31 mars 2007
...
il y a une élève pour qui j'ai beaucoup d'affection. oui, je sais, je devrais pas, mais je suis humaine et j'ai mes préférences. c'est donc une de mes élèves préférées. elle est gentille, elle travaille bien et il nous arrive de rire ensemble. elle a 14 ou 15 ans, je ne sais plus très bien...
il y a dans ses yeux beaucoup de tristesse parfois. elle a dans ses mots parfois beaucoup de réalité. je pense à elle souvent et j'ai de la peine pour elle.
elle veut devenir professeur de musique. moi, je l'encourage forcément. parce que c'est le plus beau métier du monde n'est-ce pas. elle travaille son piano tellement bien qu'elle a gagné trois ou quatre années en un an seulement. elle est motivée et elle s'amuse même à composer des chansons d'amour. ben oui, elle a 15 ans, elle est fleur bleue. mais dans ses textes, il y a toujours un ange dans le ciel ou une ombre qui guette. ça n'est jamais tout rose.
elle a un joli piano et des disques de Lara F. posés dessus. oui, personne n'est parfait, Lara, elle trouve qu'elle chante bien. que voulez-vous, elle a l'excuse de la jeunesse. parfois, elle apprend à jouer une de ses chansons et elle s'amuse à s'enregistrer. parce qu'elle hésite quand même à faire une carrière de chanteuse. la vie est pleine de promesses et de surprises alors elle prévoit deux alternatives possibles : chanteuse comme Lara, ou prof de musique, comme moi...
elle est blonde et elle a les yeux marrons ou verts, je ne sais plus très bien. elle est un peu rondelette, elle fait un complexe alors qu'elle est mignonne comme tout. cependant, vous savez comme moi qu'il est difficile d'être adolescent et de s'accepter tel qu'on est à cet âge. et puis, ses gentils camarades lui mènent parfois la vie dure. elle trouve ses cheveux trop plats, elle se trouve des bourrelets partout. mais enfin, elle s'assume tout de même plutôt bien. elle se fait des mèches pour se donner un peu plus de volume.
elle habite un appartement en ville, avec ses parents qui l'aiment et qu'elle aime aussi, même si parfois, elle s'en défend. elle joue la rébellion, parce que c'est de son âge et que ça fait du bien de s'opposer un peu. mais elle est toujours gentille avec eux, elle se moque parfois un peu parce qu'elle les trouve parfois un peu vieux jeu. c'est normal, c'est le conflit des générations. elle leur montre quand même comment se servir de l'ordinateur et elle les écoute lorsqu'ils lui parlent. elle ne claque pas les portes, elle n'écoute pas de hard rock et elle ne s'habille pas gothique.
elle a deux soeurs tout aussi gentilles, mariées et salariées. ensemble, ils forment une famille unie et aimante. ils se sont toujours montrés accueillants avec moi, ne m'ont jamais traité comme une domestique, contrairement à d'autres qui ne se gênent pas pour me rappeler que je suis à leur service.
ces gens, je les aime beaucoup.
et comme la vie est injuste, comme elle peut se montrer chienne parfois, avec un total manque de discernement, comme elle peut se montrer dure et froide, elle est en train de prendre le père. lentement, l'aspirant tristement vers sa fin. en fait, ce n'est pas la vie qui est injuste, non, c'est la mort qui frappe au hasard, lorsque je connais des gens si moches, si méchants, cette mort ignoble préfère un père de famille aimé et aimant plutôt qu'un sale mec qui traîne dans la rue et qui nous a fait tant de mal.
le cancer le ronge, de l'intérieur, de plus en plus fort. il résiste, vaillant face à la mort mais je l'imagine aujourd'hui, à l'hôpital, seul, face à ce savoir. je peux presque deviner son visage meurtri et pâle et sa femme à son chevet et je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de pleurer et de crier. je sais combien mon élève en est touchée, marquée. et combien elle reste forte face aux autres et garde sur elle son incroyable sourire.
je l'admire. je n'aurais jamais pu faire face à tout ceci. je me serais laissée aller. chaque fois, j'ai envie de lui dire que si elle a besoin, je suis là. mais chaque fois, mes mots s'arrêtent avant de sortir car je ne sais pas si je pourrai lui apporter de l'aide. je la trouve tellement courageuse. tellement forte.
j'avais juste envie d'en parler. je sais que ce n'est pas un sujet très gai. mais depuis quelques jours, je pense souvent à cette famille. trop peut-être.
la vie est une chienne.
