02 juin 2007
le grand canyon
20h30, on se met en place, ils se rangent dans l'ordre, nous derrière. j'ai une boule dans le ventre, je vais devoir saluer, tournée vers ce public qui attend. et je ne sais pas où poser mes yeux, jamais. chercher un point fixe quelque part, surtout pas le regard d'un autre, un point fixe qui ne vit pas.
on remonte l'allée côte à côte tandis qu'eux sont en rangs d'oignons face à nous. je trouve le moyen de trébucher et manque de me vautrer lamentablement sur les dalles froides de l'église. entendant nos pas qui résonnent, les gens se retournent et nous regardent. je fais mine d'être à l'aise mais c'est faux, tout est faux : mon sourire, mes bras qui se balancent nonchalement, mes pieds qui avancent. je me sens ailleurs, transportée. surtout, ne pas redescendre, ne pas prendre conscience.
je suis devant eux. il est à côté de moi, il semble à l'aise lui aussi. qu'en est-il au fond de lui ? s'agit-il d'un masque comme moi ? il s'incline, plié comme un angle à 90°, je l'imite et me sens gauche. puis je me relève et atteins vite mon tabouret. je me sens cachée, mieux donc. mes mains sont froides et pourtant un peu moites. lui monte sur l'estrade, je le regarde, je ne fixe que lui, je me concentre, oublie le reste du monde. surtout ne pas prendre conscience du monde qui m'entoure.
je respire, lentement, fais le vide. ça commence. j'ai comme un trou noir à l'intérieur de moi, qui m'aspire. ça va vite, beaucoup trop vite, ça va bientôt être à mon tour et j'ai la sensation horrible d'avoir tout oublié. je regarde ma partition, je ne vois plus rien. tout semble effacé. mes mains ne tremblent pas, c'est déjà ça. mais ce sont les médicaments qui me donnent cette fausse assurance. à l'intérieur, c'est le grand canyon, effroyable et vertigineux. pourtant, le grand canyon, on dit que c'est beau.
peut-être que c'est beau, peut-être que plus tard, je trouverai ça beau. en attendant, c'est à mon tour. je plaque le premier accord en sol. au sol, en sol. sous moi il n'y a plus de sol justement. ça tourne. tourbillon de notes, de chants, de mélodies. je sens mes doigts qui courent sans s'essouffler, je retrouve peu à peu mes marques, sourit au chef de choeur. je crois que je n'ai plus peur ou un peu moins.
entracte.
respire.
refaire le tour de l'église, se ranger à nouveau, remonter l'allée une nouvelle fois, revenir au tabouret. deuxième partie de concert. la plus périlleuse. cette fois, je suis seule à jouer sur plusieurs pièces, je fais l'introduction ou la conclusion. et pendant plusieurs pages, il y a juste moi et mon piano, mes sons, mes doigts, mon moment. redouté, espéré aussi, attendu. je sens mes doigts filer tandis qu'une des pages tombe sur mes doigts, j'enlève ma main gauche : panique, respiration, je continue, ne m'arrête pas, la page adviendra ce qu'elle pourra. j'écoute. j'essaie de faire quelque chose de beau. je ne sais pas si j'y arrive. je suis dedans. comme rarement. je suis dans la musique, j'exulte, mes doigts exultent, plus rien n'existe. ça dure seulement quelques minutes, je n'ai que ce moment, je profite...
reprise du choeur, le concert se termine déjà. c'est passé comme une minute, peut-être même moins. on vient me serrer la main, on me demande comment mes doigts font. je ne sais pas. c'est comme ça. depuis toujours.
ce soir, j'ai vraiment l'impression de déterrer cette partie de moi, celle que je m'efforce d'oublier, de ne pas penser, de laisser de côté. cette fille qui est là, terrée, prête à sortir d'elle-même, de moi, celle qui aime jouer. jouer. encore, toujours, celle qui aime sentir ses doigts fatigués, appuyer les touches, en sortir des sons, celle qui ne désespère pas, qui sait qu'elle veut faire ça toute sa vie. cette fille, c'est moi. oui, c'est vraiment moi. vraiment.
