Anna Chronick's

les chroniques d'une jeune prof en quête d'elle-même

30 juin 2007

cette année

j'aime les soldes ! c'est décidé ! et l'hiver aussi, même en été !

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je les avais repérées y a pas mal de semaines, complètement craqué dessus. genre hystérie, plus encore en voyant le prix : 110 euros, ah quand même !!

et là, j'ai eu les dernières à 49 euros, à ma taille et j'ai pu les étrenner aujourd'hui, vu qu'il fait trop moche !...

bon, bon...promis, demain, j'arrête et je redeviens sérieuse. mais aujourd'hui, je pâme !...

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29 juin 2007

les vacances

ça y est...c'est la fin de l'année. hier, je suis allée pour la dernière fois donner mes cours. certains élèves ne sont pas venus, ça m'a fait de la peine, même si je me doutais que les ados rebelles ne souhaiteraient pas venir me dire au revoir.

je pourrais me réjouir, je pense que prendre un peu d'air me fera du bien. mais quelque part, ça me déprime aussi. je suis dans le flou pour l'année prochaine, je ne sais pas qui sera le nouveau directeur et comment ça se passera avec lui. je ne sais pas qui reviendra non plus.

si je devais faire un bilan de cette année, je le résumerai simplement comme ça : j'ai beaucoup appris, beaucoup donné et parfois reçu. beaucoup de joie par rapport au piano, quelques déceptions au niveau solfège. parfois une bonne surprise, ça et là. et ces bonnes surprises ont souvent suffit pour que je continue de me battre.

Claire ne reviendra pas, elle me l'a annoncé après que je l'ai félicitée pour ses progrès en piano. je me sentais un peu ridicule de lui avoir fait tout ce discours d'encouragements après coup. elle n'est même pas venue me dire au revoir au goûter mercredi. j'étais triste. parce que j'ai essayé de lui donner des choses, elle a avancé et elle part comme ça. en plus, elle me l'annonce juste en passant sa tête dans la porte, en deux minutes. déception et tristesse.

Paul reviendra, sans doute plus motivé après sa crise de nerf et son total changement de comportement. il est devenu doux et sérieux. je l'aime bien. il a compris certaines choses, il a évolué. ça me rend heureuse parce que j'ai l'impression de lui avoir donné quelque chose malgré ce jour où il a pété les plombs.

Antoine continue avec moi, malgré son souffle au coeur, il a vraiment envie de faire de la musique. il est venu chanter au goûter et m'a fait un petit bisou en partant. il a suivi mes conseils à la lettre et a chanté bien fort et bien clairement, il ne s'est pas laissé intimider par tous les parents face à lui. il est parti en riant...

l'enfant prodige a ri grâce à moi, j'ai réussi à le dérider et pour la première fois en deux ans, je l'ai vu rire. j'étais surprise et heureuse, je n'avais jamais son visage s'éclairer ainsi...

ma petite pianiste aussi revient. elle était si heureuse de savoir qu'elle resterait avec moi, elle m'avait demandé plusieurs fois, la peur au ventre. non, je ne veux pas qu'elle parte, pas maintenant. je ne suis pas prête à la laisser, j'ai encore tant de choses à lui apprendre avant qu'elle ne s'envole vers d'autres horizons. peut-être qu'elle pourra faire carrière dans le piano. elle est tellement douée. elle est déjà tellement musicienne. tout au long de l'année, j'ai aimé l'écouter, la voir grandir. je suis persuadée que de belles choses l'attendent. je suis persuadée qu'elle pourrait envisager de devenir musicienne. prof, peut-être ? mais c'est elle qui choisira bien entendu...

il y a juju qui ne veut pas continuer le solfège. pourtant, elle réussit bien, elle est forte. et puis, Manon qui a pleuré à mon cours mais qui semblait apaisée, Maud qui m'a dit que j'allais lui manquer et qui m'a promis une carte postale, et Jacques qui ne semblait pas vouloir partir. Laurine, qui en jouant aux cartes hier, riait à mes blagues en mangeant du gâteau et même Lydie qui paraissait heureuse d'être là.

tous mes gosses quoi. même les pires, même les têtus, même les rebelles. je les aime, ils m'ont tant appris sur moi, sur l'enseignement...ils me manquent déjà.

vivement la rentrée !