30 mars 2007
du sang, des tripes et des boyaux !!
scusez ma véhémence ce matin mais y a vraiment des cons sur terre ! je suis outrée ! que dis-je, choquée !
hier soir, après une journée de dur labeur, je rentre et décide de me vautrer lamentablement devant Envoyé Spécial. oui j'aime cette émission, parce qu'elle me permet de découvrir des tas de choses et j'ai l'impression qu'elle me culture un peu également.
après un reportage particulièrement édifiant sur les camps de concentration disciplinaires pour adolescents aux USA, voilà un reportage sur les coqueleux.
mais un coqueleux, qu'est-ce que c'est?
et bien c'est un monsieur sympathique qui élève des coqs. rien de bien anormal me direz-vous. oui mais, il les élève dans le but de les emmener à la mort : il les prépare aux combats de coqs !
dans mon imaginaire fantaisiste, je pensais que le combat de coqs n'était qu'une vue de l'esprit, une bataille d'égo, une expression dénuée de réalité. un peu comme quand on dit "qui dort dîne", qui vient de l'ancien temps et veut dire que ceux qui veulent dormir à l'auberge doivent dîner aussi, histoire que les ténardiers se fassent un max de pécule ! et non pas: si je dors, c'est comme si je mangeais un bon repas, ça va me nourrir spirituellement. je pensais qu'il était de même pour les combats de coqs....
et bien non, chers lecteurs, le combat de coqs existe bel et bien et fait toujours fureur le dimanche après-midi dans nos lointaines contrées du nord.
le coqueleux élève donc ses bêtes de manière à les rendre les plus agressives possibles : pas trop de lumière, ça les excite, une bonne nourriture, une protection pour les griffes, comme de petits gants de boxe. et le meilleur pour la fin : on lui coupe sa crête au pauvre coq ! pour que l'adversaire ne puisse pas l'attraper par là !
ce que le coqueleux veut : en faire un parfait sérail killer et assurer aussi une descendance de même type.
le dimanche après-midi, après la messe très certainement, c'est important, le coqueleux prend son coq sous le bras et se dirige dans l'arrière salle d'un café où seront organisés les combats du jour. il prépare son combattant en lui posant des sortes d'aiguille sur les pattes ou je ne sais où, afin que l'adversaire puisse s'en prendre plein la gueule et mourir dans d'atroces souffrances. bien sûr, celui d'en face fait pareil avec son coq. pendant ce temps-là, le public fait des paris, c'est autorisé. oui oui, là, on a le droit parce que c'est un jeu rigolo quoi.
après, on envoie son petit coq dans l'arène et c'est parti. les bêtes s'entre-tuent sous les yeux attentifs des éleveurs, émus, qui gueulent pour les énerver encore plus, histoire que ce soit le plus sanglant possible. d'ailleurs, pendant le reportage, un des gars a dit au journaliste qu'un coqueleux doit aimer le sang sinon, "c'est pô un bon coqueleux" !
les paris terminés, les coqs tués, chacun rentre chez soi le coeur léger...en attendant le prochain combat...
le journaliste qui ne comprenait pas trop toute cette barbarie a bien entendu été insulté et menacé par bon nombre de parieurs. ce milieu est composé de gens fort sympathiques, rappelons-le.
je ne vois pas bien la différence entre les combats de coqs et ceux des chiens qui sont interdits depuis bien longtemps. c'est comme la corrida. ignoble. le sang, l'argent...cette coutume remonte au premier siècle avant J.C, elle a été apportée par les romains et apparemment, elle fait rage dans le Nord surtout.
moi je dis, pourquoi ne pas réhabiliter les combats de gladiateurs ? avec comme combattants coqueleux VS toreros.
DU SANG, DES TRIPES ET DES BOYAUX ! qu'on rigole aussi quoi !
