Anna Chronick's

les chroniques d'une jeune prof en quête d'elle-même

25 juillet 2007

magnésium.

je sais que ça n'a pas d'importance, que tout cela n'est pas réel. je sais, je sais. que tu n'es pas toi, que tu n'es plus toi, je sais, je sais. dans mon coeur, dans mon âme, il n'y a plus rien, plus rien que ces mots dans ta bouche. et derrière mes yeux, il y a cette photo et je la regarde, derrière mes paupières, lourdes.

il y a ce profil que je connais bien et ce sourire que j'aimais tant. et tes cheveux qui sont coiffés et je trouve ça dommage. pourquoi te coiffer ? pourquoi tenter d'arranger cette crinière si folle. dont j'ai hérité. ça ne sert à rien.

ton pull était beau, bleu avec des dentelles sur le col et je te regarde et je te vois. tu étais si belle. et cette photo me renvoie à une autre, plus vieille encore. ton regard est si plein de belles promesses, ton coeur était pourtant si triste certainement. il y a le soleil qui vient se refléter dans ta pupille claire et très ronde. comme la terre, tu étais. et tes boucles dansaient autour de ton visage si parfait.

je sais que ça n'a pas d'importance mais ta bouche si belle, je ne peux pas l'oublier. elle disait des mots doux, des mots d'amour. elle reflétait exactement ce que tu avais à l'intérieur de toi, la beauté et l'amour. je sais, je sais. tout a changé. tu es comme une fleur qui aurait fané un peu trop vite. comme un train qui va trop vite et qui ne peut plus s'arrêter. et j'ai regardé, derrière mes paupières, j'ai regardé le train défiler et je n'ai pas pu l'arrêter.

ça va trop vite et mon oeil qui tape, tape. je ne peux pas l'arrêter. je ne peux pas revenir en arrière. quand tu étais si belle. tu paraissais forte, tu étais en fait juste trop fragile. tu gravissais les montagnes, comme un oiseau, un petit oiseau qui vole tout seul. et puis tu as perdu tes ailes. et je t'ai regardé tomber, tomber. j'ai tendu mes bras pour te rattraper, mais je n'ai pas réussi. mes bras étaient trop petits, mes bras étaient trop petits. et je t'ai regardé tomber.

j'ai voulu te ramasser et réparer tes ailes et ton coeur qui était tout cassé. je sais que ça n'a pas d'importance, que c'est fini. je sais, je sais. que tout est acquis, que rien ne s'efface. mais j'aurais voulu tellement voulu tellement voulu te sauver. peu importe à présent. mon oeil tape, tape.

et tu me dis "c'est le manque de magnésium.".

Posté par annaellee à 13:12 - des maux des lyres des mots délire - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je crois qu'après la lecture d'une douleur si intime et si bien traduite...Le premier qui commente dit une connerie...

Posté par Fishturn, 25 juillet 2007 à 13:28

la preuve que non...

Posté par annaellee, 25 juillet 2007 à 13:37

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