15 juillet 2007
commémoration
attention : niaiserie !
il y a deux jours de ça, j'étais dans la banlieue nancéenne...on était le 13 juillet et on était invité à une pendaison de crémaillère.
vers 22h30, pour faire plaisir au petit garçon qui était parmi nous, on a décidé d'aller voir le feu d'artifices sur la place publique. bien sûr, tout les gens du patelin y étaient aussi. bien sûr, il y avait des jeunes en bande qui faisaient exploser des pétards en visant bien consciencieusement les pieds des gentils passants. bien sûr, je sautais de part en part pour les éviter en criant, maladroitement sur mes semelles compensées de 10cm de haut...
c'était le 13 juillet. sur la place, les gens s'installent, cherchent la meilleure place. je m'assois par terre, près de mon homme et tous ensemble, comme des gosses, on attend que ça commence. moi, j'ai peur des feux d'artifices. d'abord parce que ça fait du bruit, ensuite parce que j'ai peur de me prendre une énorme cendre dans la tronche. mais avec mon homme près de moi, pour me protéger, je n'avais pas peur ce soir.
le petit hugo était content jusqu'à ce que ça commence. après, il avait peur aussi. je le regardais en le comprenant. mais je n'avais pas peur.
les feux dans le ciel, la chaleur de l'été, les gens qui célèbrent ensemble la fête nationale. et puis, je réfléchis. savent-ils tous vraiment à cet instant pourquoi nous sommes là ? qui pensent réellement à ce qu'on fête tous les ans à cette date ? y pensent-ils ?
moi, j'y pense, les yeux levés vers le ciel, les feux qui brillent au-dessus de nous tous. le symbole de notre liberté. celle pour qui des milliers de gens se sont élevés, ce pour quoi ils se sont battus. la liberté. je trouve ça tout à coup super beau. vraiment. j'ai la sensation en y pensant soudainement que jamais je n'y avais réellement songé. chacun de nous a oublié.
à l'époque, certains se sont révoltés contre le pouvoir tout puissant. ils ont tout cassé pour recommencer, pour eux mais aussi pour les générations futures. ils se sont sacrifiés pour leurs idéaux. et ça me ramène à tout ce qui s'est un jour passé dans le monde et tout ce qui continue de se passer. on est ici à regarder les feux d'artifices et on a la chance d'être ensemble et libre sans même devoir se battre pour ça. on est libre et on n'en profite pas. parce qu'on ne le sait pas. parce que souvent, il faut perdre ce qu'on a pour se rendre compte de ce qu'on avait. c'est complexe l'être humain.
on a souvent l'impression qu'on peut faire plus, qu'on pourrait faire plus. on se sent à l'étroit dans nos maisons, dans nos vies, on espère toujours quelque chose, quelque chose de plus, de plus grand, de meilleur, quelque chose. on ne peut pas se satisfaire. on veut toujours plus. encore et encore. jamais rassasié. et puis un jour on réalise. je réalise qu'en fait, je suis libre ! et je suis libre grâce à ceux pour qui on se réunit sur la place publique le 13 juillet...en partie du moins.
je ne sais pas. peut-être que j'exagère mais à cet instant, sur la place publique, tout m'est apparu très clairement : la vie, la chance, le destin, le bonheur. j'ai regardé mon homme et j'ai su que je l'aimais. et je lui ai dit. et j'ai replongé mes yeux dans la lumière.
la liberté.
et les hommes ont inventé les feux d'artifices. pour fêter leur liberté.
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