29 mars 2007
superficielle, moi?
il y a des clichés qui semblent persister chez quelques uns. notamment, au sujet des filles qui aiment les fringues. pourquoi? je me le demande puisque chacun est libre (enfin, pour le moment encore) de faire ce qui lui plaît du moment que ça reste dans la légalité, bien sûr.
hier, je lisais Deedee, comme à mon habitude et je découvrais avec stupeur certains commentaires d'autres internautes. deedee parlait d'une paire de chaussures absolument superbes qu'elle rêve de trouver. oui c'est un sujet léger. oui il y a des choses plus graves dans l'existence et ce n'est pas parce que j'ai 17 paires de chaussures que je ne le sais pas.
bien au contraire.
est-ce que parce que des tas de gens souffrent, on n'a pas le droit d'aimer la mode et les chaussures? est-ce que si les filles cessaient d'acheter des fringues la misère disparaîtrait de la terre à jamais?
je peux être parfois complètement frivole, preuve en est, j'attends une commande de vêtements d'un jour à l'autre. parfois, j'ai un peu honte de dépenser autant d'argent pour la sape. et puis, à d'autres moments, je me dis que cet argent je le gagne, et que j'ai bien le droit de me faire plaisir avec, je ne vole personne. et je fais des cadeaux aux gens que j'aime aussi. il m'arrive de donner aux gens dans la rue. il m'arrive de penser à toute cette souffrance en me rendant bien compte que je suis privilégiée. je ne suis pas que superficielle, je réfléchis aux choses graves aussi.
mais j'ai décidé de profiter aussi de cette vie qui m'est offerte. je n'ai pas d'enfants pour le moment, pas de sacrifices à faire.
et toutes mes chaussures ne font pas de moi une conne sans cervelle.
tout ça pour dire que j'adore les chaussures que Deedee cherche. et que si elle les trouve, qu'elle me donne l'adresse :)
28 mars 2007
intuition et rhume carabiné
y a des jours comme ça où, je ne sais pas pourquoi, j'ai des pressentiments qui avèrent vraiment justes. depuis quelques jours, je suis bien malade, H.S, explosée, mon nez ressemble à une grosse patate, vous savez, les rouges qu'on utilise pour je sais plus quel plat de patates. mes yeux sont vitreux, j'ai la bouche sèche, je ronfle et j'ai mal au bide. bref, un véritable sex symbole. évidemment, c'est depuis que je suis malade qu'il fait super beau dehors. évidemment.
ce matin, je me décide à affronter la torture suprême : la salle d'attente de mon médecin. j'ai horreur de ça. déjà, il y a toujours 10 personnes avant moi parce que je suis du genre à arriver tard. forcément puisque j'aime pas ça. ensuite, c'est un nid à microbes, ben oui, normal. et puis, il faut dire bonjour à tout le monde alors que je suis malpolie en tant normal. après, tu trouves un siège, il grince, les gens te regardent. si t'éternues, les gens s'écartent discrètement. eux, ils toussent. ou ils n'ont pas l'air tellement malades. pour te donner une contenance, tu tu prends un voici qui date de l'année dernière et c'est là que tu comprends tout ce que tu as loupé comme potins mondains.
mon médecin, il est cool, je l'aime bien. pis il est rigolo. ça change des éternels docteurs qui font la gueule parce qu'ils en ont marre de voir que des gens malades. donc, le mien, je l'ai trouvée, je le lâche plus. il porte des chemises Winnie l'ourson, des vieux pantalons en velours, il a une vieille barbe mal rasée, et il a toujours un mot gentil ou une petite blague pour détendre l'atmosphère. parfois, il s'installe dans la salle d'attente avec ses patients et se met "en grève". il me fait mourir de rire. il parle fort, il chante. et puis, il me fait la bise au lieu de m'écrabouiller la main en me la serrant.
ce matin, je me force à me bouger après avoir passé une quarantaine de coup de fil pour prévenir tous les élèves. je prends ma douche puis ma voiture, je sors, je roule tant bien que mal en reniflant, je me gare, ouf ! pas de créneau à tenter et j'y vais. je baisse la tête dans la rue à cause de ma tête de clown. tout se passe bien mais je sais pas pourquoi depuis tout à l'heure, j'ai un sale pressentiment. je rentre dans le hall d'entrée, je grimpe les deux étages, j'arrive en haut à l'agonie et je lève la tête. et là ! une petite pancarte sur la porte disant que mon docteur chéri n'est pas là et qu'il faut s'adresser à deux de ses confrères pendant son absence. je le savais !! j'en étais sûre...