25 mai 2007
ceci n'est pas un billet
"je voudrais d'abord remercier mes parents sans qui je n'y serais jamais arrivée, et puis tous ceux qui m'ont encouragée et soutenue. et puis, je voudrais le dédier à mon mentor, celui qui m'aime et me supporte tous les jours de l'année, celui qui croit en moi, sans qui je ne serais pas moi-même. (larmes, sanglots de rigueur, gêne, reprise de soi). aujourd'hui est le plus beau jour de ma vie, aujourd'hui est un jour nouveau. car ce césar c'est ma première fois, le jour tant attendu de la récompense...."
MA PREMIERE CHAÎNE BLOGESQUE ! WHOUAOU ! JE SUIS EMUE !
les 5 blogs que je lis qotidiennement...d'abord, j'en lis 18542 par jour donc ça va être difficile de faire un choix. mais bon, je m'y colle, c'est bien parce que c'est la première fois. en plus, je suis citée chez Ludo et Hisaux, ça m'a fait grandement plaisir, même si c'est bête peut-être...bref, let's go !
- Ladyblogue, j'en ai déjà parlé une fois, j'adore son blog que je trouve frais et simple, sensible, éclectique comme j'aime, doux comme ses mots. bref, je kiffe.
- Punky B, parce que c'est mon gourou mode. oui, oui ! en plus, elle a de l'humour, elle pétille. et c'est ma voisine ! je pourrais la croiser facilement, ça me laisse croire que je pourrais rencontrer une star ! (de la blogosphère, ah, si !)
- Milou, ou plutôt Snowy, parce qu'elle est drôle, qu'elle nous enseigne le mode de vie anglais depuis qu'elle y est partie. j'aime bien comment elle cause, toujours pleine d'ironie et de drôlerie.
- l'arpenteur, pour sa plume fabuleuse, ses histoires croquignolles ou cyniques, j'aime.
- pénéloppe parce que j'adore ses dessins, ses petites bulles de fraîcheur qu'elle met en ligne tous les jours, son style, son coup de crayon. que du bonheur !
voilà, j'aurais voulu en citer d'autres comme alfdal ou olivia ou ... mais non ! je n'en ferai rien ! ;-)
et je refile le truc à...
roulement de tambour...
creusage de cervelle...
EUREKA ! Olivia, Lady si elle passe par là et Fashion victim tiens aussi ! hin hin !
fin de la séquence émotion !
12 mai 2007
le zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc...
il y a des gens qui, en quelques mots, sont capables de vous bouleverser, de vous ouvrir les yeux et d'ouvrir leur coeur. il y a des moments où dans une vie monotone, on est encore surpris de rencontrer des gens vrais, sincères, et qui en quelques phrases parviennent à vous toucher. il y a cette connivence qu'on avait oublié et qui manquait à nos vies. il y a ces mots qu'on ne dit plus mais qui résonnaient encore au fond de nous-mêmes.
quand je l'ai rencontrée pour la première fois, jamais je n'aurais pensé qu'on aurait autant de connexions, autant de similitudes, autant dans la façon de voir les choses que dans notre passé. jamais je n'aurais cru que cette femme deviendrait une amie, c'est vrai. peut-être parce que nous avons une différence d'âge relativement importante (mais pas trop quand même), peut-être parce que je ne croyais pas qu'on pouvait encore se lier d'amitié dans un cadre professionnel. peut-être parce qu'elle est la mère d'une élève, peut-être parce que je n'ai pas assez confiance dans la vie et dans les bonnes choses qu'elle peut nous offrir.