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28 juin 2007

c'est pas ma faute, c'est à cause du docteur !!

hier, j'avais une journée chargée devant moi : les examens de piano à l'école et la préparation de mon goûter de fin d'année ce qui sous-entendait la préparation de plusieurs gâteaux pour nourrir tout le monde. mardi, je réalise soudain que je n'ai plus de pilule ! la catastrophe évidemment. je devais donc aller chez mon docteur pour chercher mon ordonnance entre deux gâteaux, avant midi si possible puisqu'il ne consulte pas l'après-midi et que de toute façon, je n'étais pas disponible...bref !

mon médecin, je l'adore. il est super gentil, il est drôle, il a une barbe de gaulois, et des chemises winnie l'ourson. je l'appelle le matin, il me fait une blague au téléphone et me dit de passer quand je veux pour l'ordonnance. je termine mon gâteau au chocolat, je me douche en vitesse, prends mes clics et mes claques, et je monte enfin dans la voiture. il est 10h45. soudain, je réalise : mon docteur est situé en plein centre ville, à deux minutes de Zara, 3 secondes de San marina. et aujourd'hui, ce sont les SOLDES ! et j'ai eu ma paye et je suis contente, sereine...je commence à paniquer : le monde en ville, les furies qui s'arrachent les robes, pas de places pour se garer etc...

je me concentre sur le médecin et mets le moteur en marche, tant pis, quand faut y aller, faut y aller, je me dis. et puis, avec un peu de chance, il y aura du monde dans la salle d'attente, je serai contrainte de ne faire que l'aller-retour vu que je suis pressée, que je ne peux pas faire les magasins !!

ouf ! une place de parking tout de suite et tout près de chez le doc : un bon point déjà, pas de stress. l'horodateur : j'ai pile un euro pour une heure. je paye. tout se passe étrangement bien. il y a même un rayon de soleil et je me fais draguer dans la rue par un gentil garçon. que j'éconduis délicatement bien sûr ! non mais ho !

j'arrive devant San marina, je trace sans trop regarder, poursuis mon chemin jusqu'à la porte d'entrée. je sonne, je monte les escaliers, il m'attend à la porte : la salle d'attente est totalement vide !!! il me fait la bise, on discute champix et mai 68. il me fait mon ordonnance et je repars le coeur léger. verdict : il me reste 3/4 d'heure de parking, ça serait vraiment dommaaaaaaaage de ne pas en profiter. après un tour à la pharmacie, consciencieuse que je suis, je me retrouve face à Zara. je jette un oeil à l'intérieur, persuadée de voir un carnage là-dedans. mais bizarrement, ça a l'air gérable. j'inspire, j'expire...je rentre !

je fais un tour rapide, les chaussures sont rangées n'importe comment. pourtant, je repère une paire de compensées qui me plaît bien. je regarde : un 39. j'essaie : trop grand. je re-regarde, il y a une horde de filles qui regardent aussi et se jettent sur la même paire que moi. mais j'attrape de justesse une chaussure en 38, juste une et je m'enfuis avec. je reviendrai chercher l'autre pied tout à l'heure. puis je décide de faire un tour dans le magasin. c'est le gros bazar.

je retrouve la robe que j'avais essayé en S il y a quelques temps mais qui était beaucoup trop grande pour moi. quand je vois, dans le même modèle, une jupe. j'attrape le S et m'enfuis eu deuxième étage. je regarde l'heure, j'ai encore 35 minutes. parfait. je farfouille un peu partout, j'attrape une blouse noire, XS. puis je file aux cabines d'essayage.

et voilà comment, en une demi-heure à peine, j'ai craqué pour une jupe et des compensées ! que je ne suis pas prête de porter vu le temps qu'il fait en lorraine ! mais tant pis, c'est pas grave, j'ai bien le droit de rêver qu'un jour il fera beau et que je pourrai porter tout ça !

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ah et sinon, ça craint pour les tailles : vous savez qu'ils ont tout rehaussé après avoir fait une étude sur les françaises ? donc je me galère avec ces nouvelles tailles puisque même le S est trop large à présent ! comment on fait quand on est maigrichonne ( sans le faire exprès en plus ), hein ?