je repars. je suis carrément prête à rentrer chez moi, tant pis. puis je me ravise. il me faut quand même un arrêt de travail et des médicaments ! donc je file vers le cabinet du docteur indiqué sur le papier.
j'arrive après 5 minutes de marche, passant devant Zara et Sephora, sans même l'envie d'y rentrer. c'est que je dois être vraiment malade !! et là, j'entre dans un immeuble froid, murs noirs et grisâtres, ascenseur en panne. après avoir tourné dans les couloirs sans fin, j'entre dans la salle d'attente. pas un chat ! quel bonheur ! le docteur arrive, me broie la main pour me dire bonjour. puis en rigolant me demande si je suis mourante. ahahah docteur, non, je suis juste à l'agonie !
bref, il m'ausculte, normal. me prescrit des médocs, normal. essaie de faire passer ma carte vitale qui ne marche pas, normal. et me fait un arrêt juste pour aujourd'hui, normal. froid, chemise proprette, pas de mickey, des photos de vacances sur son bureau fonctionnel, une souris high tech...bref, docteur typiquement médecin. pas l'ombre d'une petite plaisanterie. je le vois juste tiquer à l'annonce de mon poids et je me fais engueuler parce que je me fais craquer les cervicales...
"ça fera 21€." ok doc.
pas aimable. pas rigolo. j'aime pas être malade. en plus je le savais que mon docteur chouchou serait absent.
je veux Doug Ross la prochaine fois !!!!
27 mars 2007
juste une envie
une image dans ma tête, quand j'étais devant ma télévision hier, l'envie de la dessiner, de la mettre sur du papier, de me faire plaisir. juste cette envie qui grandit au fond de moi, cette image qui me hante depuis longtemps et qui devient de plus en plus réelle, de plus en plus accessible.
pas demain, non, ni la semaine prochaine, pas tout de suite, non, mais bientôt, un jour, je sais. je sens que c'est possible et réalisable. je sens que l'envie est née dans nos deux esprits, dans mon corps aussi. peut-être pas demain, ni après-demain. il faut attendre encore, d'être prêts, d'être bien, d'être sûrs.
il y avait la télévision en bruit de fond et la douceur de cette soirée. le soleil s'était couché tard, la vie s'écoulait lentement. je pensais à samedi, à cet ami qui vit cela en ce moment et j'imaginais le bonheur. j'imaginais leurs vies à présent. j'imaginais notre futur, comme ça, pour le plaisir de rêvasser.
j'ai toujours aimé rêvasser, imaginer ce que sera ma vie, je le fais depuis longtemps, fantasmer, créer. les images dans ma tête, celle-là en particulier me fait du bien, me repose.
bref...

ça n'est peut-être pas super beau, ni super réaliste. pour l'instant je ne peux qu'imaginer, je ne peux que me représenter. mais j'ai adoré dessiner ça hier soir...
26 mars 2007
conforama ou le supplice du mode d'emploi
samedi : coup de téléphone d'une vendeuse très aimable* pour m'informer que le meuble commandé deux semaines auparavant m'attend gentiment au dépôt du magasin.
deux heures plus tard, voilà qu'on monte le carton d'une tonne jusqu'en haut des trois étages. mon dos est tué, le sien, fracassé mais on survivra je ne sais comment à ce labeur!
le lendemain, contents et pressés, nous voici devant le dessin très précis* expliquant comment et avec quoi monter notre nouvelle commode. elle va être trop belle, on se dépêche de déballer clous, vis et autres marteaux et colle à bois et nous voilà à quatre pattes par terre en train de construire les 15 tiroirs de ladite commode !

sur la notice, il est écrit qu'à deux, on mettra une heure et demie, et encore ! les doigts dans le nez !