pour toutes ses raisons, je ne voulais pas trop m'engager au début. c'est vrai, je l'avoue, j'avais peur. mais je ne sais pas vraiment de quoi. juste un besoin de me protéger, de ne pas trop attendre de cette personne. j'étais gênée toujours et maladroite, j'avais peur qu'elle me trouve bête, inexpérimentée, je me trouvais sans doute un peu nulle par rapport à elle, sans savoir pourquoi. et puis, tous ces pans de ma vie dont je ne sais pas parler, tous ces doutes qui m'assaillent souvent peuvent m'empêcher d'être moi.
c'est idiot mais j'avais peur de me dévoiler alors ça a pris du temps. mais aujourd'hui, je me sens bien. parce que, même si j'ai d'autres amis, aucun ne m'apporte ce regard-là. aucun. peut-être le manque d'expérience ou la différence de sensibilité. peut-être aussi parce qu'elle a vécu et vit les mêmes choses que moi musicalement. je ne sais pas.
à vrai dire, je suis encore étonnée. je suis encore sous le choc de ces mots qu'elle a su trouver. je balbutie encore des conneries et je ne sais toujours pas si je peux la tutoyer, ayant pour elle un respect certain. je sais qu'elle le partage. j'espère simplement qu'elle sait combien je l'estime.
et combien j'admire parfois cette clairvoyance.
une telle connivence pourrait encore me faire peur. car à trop s'attacher aux gens, parfois, on souffre. mais j'aime les gens, les rencontres et l'enthousiasme qu'elles engendrent. alors aujourd'hui, j'avais juste envie de dire merci à celle qui se reconnaîtra. et puis aussi que je suis heureuse d'avoir réussi à aller au-delà de mes peurs. pour m'ouvrir un peu et entendre ses mots, si semblables parfois aux miens.
j'espère en tout cas que cette amitié naissante continuera...
02 mai 2007
londres ce week-end ?
j'ai une copine qui me tanne littéralement pour partir à londres ces temps-ci. c'est une obsession, chaque fois qu'on se voit, elle m'en parle.
j'ai bien envie de céder à la tentation, j'ai jamais vu londres. quand j'étais en quatrième, on était partis en Angleterre avec ma classe mais à l'époque, on n'avait pas eu le droit de visiter la ville pour cause d'attentats.
cependant, ce week-end, on va élire notre président(e). et bien que je sois pessimiste pour ce dimanche, bien que rester à la maison ne changera pas la résultats, je me vois mal faire ma valise vendredi et mettre les voiles pour 3 jours. alors quoi ? les rats quittent le navire ? je vais quand même pas laisser mon homme tout seul dans l'angoisse des résultats. et puis, je veux absolument voter !
je ne sais pas combien de temps ça prend pour faire une demande de procuration. hier, mon amie m'envoyait par texto des photos de la ville, pour tâcher de me convaincre. moi, j'ai pas envie. plus tard peut-être, pour aller dévaliser Topshop et la collection de Kate. mais pas ce week-end. je sens qu'elle est déçue mais elle dit me comprendre.
c'est quand même bien tentant puisqu'elle a trouvé une super promo : 200€ pour l'aller-retour en train + l'hôtel pour 3 jours et 2 nuits. c'est clair que ça n'est pas trop cher m'enfin je le sens pas. en plus, c'est une amie à double tranchant : c'est-à-dire que soit ça se passe super bien parce qu'elle arrête d'être chiante, soit ça se passe très mal parce qu'elle fait sa relou et m'oblige à aller voir dans les clubs sélects pour tenter d'y rentrer. moi, les clubs sélects, je m'en tape grave. et j'ai pas envie de passer mes soirées devant une porte close à tchatcher avec un videur en anglais.
voilà. vous feriez quoi vous ? vous zappez les élections et vous partez vous "éclater" in london ? ou vous restez accomplir votre devoir de citoyen et flipper devant la télé dans l'attente de l'annonce des résultats ?
c'est vrai que la deuxième solution est nettement moins réjouissante ! mais c'est important non ?