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27 juin 2007

l'asthmatique...

pourquoi j'ai commencé à fumer ? il y a de ça 11 ans. onze longues années d'encrassage de poumons, une réelle drogue pour ceux qui en douteraient encore. on était dans un parking avec Dina et elle avait piqué une clope à sa mère pour qu'on essaie. Dina, elle était trop belle, avec ses cheveux de lionne toujours emmêlés et son regard de petit chat égaré. on avait 13 ans je crois. elle s'appelait d'ailleurs comme le chat d'alice au pays des merveilles.

Dina vivait seule avec sa mère. elle était libre. quand elle rentrait chez elle, elle restait toute seule longtemps. elle se faisait à manger et son appartement était chauffé par le sol ce qui donnait une sensation super agréable quand on marchait pieds nus. sa mère l'avait eu à 14 ans. Dina n'avait pas de père. et elle avait eu ses premières règles à 9 ans. ça l'avait fait rire. elle était un peu ronde. son visage était vraiment enfantin. elle devait partir l'année suivante. alors je passais du temps avec elle et Clotilde. on était le Club Des Trois, on s'était fabriqué une carte de club. c'était la classe totale.

mais Clotilde n'était pas venue dans le parking avec nous. elle était anti-tabac. pas nous. on était descendu au premier sous-sol avec la peur dans le ventre, la cigarette dans la main et le briquet dans la poche, on avait tout prévu. c'est elle qui l'avait allumé avant de me la passer. et puis, la première bouffée m'avait fait tousser comme un boeuf. mais j'avais continué. je ne voulais pas me dégonfler. on s'était dit qu'on le ferait ensemble. c'était notre pacte. alors on a fumé la cigarette à deux, en entier. des gens étaient passés dans l'escalier, on s'était tourné vers le mur de peur de les connaître. et puis, ensuite, on était remonté à la surface.

le monde. les gens, plus rien n'avait le même goût. on était devenu invincibles. on avait transgressé les ordres des adultes. ceux-là même qui nous disaient de ne pas fumer tout en tirant nerveusement sur leur tube de mort...on n'a pas recommencé cette année-là. Dina est partie vivre ailleurs, avec sa mère. la liberté est partie voir le monde. moi, je suis restée avec Clotilde qui était anti-tabac. et puis Clotilde aussi est partie. alors, triste comme une pierre, j'ai laissé tomber le Club Des Trois, j'étais seule. avec mes cigarettes...

Dina est revenue deux ou trois ans plus tard. elle était devenue anorexique. Clotilde avait réussi, elle était partie faire de la danse contemporaine. je l'ai revu régulièrement pendant plusieurs années avant de la perdre complètement. moi, j'étais restée seule ici, triste comme un caillou. avec mes cigarettes. et mon asthme...

cette nuit, j'ai repensé à Dina. pourquoi on avait commencé à fumer toutes les deux ? je ne sais pas. sans doute pour se donner un genre, parce qu'on était trop libre. c'était comme si tout nous était autorisé. on n'avait pas de parents, quasiment. les miens ne voyaient rien, la sienne travaillait trop pour se rendre compte. Dina était tellement belle, tellement libre, je l'ai suivie comme on suit son maître. elle m'apprenait. elle me montrait. ses cheveux, elle ne les coiffait pas, ma mère me forçait à me faire des nattes. Dina portait des jeans, ma mère me forçait à porter des jupes, je détestais ça. je voulais être comme Dina. je voulais être libre. toutes les trois, on était plus forte. quand elles sont parties tour à tour, je me suis sentie abandonnée. j'ai rencontré d'autres filles. qui fumaient comme des pompiers, couchaient avec des garçons, sortaient très tard le soir. alors j'ai commencé à fumer avec elles, pour me faire accepter, pour me sentir moins seule. mais je n'ai jamais oublié Dina et Clotilde.

cette nuit, j'avais perdu ma ventoline alors j'ai pensé à elles. j'étouffais dans mon lit et sans doute que je revoyais ma vie défiler devant mes yeux. et je me suis repassée mes meilleurs souvenirs. quand j'étais libre, quand j'étais pas asthmatique, accrochée à ma ventoline. quand j'étais dans ce parking et que j'ai fumé ma première cigarette avec elle. je n'oublie pas. ni Dina, ni Clotilde. je les aime encore...