les 15 tiroirs collés, vissés, assemblés, nous nous attaquons, non sans enthousiasme, à la structure du meuble. les dessins n'étant pas très clairs, forcément ! et n'ayant pas d'autres explications, nous nous concentrons ardemment pour trouver les sens et les bons trous, les bonnes vis, les clous etc...y en a partout, les chats s'en donnent à coeur joie et jouent au foot avec ce qui devraient nous servir à maintenir le meuble droit, il faut ruser pour les récupérer, fonder des stratagèmes pour détourner leur attention.
quatre heures plus tard, nous y voilà, les pièces sont assemblées et il va nous falloir fixer les tiroirs aux machins en ferraille coulissants. et là, c'est le drame ! au bout de quelques minutes à essayer vainement de les visser, on se rend compte que certains des machins coulissants sont montés à l'envers !!! il nous faut dévisser, revisser, essayer de ne pas devenir fous. finalement, on y parvient. et on recommence l'opération "montage des tiroirs dans le meuble".

"tiens, c'est bizarre, celui-là ferme mal !
-ben tant pis, on fermera comme ça...
-nan mais laisse tomber, y a un jour quand tu fermes le tiroir-là !
-mais c'est quoi ce bordel? t'as le mode d'emploi? montre moi !
-oh c'est pas vrai ! taaaaaiiiiiiiiiin ! on a monté les trucs à l'envers ! faut tout enlever et recommencer !
-c'est pas possible ! noooooooooooooooon ! taaaaaiiiiiiiin, ils auraient pas pu mettre un truc genre "attention, il y a un sens à respecter ?! je suis dééééééééég !!!!!"
su ce, on a lâché l'affaire pour la soirée, trop crevés, trop tard.
ce matin, mon homme part au boulot, laissant le meuble en vrac au salon. je me lève, fiévreuse et dans un accès de délire, je me dis que je vais le faire ! oui, je peux le faire, je suis une femme forte ! et je l'ai fait !!!! j'ai tout démonté, dévissé, j'ai réfléchis au sens, je me suis mise en situation "si j'étais cette commode, comment je ferais tenir mes tiroirs" et j'ai tout remonté, revissé, recloué. et vous savez quoi? j'ai réussi !!!

fière de tout cela, j'ai passé la journée à réaménager mon salon : au programme, bougeage de meubles et passage d'aspirateur dans des endroits jusqu'alors, vierges de toute aspiration ! et là, je suis trop fière de moi !
mais complètement H.S aussi :)
mais c'est beau maintenant, avec le soleil et tout, je peux mourir tranquille, euh...pardon, dormir tranquille !!!
*j'rigole !
24 mars 2007
écrire
écrire a toujours été une occupation majeure dans ma petite vie. écrire pour garder une trace mais aussi pour coucher sur le papier mes mots et parfois même quelques maux.
écrire, sans talent peut-être mais écrire pour le plaisir...
depuis que j'ai commencé ce blog, je retrouve ce plaisir. chaque jour, devant l'écran, partager avec ceux qui voudront bien lire. les mots sortent tout seul, je n'ai pas besoin de me forcer. plus j'écris, plus j'ai envie d'écrire. et même si ça ne servait à rien, tant pis, je crois bien que je continuerais quand même.
chez moi, il y a des tas de cartons remplis de mes feuilles d'adolescente. je les relis parfois, comme hier soir, car je cherchais de quoi alimenter ma rubrique "textes". je les relis et je me revois à 18 ans. et la douleur que j'éprouvais et que je mettais sur le papier à carreaux, tout ça, je m'en rappelle bien. et je suis contente car je n'ai plus mal. écrire donc, a été une sorte de thérapie lorsque j'étais adolescente et broyée par mes sentiments destructeurs.
comment se passer des mots lorsqu'ils sont en constant remue-ménage dans sa tête? je ne peux pas me résigner à cesser de penser, de réfléchir. il faut bien que tout ça m'amène à écrire. sinon, je deviendrais peut-être folle. ou du moins, très certainement frustrée.
parfois, j'écris des choses érotiques aussi. est-ce que j'en ai honte, non. pas plus que ça. devrais-je les cacher, je ne sais pas vraiment.
j'ai retrouvé mes poèmes d'enfant. je les ai trouvés pas si mal pour une gamine de 14 ans. je cherchais des rimes, j'écrivais sur le diable. devrais-je brûler tous ces papiers? ils font tellement partie de ce que j'étais et du même coup, de ce que je suis devenue.
je suis quand même parfois déçue, de ne pas parvenir à terminer ce que j'ai commencé, car je ne saurais certainement jamais où ça m'aurait emmené. je ne dis pas que ça aurait été intéressant. je dis juste que je me serais sentie fière d'avoir pu finir tous les romans que j'ai commencé. je suis comme la symphonie inachevée. ben oui, inachevée.
