a ordonné, je m'exécute, en bon petit soldat, vouant un culte sans bornes à la pédagogie de base. j'en ai trouvé quelques uns, j'ai fait une gentille petite liste, j'en ai acheté 3 pour 72 € et puis voilà, ma journée était bouclée.
après tout, si je fais acheter des livres aux élèves, j'aurais moins de boulot à faire à la maison. partisan du moindre effort comme on dit.
ensuite, j'ai fait un tour en ville. rien à voir. que des clones de filles j'ai vu : uniformisées. vive la mode. elles allaient en bande de trois ou quatre, la frange devant les yeux, les cheveux très lisses, les ballerines aux pieds et le jean ultra serré forcément. bon. parfois, je dois ressembler à ça moi aussi, hormis la frange parce qu'avec mes cheveux, j'aurais vraiment l'air con.
moi j'étais habillée différemment, je me suis donc fait reluquée à mort avec force de rires pas très discrêts. je ne suis pas un mouton me suis-je dit. à chaque bande de filles à franges croisé je croyais voir une de mes élèves, archétype de ces petites nanas qui se sapent dernier cri mais avec quelques mois de retard tout de même.
bon.
j'ai vachement marché, sous la pluie, ça m'a lavé. de toute cette colère, de cette indignation. les profs, le directeur, les livres qu'on m'a ordonné de faire acheter, tout ça, c'est la vie, c'est rentrer dans le moule, exactement comme ces filles en slim-franges dans la figure. bon. j'ai du mal à m'y faire. mais la pluie ça m'a lavé. j'étais dessous, sans parapluie parce que j'ai horreur de ça et j'admirais mon reflet dans les vitrines. je suis entrée chez H&M, fournisseur officiel de bien-être et j'ai croisé une fille qui était, il y a trèèèèèès longtemps, une amie. enfin c'est ce que je croyais. elle n'a pas osé me regarder pourtant je sais qu'elle m'a vue. je l'ai regardée longtemps en attendant qu'elle ose lever les yeux, pas moyen. je me suis dit qu'elle était lâche, qu'elle n'avait même pas le courage d'affronter mon regard qui, naïf, l'espèrait quand même, prête à sourire j'étais.
bon.
de cette balade, j'ai tiré deux leçons. déjà, la pluie, ça fait du bien, ça purifie. à bas les parapluies.
de deux, les flics ne verbalisent pas quand il pleut. ça, je le savais déjà. courageux mais pas téméraires.
de trois, oui, en fait, trois leçons : mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche.
ce billet n'a aucun sens. mais il me fait du bien.
Commentaires
il ne sers a rien mais je l'adore ce billet :-)
merci Fred :)
bisous
salut
comment pourai-je ajouter une image comme fond de blog ( comme tes petites fleurs )
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