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26 juin 2007

fatigue + stress = au bout du rouleau la prof...

depuis quelques semaines, à l'école, c'est devenu vraiment hardcore. le directeur est licencié à la fin de l'année : motifs "jamais là", ne fait pas son job...c'est hyper tendu donc. il arrive en faisant la gueule, parfois, je l'entends crier dans le bureau, bref, il est dégoûté et fout une ambiance de m***...enfin, quand il vient car depuis 2 semaines, il est aux abonnés absents. on fait sans lui, on se débrouille mais c'est pas évident. parce qu'une école sans direction, "c'est comme un jour sans pain", c'est nul.

j'ai dû gérer les examens toute seule et annoncer aussi à certains de mes collègues qu'on était en panne de directeur puisque la communication ne s'était pas faite. et puis, il a fallu que je me décide à m'assumer en tant que prof, avec des décisions à prendre et je sens venir des réclamations prochaines de parents d'élèves mécontents. pas évident avec mes 50 kilos toute mouillée et mon apparence de gamine. j'ai peur de me faire enguirlander sévère et de pas savoir quoi répondre même si dans ma tête, mon discours est tout préparé.

et puis, la paye tarde à arriver sur mon compte. et mon compte, il fait grave la gueule. à l'approche des soldes, c'est déprimant bien que je ne fasse jamais les soldes. ben non, j'ai peur de la foule ! alors me jeter dans la horde de furies pour tenter d'avoir un tee-shirt à moitié déchiqueté par ses mêmes nanas folles furieuses, très peu pour moi. cependant, j'aime bien avoir la possibilité de me dire que "si je veux, je peux y aller". et là, c'est pas la peine, je peux pas y aller.

tout ça pour dire que j'ai une peau de merde à cause du stress et de la fatigue. déjà, je suis cernée, mais gravissime. on dirait une morte vivante. je sais pas quoi faire. c'est laid.

et puis, j'ai hyper mal au dos et je peux pas aller à la piscine. je rêve d'un bon massage aux huiles essentielles ou d'un bon hammam. d'une heure de détente totale à me faire chouchouter par une gentille esthéticienne. je fantasme sur un bon soin du visage, avec des produits super méga tops qui me donnerait l'air d'avoir tout juste 6 mois. je pâme en pensant au coiffeur et à ses couleurs magiques qui te donnent l'air naturel tout en planquant tes vilains cheveux blancs.

j'ai envie d'une bonne manucure parce que j'ai même plus la force de me faire moi-même les ongles. et puis, tant qu'à faire, une pédicure aussi pour remettre mes chaussures ouvertes sans rougir de honte en regardant mes doigts de pied mal vernis.

j'ai envie qu'on s'occupe de moi, qu'on me redonne une image positive de moi. je cherche désespérément un bon institut où on m'accueillerait à bras ouverts pour me faire la totale : le ravalement de façade entier quoi.

parce que là, je ressemble plus à rien. le pire, c'est que je ne me maquille quasiment plus tellement je m'en tape de ressembler à une grosse daube. c'est simple, j'évite seulement tous les miroirs. et puis, on a ressorti les pulls et presque les bottes alors bon, pratique pour se planquer quoi.

en me relisant, j'ai juste envie de crier "au secours". aidez-moi, venez me sauver de la négligence ! et de la lose totale qui me submerge ces jours-ci !

EDIT : Argh ! Gasp ! je veux ça : docVI_1_
merci Gene ;-)

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24 juin 2007

playlist n°1 : Schubert

"la jeune fille et la mort" de F. Schubert

Schubert en a d'abord fait un lied magnifique dont voici les paroles :

La Jeune Fille

"Va-t'en, ah, va-t'en!

Disparais, odieux squelette!

Je suis encore jeune, disparais!

Et ne me touche pas! "

La Mort

"Donne-moi la main, douce et belle créature!

Je suis ton amie, tu n'as rien à craindre.