parfois, je me demande pourquoi j'écris. puisque j'ai la sensation que je n'écris pas bien, que je ne sais exprimer exactement ce que je ressens. parce que mes mots sont vains. que personne vraiment ne les lira jamais. excepté peut-être ici, mais encore ici, je me demande. bref.
j'écris juste pour moi, égoïstement. et parfois, quelques mots des gens qui me lisent me touchent, me font du bien et m'encouragent. car après tout, lorsqu'on écrit, c'est bien pour être lu. non?
voilà. j'avais envie de l'écrire. car si j'écris ici, c'est bien pour vous. mais aussi pour moi. pour ne pas m'oublier. pour ne pas effacer ces moments de ma mémoire. pour garder ma trace. pour exister. pour me sentir vivre.
j'écris pour me sentir vivante...
non, je ne prends pas pour Rimbaud mais c'est bien à cause de lui que j'ai eu envie d'écrire...
23 mars 2007
Martha pour le sidaction
une initiative positive dans ce monde cruel, c'est rare, en tout cas, assez pour le souligner.
bien souvent, lorsqu'on pense à des musiciens pour certaines oeuvres humanitaires, ou actions de solidarité, on fait appel à des stars de la variété ou du rock. c'est plutôt exceptionnel de faire appel à des musiciens classiques. certainement parce que le classique n'est pas assez vendeur. et pourtant !
certes, c'est Martha Argerich. ce n'est pas l'artiste que je préfère, m'enfin, c'est une excellente pianiste, de renom et de talent. je sais qu'elle est très appréciée par bon nombre de mélomanes et je respecte son talent même si musicalement, je n'adhère pas totalement.
je l'ai découverte dans la Sonate en Si mineur de Liszt. c'est une oeuvre réputée pour sa grande difficulté, une partition redouté de tous les pianistes. Argerich la joue très bien. évidemment. c'est juste que je la trouve...masculine. dans son jeu. un peu trop à mon goût, mais ça n'engage que moi, n'allez pas me lyncher directement ! chacun son truc.
bref. ce disque, je pense l'acheter pour plusieurs raisons. déjà parce qu'il contribue à aider la recherche, c'est donc faire un don et l'occasion de se faire plaisir. deux bons points.
le sida fait encore trop de morts. il ne faut pas l'oublier. le virus est toujours là, hélas.
ensuite, ce sera une façon de redécouvrir cette artiste et de découvrir l'autre pianiste, que je ne connais pas du tout, Myung-Whun Chung. peut-être donc matière à un nouveau billet sur mes pianistes préférés ! (je pense à tout, vous voyez).
enfin, comme je l'ai dit au début, il est tellement rare de voir ce genre d'artiste participer à ce genre de manifestation que je trouve bien de l'encourager. de plus, ce disque ne coûte que 15€, ce qui n'est pas excessif.
et puisque ce week-end, toutes les chaînes se mobilisent pour le sidaction, c'est le moment de faire preuve de générosité.
pour le disque donc, c'est ici et si vous avez envie de donner autrement, de vous informer, c'est par là !
et surtout, sortez couverts !
et puisqu'hier, c'était la journée mondiale de l'eau, voici les Jeux d'Eau de Ravel par Martha Argerich ;)
22 mars 2007
la honte
ce soir, j'ai vraiment honte. un sentiment intense qui s'infiltre en moi. honte pour l'humanité toute entière et honte de faire partie de tout ça, honte de ne pas pouvoir contrer ça, honte de mes défauts de langage parfois, honte de ne pas savoir quoi dire ni quoi répondre parfois, honte d'avoir juste envie de pleurer tellement c'est moche.
oui c'est moche, ces gens qui parlent d'autres gens de cette manière. oui c'est moche d'entendre de tels clichés, oui c'est moche de découvrir qu'il y a tant de haine autour de soi. tant d'intolérance, tant de peur, tant d'indifférence, tant de méchanceté.