12 avril 2007
culpabilité zéro
il paraît que les français ne comptent quand il s'agit de lire ou de se cultiver. ils ne culpabilisent pas. ils peuvent dépenser sans compter pour un bouquin ou un bon film.
je suis dans ce cas. hier, il me restait 20€ en poche. et je n'ai eu aucun scrupule à les dépenser pour trois livres. parce que lire, c'est important, ça t'ouvre l'esprit et te fait voyager gratos. et ça, c'est bon.
avant, je lisais énormément. je passais mon temps à lire. quand j'avais 17 ans, j'avais un grand gilet noir tout ripoux, je ne mettais que ça. la mode et moi, on n'était pas encore copines, personne n'avait eu l'idée de nous présenter. mon icône glamour, c'était plus kurt que Kate. et sur ce gilet, quelqu'un avait eu la bonne idée de coudre deux grosses poches sur le devant.
dans ses poches, je trimballais en permanence : d'un côté, un carnet pour écrire, de l'autre un bouquin que j'étais en train de lire. ça me paraissait plus important que tout, lire et écrire. et jouer du piano. ma vie se résumait à ça et c'était très bien. j'étais insouciante, je n'avais rien d'autre à faire. et je regrette parfois ce temps, même si l'adolescence ne fut pas une période très glorieuse. au moins, j'avais du temps pour moi.
et puis, le temps passe et on devient des adultes, blindés de trucs à faire, de choses à penser : les listes de courses remplacent progressivement le carnet de pensées, les factures s'entassent à la place où tu rangeais tes bouquins...alors, j'ai pris moins de temps pour rêver, penser, bouquiner et jouer du piano. c'est normal. c'est la vie. aujourd'hui, quand je me lève le matin, je sais ce que je dois faire, à quelle heure je dois être prête, comment je vais m'habiller, et me maquiller, et surtout, mes pensées sont toutes dédiées à mon boulot. parce qu'enseigner, c'est être claire, précise, concise et surtout, patiente.
la patience, ça s'apprend. ça se modifie, ça se bonifie avec le temps. et ce qui me semblait impossible à supporter il y a quelques années m'apparaît aujourd'hui comme normal. ne pas crier, ne pas s'énerver, ne pas claquer la porte, ne pas être intimidée, ne pas montrer sa fatigue ou ses émotions. devenir professeur. quelqu'un de bien qui enseigne des choses. j'ai appris à prendre sur moi, à m'oublier un peu. pour travailler le mieux possible. pour remplir ma mission d'adulte...
du coup, le soir, je ne lis pas beaucoup. non. je rentre et j'essaie de me détendre, de ne plus réfléchir à rien. j'ai jeté mon vieux gilet pourri, j'ai rangé mes bouquins sur une belle étagère ikéa et je suis devenue adulte. comme tout le monde. parce qu'on n'a pas le choix.
mais hier, je n'avais pas envie d'être raisonnable. alors, à la fnoc, j'ai pris mes trois bouquins, et j'ai claqué les derniers sous qu'il me restait. parce que rêver, voyager, ça vaut bien de se priver un peu.
10 avril 2007
le tyran domestique
j'ai la chance d'avoir deux soeurs, dont une à qui j'ai dédié un billet ici. mais j'ai également une autre soeur, avec laquelle je ne me suis jamais, absolument jamais, entendue.
lorsqu'elle est née, j'avais 2 ans. il parait que j'étais tellement jalouse que je me suis mise à faire mes besoins sur le tapis du salon, pour manifester mon mécontentement ! bon, j'étais jeune, j'ai l'excuse de l'âge ! depuis ce temps, on a toujours été en conflit sans que je sache réellement pourquoi. parfois, ça m'attriste vraiment. mais on ne parvient pas à communiquer sereinement. et j'ai l'impression qu'elle se fout complètement de cette situation merdique.