Laisse-toi faire! N'aie pas peur

Viens sagement dormir dans mes bras "

je me souviens  exactement de ce que j'avais ressenti à la découverte de ce lied puis du quatuor à cordes et de son fameux mouvement lent. je me suis replongée dedans hier. j'étais seule et la musique pénétrait en moi. j'étais avec schubert pour de bon. ce mouvement lent (andante con moto) est un thème et variation. les instruments se marient pour ne former qu'une seule et même entité qui vit, respire, se noie.

cette musique, c'est la passion, l'exaltation, la rage de vivre quand tout nous quitte. cette musique, c'est nous-même, notre miroir, notre âme. la mienne, la tienne. chaque fois que je la mets, j'ai beau la connaître, je la redécouvre, encore et toujours, elle parvient à me surprendre, à me donner chaque fois des frissons.

je ferme les yeux et je savoure ces quelques minutes de grand bonheur. un moment mystique, quasiment divin. j'avais envie de vous le faire partager. parce qu'il est pour moi indispensable de connaître cette oeuvre magnifique. chaque mouvement est parfait.

là, c'est un enregistrement du quatuor Amadeus que j'ai piqué à une copine il y a bien longtemps. il faut fermer les yeux et s'oublier pour écouter chaque son. le violoncelle est tout simplement merveilleux. même quand parfois, une note est un peu fausse...pourquoi ? parce qu'elle devient plus humaine encore, comme la voix se brise dans un sanglot.

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"tu m'as sauvée"

mardi dernier, au détour de la première sonate de Beethoven. j'adore ce premier mouvement qu'on ne m'a jamais donné à jouer. c'est dommage, je suis sûre que je l'aurais bien joué.

c'est une de mes élèves qui la joue. le premier mouvement pour être exacte. elle le joue pas mal. j'ai insisté sur le côté schizophrénique de ce mouvement. avec tous ces Fp et tous ses sF, ça ne peut se jouer autrement. moi j'aime ce côté violent et doux à la fois, comme une contradiction permanente et j'aime les contradictions. les paradoxes...

bref je discutais avec elle en fumant ma clope après son cours. elle était enthousiaste et réclamait encore des conseils. je crois bien qu'elle m'admire un peu. je crois qu'elle me respecte aussi. beaucoup. je l'ai rencontrée il y a deux ans, en arrivant à l'école.

à l'époque, elle avait 7 ans de piano dans les doigts mais rien de bien exaltant. elle s'ennuyait, se demandait même si elle allait continuer. les premiers mois, c'était difficile, pas intéressant. elle jouait des morceaux nases, mi-classiques, mi-varièt'. je ne voulais pas trop la brusquer, je la laissais choisir. c'était chiant, autant le dire.

et puis, un jour, je lui propose de jouer une valse de Chopin, pour changer. plus difficile, un vrai défi. elle écoute quand je lui joue, pas très impliquée. et puis elle accepte de la travailler, la mélodie lui plaît bien. 6 pages. jamais elle n'a joué un si long morceau. il lui a fallu du temps pour y parvenir. je lui ai fait jouer pour une audition, elle avait le trac et s'est un peu plantée. pourtant, elle pouvait la jouer, je le sentais, elle pouvait évoluer. mais le stress l'avait bouffée ce jour-là...

malgré cet échec, elle a commencé à se prendre au jeu. et on a commencé à travailler "pour de vrai" : du Chopin, du Beethoven, du Brahms. et musicalement, c'est devenu intéressant et plutôt mieux. je dis mieux car elle n'est pas encore au top évidemment. mais elle aime ça, vraiment. elle ne voudrait plus arrêter, pour rien au monde.

et c'est ce qu'elle m'a dit mardi dernier. on discutait, d'avant, de l'école, de ses anciens profs. elle me disait combien elle s'ennuyait avant mon arrivée. elle a baissé un peu les yeux parce que remercier, c'est toujours un peu gênant, surtout à 15 ans. elle était souriante et réclamait mes conseils. pour l'examen.

elle parlait et je l'écoutais. elle disait qu'elle n'avait pas le niveau jusqu'à ce que je débarque dans cette petite école et que tout à coup, elle s'était mise à aimer le piano. à l'aimer vraiment. à jouer pour le plaisir, lorsqu'elle avait du temps. sans se forcer. sans avoir l'impression de travailler. c'était devenu un plaisir, grâce à moi. je la regardais en souriant moi aussi. jamais on ne m'avait fait un compliment pareil, et dans la bouche d'une ado,...c'était touchant de sincérité.

j'avais fini ma cigarette et j'allais retourner travailler alors elle a terminé par cette phrase, avec plein de joie dans les yeux, elle m'a juste dit : "tu m'as sauvée". je l'ai regardée et j'ai ri parce que j'étais gênée. mais je me souviendrai de ses mots toute ma vie. et je suis retournée travailler le coeur léger avec ce formidable sentiment de devoir accompli...

