Anna Chronick's

les chroniques d'une jeune prof en quête d'elle-même

02 août 2007

le jet d'eau d'antigone

il y avait cette petite place au milieu des immeubles immenses, majestueux, j'avais presque le vertige. des arbres tout autour et des bancs pour s'asseoir. vue sur le jet d'eau, lui-même immense, majestueux et vertigineux.

les jets d'eau dansaient en changeant de chorégraphie régulièrement. des enfants en maillots de bain passaient dedans en riant et en s'éclaboussant. c'était beau, cette quiétude, cet été doux et moelleux, dans lequel on pouvait se blottir, se reposer. je regardais les enfants, je les voyais s'amuser dans l'eau et j'avais envie d'y aller moi aussi, de jouer avec eux, de retrouver mon enfance. je les regardais en souriant, mélancolique. j'en avais les larmes aux yeux. et je me trouvais un peu trop sentimentale...

soudain une toute petite fille est arrivée avec son père sans doute. elle lui arrivait à peine à la taille, elle paraissait minuscule. un mini-pouce...elle avait une jolie robe de princesse, rose, qui bouffait un peu à la taille et retombait mollement aux chevilles. des froufrous tout autour de son tout petit corps. elle était magnifique. des cheveux bruns qui coulaient sur son cou dodu, une barrette bleue pour les retenir autour de son front et des petites chaussures sur ses pieds ronds. je l'ai tout de suite vue et je ne pouvais plus détacher mon regard de cette enfant.

elle s'approcha du jet d'eau, attirée sans doute par les rires des autres enfants. pourtant, elle avait un peu peur de toute cette eau qui virevoltait sur la place et les autres enfants en envoyaient partout. la petite fille en rose se tenait à côté de son père puis décida d'aller mettre sa petite main sur un jet d'eau tout petit, minuscule. elle s'était accroupie pour ne pas tomber et vacillait sur ses pieds. sa robe traînait par terre, dans l'eau mais ça n'était pas important. elle posa sa main sur le jet d'eau tout petit et ça la fit rire. d'un rire si petit, si fragile, d'un rire de fée clochette.

je la montrai à mon homme et nous passâmes un temps infini à la regarder.

chaque fois que le jet d'eau changeait de chorégraphie, elle était prise de panique et courait dans le sens inverse en criant. elle courait comme courent les enfants, un peu maladroite avec les bras tendus de chaque côté de son corps. ses cheveux volaient tout autour d'elle, sa robe la gênait un peu dans sa course. puis, une fois à l'abri, intriguée, elle se rapprochait de nouveau de l'eau. tout doucement, apeurée mais curieuse. elle se dirigeait lentement vers l'eau et tentait de la toucher tout en gardant ses distances. prudente.

puis elle repartait en criant.

nous étions amusés par ce petit manège. nous la regardions émerveillée. ça a duré au moins une demi-heure. tous ses enfants si heureux, qui jouaient dans le jet d'eau. les petits peureux qui s'enfuyaient loin dès que l'eau devenait plus puissante. et cette petite fille en robe rose qui m'a tellement amusée, émue. en partant, mon homme a réussi à la prendre en photo. deux fois. je crois que ces photos, je vais les garder précieusement en attendant d'avoir une petite fille que je pourrai habiller d'une robe de princesse. je crois que cette petite fille m'a définitivement décidé, conforté dans l'idée qu'il n'y rien de plus beau qu'un mini-être humain qui rit avec vous et qui vous tient la main.

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Posté par annaellee à 09:48 - ailleurs mais pas si loin - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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