je ne sais pas trouver les mots comme certains. mais parfois, je me dis seulement "pourquoi". et j'en ai presque envie de chialer. d'ailleurs, pourquoi ne pas pleurer? c'est tellement pathétique. ces discours, ces grands mots, tout ça pour véhiculer ces idées si moches, si tristes. je ne cite pas pour ne pas attirer ces gens chez moi, ici. je voudrais juste la tolérance. l'amour? la paix quoiqu'il en soit. je voudrais juste que les gens parviennent enfin à vivre ensemble, je voudrais simplement que les gens s'acceptent, même s'ils ne peuvent pas s'aimer. je souhaiterais juste que les insultes cessent. car elles ne servent à rien.
parfois, j'ai honte d'être née ici. parce que je ne connais que ces gens qui prônent la haine, sous couvert de vie meilleure. comme si le mal venait d'ailleurs. à l'étranger. quelle horreur, ce mot, vide d'humanité, vide de sens. à qui appartient la terre alors ? car nous sommes tous les étrangers de quelqu'un. à qui sont les arbres ? l'air qu'on respire ? l'océan ?
à qui appartiens cette vie au fond. et que sont toutes nos frontières...des barrières invisibles, fictives. des contrées qu'on a écartelé pour en faire de terrains. mais qui sommes-nous pour parler ainsi des autres ?
j'ai écrit ça hier soir après avoir regardé envoyé spécial. je voulais mettre la vidéo pour ceux qui n'ont pas vu mais elle n'est pas encore en ligne. un reportage sur le racisme en France suivi d'un reportage horrible sur le tourisme sexuel. bref, une soirée qui m'a retourné...
hallucination
alors là, c'est dingue, j'y crois pas, je rêve. je dois être encore endormie, c'est pas possible autrement.
c'est à peine si les autres ont remarqué. ils ne réalisent pas ! ils sont à l'ouest, ou alors, c'est moi qui deviens folle. hier déjà, j'avais un doute, je me disais "ça pourrait arriver, oui, c'est vrai". cependant, je tentais de me convaincre que c'était une folie, que ça n'arriverait plus !
dire que la semaine dernière, on était bien, heureux. tout semblait aller pour le mieux, les gens souriaient bêtement et semblaient niaisement heureux. moi aussi il faut bien le dire. je me voyais déjà, je m'imaginais...j'espérais, je croyais, j'étais bête.
j'étais loin de savoir en allant me coucher hier soir que je me réveillerais avec cette vision d'horreur devant mes yeux. tandis que les gens passent, repassent, trépassent, moi je suis là et j'attends. j'attends quoi? mais que ça passe bon sang. il est hors de question que je subisse tout ceci. il est hors de question que j'affronte cette journée. je vais rester là, cesser de regarder, fermer les yeux. je vais retourner me coucher, voilà, j'aurais jamais dû me lever ce matin. j'aurais pas dû.
tout de même, je me demande bien d'où ça peut provenir. tout de même, je me pose des questions, voire, des questions existentielles. en regardant ce ciel justement. je me demande d'où vient ce monde, d'où est le monde ? les yeux levés au ciel, je voudrais comprendre ce qui se passe aujourd'hui ? pourquoi tout s'écroule ainsi ? les rêves, les projets, les rires des enfants ? qu'a-t-on fait pour mériter cette chose si affreuse qui nous arrive et que personne semble ne voir ?
moi, tout ceci me désole, me salit les yeux. je ne veux plus regarder. je veux continuer à paraître, à rire. je vais continuer à faire semblant. je n'ai qu'à imaginer. clore mes yeux comme on ferme un volet lorsqu'on ne veut plus voir le soleil, fermer mes paupières et me passer le film de ce que je souhaite, mon film où tout est beau, tout renaît enfin de ses cendres, tout vit et respire et même la mère de bambi est revenue d'entre les morts. oui, je n'ai qu'à repartir loin, là-bas et ne plus ouvrir les yeux, ne plus voir l'horreur et les gens aux visages anéantis, leurs pas lourds, leur longs manteaux, leur grands yeux salis de larmes...
car, bon sang ! je n'ai pas mérité ça, pas maintenant, pas comme ça ! je n'ai pas eu le temps de m'y préparer, d'y penser, de me mettre en conditions ! comment vais-je faire ? où vais-je bien pouvoir trouver la force ? qui va me sourire enfin et m'aider ?
et qui grattera mon pare-brise ?

putain de neige.
un 22 mars.