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22 juin 2007

la flemme d'écrire

mais on me refile une chaîne. ça meublera en attendant que je retrouve mes facultés mentales !

sept choses sur moi ? ok, attention, ça risque d'être passionnant !

  1. je suis allergique à tous les fruits quasiment. à la manière de Blanche Neige, si je mange une pomme, je meurs. mais je doute que le prince charmant viendra pour me sauver !
  2. je me tape souvent des crises d'angoisse horribles quand je monte dans un bus bondé. je vous passe les détails mais c'est à cause de ça que j'ai voulu passer le permis. je ne supportais plus d'aller bosser en bus !
  3. j'ai cru au père noël jusqu'à l'âge de 10 ans. oui c'est honteux. je ne croyais même pas mes camarades d'école quand ils me disaient qu'il n'existait pas. je croyais qu'ils mentaient !
  4. je suis nostalgique du cagibi qu'il y avait chez ma grand-mère : c'était une petite pièce orange remplie de livres. je les escaladais pour m'asseoir tout en haut, sur une pile de polars et j'écrivais sur les murs ou je bouquinais. j'adorais cet endroit, j'y passais des heures, seule, à rêvasser. j'entendais la télé derrière et ma grand-mère et ma tante qui parlaient...c'était le bon temps.
  5. j'ai fait de la danse classique pendant très longtemps. ma prof de danse était tyrannique. une fois, elle m'a obligé à garder une pose pendant une heure, je devais avoir 8 ou 9 ans. je n'avais pas le droit de bouger. à la fin, je me suis fait pipi dessus et j'ai pleuré. je n'avais même pas osé demander la permission d'aller aux toilettes tellement j'avais peur qu'elle me hurle dessus que j'avais bougé. la honte ! j'en rougis encore...
  6. je regarde le destin de Lisa en douce, le matin quand je peux. c'est affreux mais c'est comme ça, je ne peux pas m'en empêcher. ou alors je mets en bruit de fond quand j'écris et je saute sur le canapé quand il se passe un truc intéressant. chacun ses vices !
  7. je suis une grosse feignasse : je ne fais jamais mon lit. ça me soûle et ça sert à rien. je repasse quasiment rien non plus sauf si ma robe a l'air d'avoir été mâchée, là, ok.

passionnant non ?

je la refile à personne parce que personne ne m'aime ! hihi.

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21 juin 2007

que faire ?

hier, c'était la journée des examens de solfège. je vous aurais bien raconté comment tout le monde m'a laissé tomber ce jour-là, comment j'étais écoeurée de me retrouver seule le matin à espérer voir arriver un prof pour faire partie du jury, comment on m'a envoyé en catastrophe un vieux monsieur au demeurant très sympathique mais terrifiant pour un enfant de 5 ans. mais ce sera pour une autre fois. lorsque toutes ses galères me feront rire. aujourd'hui, j'en pleurerais bien volontiers.

bref, tout se passe bien jusqu'à 16 heures, heure à laquelle mon groupe d'affreux feignants étaient convoqués pour faire ses preuves...hmm...c'est le groupe qui me pose le plus de problèmes depuis le début d'année. j'ai beau me défoncer à chaque cours pour qu'ils apprennent quelque chose, c'est mort de toute façon. ils s'en contrefoutent carrément, ils ne le cachent pas, le montrent même. mais hier, je vous assure qu'ils ne rigolaient pas.

l'examen se déroulait en deux parties : l'écrit avec une dictée (notes et rythmes à trouver) et une théorie (sur les deux leçons principales de l'année) puis l'oral avec un chant, une lecture de notes et une lecture de rythmes où j'avais bien mâché le travail. je me suis donnée du mal, je vous assure. je me suis creusée la tête pour écrire des exercices faciles, pour qu'ils aient tout de même une chance de réussir un peu.

chacun leur tour, ils sont passés devant le vieux monsieur et moi, un jury sympa, qui tentait de les aider quand ils se vautraient lamentablement sur les trucs qu'on avait travaillé toute l'année. avec en plus une sorte de total non respect, un je m'en foutisme évident. certains sont même partis en claquant la porte parce qu'ils n'étaient pas contents ! l'hallucination quoi.