elle a 23 ans. elle est tout de même un peu spéciale. elle parle politique, lit le monde, prépare une licence pluridisciplinaire, elle vit toujours chez les parents et se comporte un peu comme la reine d'angleterre en pays conquis. je me demande même si elle a déjà touché un aspirateur, fait un lit ou la vaisselle. je ne crois pas.
régulièrement, on s'engueule. le mot est faible. on se vocifère dessus telle deux furies. c'est incroyable. mais ça dure depuis 23 ans. quand on était petite, elle m'énervait tellement que je la menaçais de me planter un couteau dans le ventre si elle ne cessait pas illico de m'emmerder. c'était un peu excessif, certes. généralement, du moins, au début, elle me croyait et les scrupules la faisaient taire. aujourd'hui, je ne suis pas sûre qu'elle ferait de même !
elle a eu des problèmes de santé dès le plus jeune âge. forcément, mes parents s'occupaient d'elle, comme d'une princesse, vu qu'elle était fragile. normal. moi, je la jalousais. j'aurais voulu qu'on prenne soin de moi de la même façon. cependant, ça n'est jamais arrivé. ça n'a jamais été la même chose. même aujourd'hui. on prend sa défense, elle est choyée, aimée, protégée. et moi? que dalle. je vis seule, je me démerde.
je ne l'envie quand même pas. faut pas exagérer. j'aime mon indépendance : mon permis, mon appart', mon homme et ma vie en général. je ne me suis jamais sentie aussi bien que depuis que je suis adulte et responsable. les gens, généralement, regrettent l'âge délicat et innocent de l'enfance. moi, je suis bien contente d'en être sortie !
la dernière fois que je l'ai vue, ça s'est fini dans les insultes et les cris. petite soeur et moi, on a décampé dans une scène apocalyptique, sous les cris, sans demander notre reste. c'était assez folklorique d'ailleurs. ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. j'en rirais presque si petite soeur n'avait pas été autant affecté.
les raisons de tout ce cirque ? la politique évidemment. nous ne sommes vraiment pas d'accords sur le sujet. mais je ne suis pas surprise ! c'était couru d'avance même.
j'ai eu le malheur d'exprimer mon opinion et voilà que je me suis fait traiter d'anti-démocrate, de facho et de connasse bien sûr ! non, je vous vois venir ! je ne voterai pas pour le paon borgne ! plutôt mourir ! j'ai juste eu le malheur, l'audace, que dis-je ? l'imprudence de déclarer "je ne suis pas sûre de voter Royal au premier tour, je ne suis pas convaincue".
c'est grave ?
à cause de moi, m'a-t-elle rétorqué, le borgne à plume va passer comme en 2002, être élu, va déclarer la troisième guerre mondiale qui fera 150000000 de morts dans des camps, à cause de mon seul vote, le monde va être détruit, les gens mourront dans d'atroces souffrances, les bombes détruiront chaque ville, chaque pays, et elle ! elle sera obligée de demander l'asile politique chez les inuits ! non, mais je vous sens sceptique ! si si, c'est vrai ! tout ça à cause de moi ! car je ne suis qu'une infâme gogole qui ne comprends rien à rien, à qui on ferait bien mieux de retirer le droit de vote, et même à qui on devrait bâillonner la bouche !
une connasse quoi.
je sens que je vais avoir des requêtes sympas moi avec cet article.
hum.
j'adore l'esprit démocrate de ma chère soeur !
