10 avril 2007
la belle et la bête
tout commence par ce bruit terrible : BZZZZZZzzzzz. fort, dans l'appartement. immédiatement, je commence à paniquer, à prier pour que ça ne soit pas ce que je crois. j'ai un sac poubelle à la main, j'avais décidé de faire un peu de rangement. je tourne dans la pièce et l'aperçois, là, à la fenêtre, à côté de la poupette qui l'observe sans oser l'approcher.
la bête. immonde, énorme, là, dans le salon. et ce bruit infâme...et les chats qui la guettent, inconscients du danger.
mon coeur s'emballe et mes pensées cognent, incohérentes, mes jambes tremblent et se dérobent sous moi. la première chose à faire : protéger les chats, les emmener loin, à l'abri. je les attire dans la chambre par une ruse, eux qui, prêts à bondir sur la bête, voulaient certainement se la faire pour me protéger. j'ai peur pour eux, je les enferme puis reviens à la charge.
elle est là, sur la vitre. ce doit être un frelon ou quelque chose dans ce genre. elle cherche à sortir mais ne fait que se heurter à la paroi transparente. horreur ! la vitre est fermée, je n'ose pas m'approcher pour l'ouvrir, j'ai trop peur. je cherche désespérément une solution adéquate : appeler mon homme pour qu'il rentre du boulot immédiatement ? téléphoner à mon père pour qu'il vienne à mon secours ? sonner chez les voisins pour les convaincre de me venir en aide ? rien ne me parait raisonnable, m'enfin, je ne suis qu'une pauvre et faible femme ! et la bête est trop grosse !
la sueur commence à recouvrir mon corps entier. je m'avance, doucement, essaie d'allonger mes bras comme l'inspecteur gadget, afin d'ouvrir cette putain de fenêtre ! mais je n'ai pas de supers pouvoirs !
je cours à la cuisine et m'arme d'un cintre qui passait par là. je me rends compte alors du ridicule de la situation, lâche le cintre qui ne me sera d'aucun secours et cherche ma converse spéciale tueuse de mouches. je m'approche du monstre, tremblante, en chouinant. je sens qu'il ne faudrait pas grand chose pour que je me mette à pleurer. j'approche la précieuse godasse quand je me rends compte que l'immonde bête est bien plus grande que celle-ci ! que faire ? j'en viens à prier intérieurement pour mon salut.
je me dis "un torchon ! vite !" et fonce en chercher un, le plus grand possible afin de laisser une distance raisonnable entre le frelon et moi. il continue son vacarme en escaladant connement la vitre. "tain ! quel con mais quel con !". je brandis le chiffon et fais mine de le balancer de gauche à droite pour chasser l'indésirable, le pervers, le méchant ! mais je ne peux me résoudre à m'approcher assez près pour le toucher !
c'est sûr, j'en suis maintenant persuadée, je vais aller rejoindre mes chats dans la chambre et attendre la mort là-bas, avec eux, réfugiée dans mon bunker. je tremble comme une feuille. je pleure carrément à présent !
soudain ! l'ignoble bestiole commence à voler vers moi, menaçante. je ne peux retenir un long hurlement strident qui a dû effrayer mon voisin ! je me dis que s'il m'a entendu, il va voler à mon secours ! tu parles ! rien, que dalle ! je cours à la salle de bain et me cache derrière la porte ! j'entends mes chats qui miaulent derrière la porte close. je passe la tête et regarde si le monstre est toujours là quand je le vois surgir là, à 15 mètres de moi ! je hurle une seconde fois et claque la porte derrière moi ! "mon dieu, que vais-je devenir ?!"
puis, je me rappelle de mon brumisateur. oui, ce n'est pas l'insecticide tant espéré mais ce sera toujours mieux que rien. j'empoigne un parapluie pour me défendre et fonce dans ma chambre, prenant bien soin d'écarter mes chats, tapis derrière la porte. je prends le brumisateur et retourne affronter la bête, au péril de ma vie. il est là, sur la fenêtre, tout près de la sortie. mais il ne la trouve pas. je le vois qui gigote, je l'entends qui gémit. "quel con, mais quel con !". je tremble, je pleure, je supplie. mais il me faudra du courage ! je m'approche, lentement, doucement. je ne produis aucun son, ne fait aucun geste brusque pour ne pas me faire remarquer. je dois être à 2 mètres. j'arme le brumisateur et, doucement, délicatement, envoie une petite giclée d'eau sur la bête, espérant que ça la poussera vers l'extérieur. "va dans l'métro Satanas !". elle ne bronche pas. "merde". je m'approche un peu plus près, retenant mon souffle, prête à l'assommer avec mon parapluie si elle décide de foncer sur moi...je pulvérise une puis deux fois. je la vois qui ouvre ses ailes gigantesques et...
ça y est ! elle est partie !
veni vidi vici !!
my god ! que de sensations fortes !
évidemment, depuis, toutes les fenêtres sont closes ! jusqu'à ce que mon homme rentre du boulot ! hors de questions que je revive un tel traumatisme !!!
Commentaires
MDR ! Quelle aventure !
tu m'étonnes ! j'en tremble rien que d'y repenser !
ah ah ah on dirait moi. N'empeche, ton coup du brumisateur la, ca me fait penser que ce serait pas si con d'acheter une bombe lacrymo pour neutraliser ces sales betes. Oh ben c'est sur que j'aurais l'air ridicule. Mais ca fait longtemps que je suis passe au dessus de ca !
une lacrymo? je serais bien capable de me balancer la sauce dans les yeux !! huhu !
pis tu sais, paraît que le ridicule ne tue pas alors !
pas de scrupules et vive l'insecticide !
Brrrrrr
J'ai tremblé en lisant ça, je suis pas la seule à avoir une peur bleue de ces bestioles du diable. Ca m'est arrivée l'été dernier, un immonde frelon, mais moi je suis allée chercher le voisin. C'était ça ou l'attaque cardiaque. Et depuis, quand je suis seule je n'ouvre jamais les fenêtres !
huhu !
ça me rassure de voir que je suis pas la seule trouillarde ! j'ai vraiment pensé à aller sonner chez les voisins en tout cas. et là, les fenêtres sont fermées...
n'empêche, il paraît qu'il y en a vraiment plus qu'avant ! les boules !!!
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