les notes sont comprises pour la plupart entre 3/10 et 5/10. ce qui est particulièrement nul. surtout quand on pense que les petits, ceux du niveau d'en dessous qui n'ont que deux ans de solfège derrière eux ont assuré comme des bêtes avec des exercices plus difficiles !!!! j'étais complètement scotchée : par la nullité de ce groupe de 16h.

mon directeur n'était pas là. il s'est fait virer mais il serait censé finir l'année. bon. mais il m'a lâché pour les examens au dernier moment qui plus est, ce qui fait que je suis seule. seule à devoir décider du niveau pour passer à la classe supérieure. moi, je n'ai pas envie de les faire passer, étant donné leur manque de travail et ce qu'ils m'ont fait hier. ils ne le méritent pas. mais si je dois faire ainsi, je crois que seuls deux d'entre eux monteraient dans la classe supérieure. deux sur sept. c'est peu.

je ne sais absolument pas quoi faire. d'un côté, je sais qu'ils ne peuvent pas passer, ils n'ont pas le niveau. de l'autre, j'ai peur de me faire insulter par les parents d'élèves, pour qui mon travail n'est pas important, s'ils constatent que leurs gamins redoublent lamentablement. c'est moi la prof. prof dans une école de musique. ça implique l'indulgence et surtout, ne pas vouloir imiter le conservatoire. musique, loisir, tout ça tout ça. mais si je les laisse monter, ça serait comme les féliciter de m'avoir "craché" à la figure. parce qu'ils savent tous qu'ils n'ont pas bossé cette année.

c'est moi la prof, je suis seule pour décider. je dois m'imposer, je sais, je sais.

mais je suis terrorisée. j'aimerais me sentir soutenue. aiguillée. conseillée. je ne sais pas à qui demander de l'aide étant donné que mon directeur fait le mort. je sens qu'on ne le reverra plus. alors je suis perdue...

EDIT : après relecture des copies et des commentaires notés pendant l'oral, j'ai pris ma décision en toute bonne conscience : 3 redoublent avec une moyenne globale en dessous de 5/10. voilà, je suis prête à l'assumer. la suite demain :-)

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19 juin 2007

la caution

ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de hip hop. qui plus est français, un groupe dont je suis absolument fan, à la limite de l'hystérie.

l'histoire veut que nous avons eu du mal, beaucoup de mal à les voir en concert. d'abord, il y a eu le festival de Dour l'année dernière : au mois de juillet, ils devaient passer à 3h00 du matin sous un chapiteau en Belgique. autant dire que nous avons fait le voyage pour eux, juste pour les voir. et puis, à cause de Booba (ce plouc qui est nullissime), ça ne s'est pas fait. avant ça, on les avait loupé je ne sais plus où, faute d'avoir été mis au courant de leur venue. on a fait des kilomètres pour chaque fois les manquer. dégoûtés.

et puis, en septembre 2006, je rate mon permis. et le soir même, nous voici débarqués à Metz pour enfin les voir en concert. un grand moment, une pure tuerie. dans une toute petite salle, les deux frères NikkFurie et Hi-tekk mettent le feu toute la soirée. je n'ai jamais autant hurlé que ce soir-là, je me suis éclatée, j'ai transpiré à force de sautiller comme une folle. je me suis même payée le culot d'aller leur parler après le concert, non sans avoir hésité longtemps et les avoir mitraillés discrètement avec mon téléphone portable pour avoir un vrai souvenir !

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la Caution, c'est d'abord ce double cd trop trop bon, pour moi, une révélation. je crois qu'il est chez nous depuis 2 ans et que je ne me lasse pas de l'écouter à fond en essayant de raper leurs textes avec eux. je m'y croirais presque bien que parfois, ça ressemble à du yaourt. les instrus, les textes, leur voix, tout est trop trop bon.

mais avant ça, évidemment, ils ont fait plein d'autres trucs : l'armée des douze avec TTC par exemple, j'adore. surtout la chanson Hélium liquide qui me fait littéralement planer. et puis, Asphalte Hurlante, leur premier disque en 2001.

ils se veulent des "métaphores de l'urbanisme" et je pense que ça se sent. dans leur double album "peine de maure et arc en ciel pour daltoniens", il y a une vraie vision du monde et plus particulièrement de la banlieue. mais leurs textes ne ressemblent aucunement à ce qu'on peut entendre sur les ondes. non, ce sont de vrais textes, génialissimes. ça te prend aux tripes et ne te lâchent plus.