05 avril 2007
le printemps et moi
chacun se réjouit dehors, le soleil brille fièrement, les oiseaux gazouillent. les gens sont contents, c'est le renouveau après l'hiver, comme une renaissance. mes chats passent leur temps à observer le beau temps ou s'allongent sur une tache de soleil pour faire leur sieste. les papillons virevoltent gaîment, c'est mignon et totalement cucu.
et moi, j'éternue.
j'aime pas le printemps. mais en même temps, j'aime bien quand même. mais je suis comme l'enfant bulle, je reste dans ma prison de verre à attendre que mes amis les pollens veuillent bien aller se faire pendre ailleurs.
en attendant, j'éternue.
c'est très énervant. je suis là, les portes fermées, les vitres me séparent du monde extérieur et m'empêchent de vivre comme tout le monde, dehors. dès que je hume l'air frais de ce beau printemps, rien n'y fait, j'éternue. pendant des heures, j'ai la tête coincée dans un mouchoir en papier, y a pas à dire, c'est super sexy.
et puis, la nuit, je respire mal, je lutte avec mes alvéoles pulmonaires, les supplient de bien vouloir se rouvrir. on ne soupçonne pas assez bien le pouvoir de ces petites choses, lorsqu'elles décident de bouder et de se refermer sur elles-mêmes.
elles sont comme des fleurs qui se referment quand vient la nuit.
j'aime pas le printemps, parce que tout le monde est content et que moi, non. j'ai pas le temps d'être contente parce que, tout de suite, j'éternue. c'est vachement frustrant. je parle avec quelqu'un, je fais les magasins, j'essaie une jolie robe, je marche dans la rue et puis, paf ! je le sens qui monte en moi, qui s'insinue, je ne peux rien faire pour l'empêcher. j'essaie vainement de le renvoyer au loin, de le bouter hors de mon nez, mais il est plus fort. je ne peux que le laisser venir en priant pour qu'il me reste un mouchoir dans ma poche afin de ne pas éclabousser les passants qui me regardent éberlués.
je lutte intérieurement, je fais des grimaces fort séduisantes pour le badaud qui d'un oeil distrait pose ses yeux ébahis sur mon visage torturé. je regarde en l'air pour faire diversion, je me tiens le nez discrètement. cependant, pas moyen de détourner son attention. j'éternue malgré tous mes stratagèmes.
d'ailleurs, je sens qu'en écrivant ces lignes, il jubile. je sais qu'il va revenir, que la bataille n'est pas terminé. il est là, tapi au fond de moi, il m'observe, attend le moment fatidique, lorsque mes deux mains seront occupées à une tâche ménagère par exemple, ce moment où les mouchoirs auront désertés la pièce, peureux, fatigués de devoir toujours être prêts. et puis, il viendra, lentement, sûrement.
ATCHOUM !! (et merde...)
02 avril 2007
pendant ce temps, à Acapulco

© Copyright. Warner Bros. France. |
- je suis en vacances, il fait super méga beau et je suis contente.
- Lisa croit toujours qu'elle va pouvoir se taper son patron.
- j'ai revu chouchou hier soir et y a vraiment des scènes qui me font rigoler.
- je partirais bien en week-end, genre en bretagne, par exemple.
- j'ai envie d'aller dévaliser les magasins.
- il y a des touches sur mon clavier que je sais toujours pas à quoi elles servent.
- je sais pas sur quoi écrire alors j'écris n'importe quoi en espérant que ça viendra.
- je suis dans ma période "chansons à la con", je me tape des trips et je chante comme une folle.
- mes chats se bagarrent et ça m'énerve d'entendre leur miaulement de tarés.
- faut que j'appelle petite soeur chérie.
c'était le post du jour totalement inutile, j'en ai presque honte.
01 avril 2007
je le fais ici
merci pour cette belle soirée hier, c'était vraiment chouette de vous revoir et ça faisait bien longtemps !!
et le bébé est vraiment adorable ;)
j'espère à bientôt !
PS: on s'est perdu en partant, pour retrouver l'autoroute ! mouarf !
fin du billet totalement perso
28 mars 2007
intuition et rhume carabiné
y a des jours comme ça où, je ne sais pas pourquoi, j'ai des pressentiments qui avèrent vraiment justes. depuis quelques jours, je suis bien malade, H.S, explosée, mon nez ressemble à une grosse patate, vous savez, les rouges qu'on utilise pour je sais plus quel plat de patates. mes yeux sont vitreux, j'ai la bouche sèche, je ronfle et j'ai mal au bide. bref, un véritable sex symbole. évidemment, c'est depuis que je suis malade qu'il fait super beau dehors. évidemment.
ce matin, je me décide à affronter la torture suprême : la salle d'attente de mon médecin. j'ai horreur de ça. déjà, il y a toujours 10 personnes avant moi parce que je suis du genre à arriver tard. forcément puisque j'aime pas ça. ensuite, c'est un nid à microbes, ben oui, normal. et puis, il faut dire bonjour à tout le monde alors que je suis malpolie en tant normal. après, tu trouves un siège, il grince, les gens te regardent. si t'éternues, les gens s'écartent discrètement. eux, ils toussent. ou ils n'ont pas l'air tellement malades. pour te donner une contenance, tu tu prends un voici qui date de l'année dernière et c'est là que tu comprends tout ce que tu as loupé comme potins mondains.
mon médecin, il est cool, je l'aime bien. pis il est rigolo. ça change des éternels docteurs qui font la gueule parce qu'ils en ont marre de voir que des gens malades. donc, le mien, je l'ai trouvée, je le lâche plus. il porte des chemises Winnie l'ourson, des vieux pantalons en velours, il a une vieille barbe mal rasée, et il a toujours un mot gentil ou une petite blague pour détendre l'atmosphère. parfois, il s'installe dans la salle d'attente avec ses patients et se met "en grève". il me fait mourir de rire. il parle fort, il chante. et puis, il me fait la bise au lieu de m'écrabouiller la main en me la serrant.
ce matin, je me force à me bouger après avoir passé une quarantaine de coup de fil pour prévenir tous les élèves. je prends ma douche puis ma voiture, je sors, je roule tant bien que mal en reniflant, je me gare, ouf ! pas de créneau à tenter et j'y vais. je baisse la tête dans la rue à cause de ma tête de clown. tout se passe bien mais je sais pas pourquoi depuis tout à l'heure, j'ai un sale pressentiment. je rentre dans le hall d'entrée, je grimpe les deux étages, j'arrive en haut à l'agonie et je lève la tête. et là ! une petite pancarte sur la porte disant que mon docteur chéri n'est pas là et qu'il faut s'adresser à deux de ses confrères pendant son absence. je le savais !! j'en étais sûre...
je repars. je suis carrément prête à rentrer chez moi, tant pis. puis je me ravise. il me faut quand même un arrêt de travail et des médicaments ! donc je file vers le cabinet du docteur indiqué sur le papier.
j'arrive après 5 minutes de marche, passant devant Zara et Sephora, sans même l'envie d'y rentrer. c'est que je dois être vraiment malade !! et là, j'entre dans un immeuble froid, murs noirs et grisâtres, ascenseur en panne. après avoir tourné dans les couloirs sans fin, j'entre dans la salle d'attente. pas un chat ! quel bonheur ! le docteur arrive, me broie la main pour me dire bonjour. puis en rigolant me demande si je suis mourante. ahahah docteur, non, je suis juste à l'agonie !
bref, il m'ausculte, normal. me prescrit des médocs, normal. essaie de faire passer ma carte vitale qui ne marche pas, normal. et me fait un arrêt juste pour aujourd'hui, normal. froid, chemise proprette, pas de mickey, des photos de vacances sur son bureau fonctionnel, une souris high tech...bref, docteur typiquement médecin. pas l'ombre d'une petite plaisanterie. je le vois juste tiquer à l'annonce de mon poids et je me fais engueuler parce que je me fais craquer les cervicales...
"ça fera 21€." ok doc.
pas aimable. pas rigolo. j'aime pas être malade. en plus je le savais que mon docteur chouchou serait absent.
je veux Doug Ross la prochaine fois !!!!