évidemment, c'est du hip hop, c'est la banlieue, ça sonne comme un cliché, ça ne l'est pourtant tellement pas. leur plus célèbre chanson reste "Thé à la menthe" puisqu'elle a été choisie par Steven Soderbergh pour son film "ocean's 12", rien que ça. et ce sont eux qui ont fait la BO de Sheitan.

La caution, c'est une révélation auditive, sensorielle, un élan qui pousse à se dépasser. chaque fois que je les écoute, je suis surprise, toujours, même après autant d'écoutes. ça reste en moi, ça martèle à l'intérieur. La caution, c'est ça :

« Thé à la menthe »

NIKKFURIE :

Jeune, j’ai souvenir d’une « Mme Nicole »
instit’ qui pensait qu’un Bougnoule n’était pas fait pour l’école !
J’portais un velours troué, des bottes rouges en plastique,
une cagoule en laine, un chandail ou des « Play-Basket ».
Le coiffeur ne savait même pas encore que j’existais !
Mais , soit sûr que le 1er qui nous a vus s’est désisté !
Pourtant jeune et innocent, la morve au nez sans Kleenex,
on squatte le bac à sable avec nos « Shabs » et nos idées
afin de faire du vandalisme même sans le savoir !
Nos parents n’ont pas donc on erre sans avoir !
D’après nos voisins, de gros racistes, je le précise,
nous étions mal élevés et leurs bergers allemands mieux dressés !
Moi, j’y crois pas , d’ailleurs j’y ai jamais cru
car , parental est le seul amour que j’ai jamais eu !
Donc pour pas se véner, ce qui me met à l’amende :
les vertus du « Naanaa » donc du thé à la menthe !

HI-TEKK :

1ère époque bidonville, ambiance clandestine dans un bar à Barbès :
thé à la menthe, couscous et tagines à la carte.
Plus de scopitones pour Mouloud et Saïd AbdAllah.
Avec un sale accent, pas de salamaleks me dit Hassan l’athlète
originaires d’Algérie , d’Hollywood à Tamanrasset.
Plus de thé à la menthe, juste des palabres amères !
Comme un malade mental, j’ai mal à la tête, je cavale en
stan-smith adidas, jean 501, ça va j’m’en tape !
Ici c’est v’là l’attentat, pour quelques douzes de plus, y a des
carnages dans l’air.
Cette France me désintègre : on classe l’Arabe comme un barbare bancal !
Nique la culture du barbecue, du steak et des fast-foods !
Au bled , c’est la djellaba et les sandales, d’Oujda à Casablanca,
c’est banal en bas de la tess, je m’emmerde et je pèse que dalle.
Ça se balafre en bas de mon hall, ma peine et ma joie se confondent,
et c’est tout ce qui reste de notre héritage culturel !

NIKKFURIE :

Une adolescence « Nastase et 501, Pento, cassette de funk et le daron en 505 ».
Mais vint le mot « Problème » avec un grand P,
face auquel tout le monde a tremblé ou trempé !
Après l’innocence, le pessimisme s’est ancré,
devant l’incandescence, le droit chemin s’est cambré !
Je lui ai tendu la main et le bonheur m’a crampé,
genre « seul l’argent et l’honneur peut me rendre vrai » !
Mais ici, on peut t ‘accuser de choses que si t’avais fait : tu te pendrais !
Il leur faut un arabe, un noir, c’que tu veux , bref du concret !
On a eu la chance de ne jamais se prendre au sérieux…
Côtoyer le vice sans jamais faire le saut périlleux.
Modelant notre vie loin du saut de l’ange…
A l’école , nous, vautours, contre l’albatros de Baudelaire !
On s’est retrouvé dans le rap contre toute réelle attente…
La recette : Sampler, stylo et thé à la menthe !

leur site : http://www.la-caution.net/index_bis.html#lacaution

vivement le prochain concert !

Posté par annaellee à 10:12 - eclectique musique - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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