11 juillet 2008
je suis une fille bizarre
qui vit des vacances bizarres.
je bosse mes chansons, je vais aux ass*dics, je sors peu voire pas du tout, pas envie. je vais dans les magasins et j'achète rien. je fais donc pas les soldes.
je mange de la salade de riz à 16h.
je redécouvre mon corps à la piscine. comme si j'avais oublié mon corps toute une année. je fais la planche dans l'eau en m'étirant le plus possible, comme si je voulais m'écarteler...
je me lève tôt pour chanter parce que j'ai envie.
j'ai envie que les vacances soient loooooongues. pour faire tout ça tout le temps.
j'écoute de la musique.
je lis cosmo.
je fume moins. parce que je bidouille cubase.
et ça me va.
même si je suis une fille bizarre.
qui passe des vacances bizarres...
05 juillet 2008
il y a toujours un coin qui me rappelle...
comme dirait Schmoll.
j'ai appris il y a quelques temps que ma mère avait quelque chose au foie. quelque chose qui la rend malade. les médecins, après lui avoir annoncé d'office que c'était un cancer, se sont rétractés. ils ne savent pas. ils vont refaire les analyses. mais ils lui ont dit qu'elle pouvait partir en vacances. entre temps, petite soeur adorée a pété un plombs et a cru, apparemment, que maman allait mourir.
moi je ne savais rien. ça a duré trois semaines avant qu'on me raconte tout ça. et du coup, j'étais en colère. qu'on ne m'ait rien dit. d'avoir été tenue à l'écart volontairement, pour pas que moi aussi, je pète un plombs.
je réalise aujourd'hui que je ne supporterai pas une maladie. je veux dire que depuis des années, ma mère est en souffrance psychologiquement. elle boit. trop. j'en avais déjà parlé ici au moment de sa cure. qui n'a pas vraiment marché je crois. et que toute cette souffrance, on l'a partagée malgré nous avec elle. qu'elle m'en a fait baver, en fait. que j'ai déjà trop pleuré, trop souffert, trop espéré, trop déprimé. et que si elle m'annonçait qu'elle était gravement malade, je sais d'ores et déjà que je plongerais trop bas cette fois-ci pour me relever. je ne pourrai pas le supporter. je le sens.
ce matin, je me suis levée à midi. et j'ai repensé à la soirée d'hier. j'ai beaucoup pleuré. hier. et ce matin, je me sens mieux, il fait beau et ma mère et ma soeur doivent passer boire le café cette après-midi. j'ai envie de les voir. ça fait longtemps. j'ai envie d'avoir une famille. j'ai envie de partager un moment avec elles. me sentir proches de ceux avec qui j'ai passé 20 ans de mon existence. j'ai envie de croire qu'on est bien ensemble, qu'on peut être bien tous ensemble. j'ai envie qu'elles écoutent mes chansons, j'ai envie de les entendre rire.
mais j'ai peur.
peur de perdre maman. car quoiqu'elle ait fait, je l'aime. je ne veux pas qu'elle meure. oui je sais bien que ça arrivera un jour. mais je refuse d'y penser. je suis angoissée. pour elle, pour ce truc qu'elle a et qu'on ne sait pas ce que c'est. et tout le monde me dit que c'est pas étonnant, vu ce qu'elle fait. oui, c'est vrai. peut-être que même, on pourrait penser qu'elle l'a fait exprès. oui mais. je veux pas penser à ça. je veux pouvoir pleurer en hurlant que c'est pas juste.
parce que ça l'est pas. c'est pas juste. la vie n'est pas juste. on a déjà tellement souffert, tellement pleuré, tellement espéré, tellement déprimé. c'est pas juste.
on peut pas oublier d'où on vient. on peut pas arrêter d'aimer les gens sous pretexte qu'ils ont des défauts, même des énormes défauts. on peut pas décrêter qu'on a plus de mère comme ça, même si cette mère est imparfaite au possible.
je peux pas dire autre chose que "maman, je t'aime. je veux pas que tu sois malade. je suis trop petite pour que tu nous laisses. vis, maman. pour moi. je t'en supplie..."
20 juin 2008
impro, larmes et barbecue...
hier, j'arrive en avance chez mon prof de jazz. je m'assoie près du distributeur, sous l'échaffaudage et j'attends quelques minutes parce que je sais combien c'est désagréable de voir un élève débarquer chez soi quand on est encore pas prêt, à moitié à poil dans son salon.
j'attends. je ne tremble pas, je n'ai pas peur, je me sens bien même si je suis complètement crevée par la journée d'examens de la veille.
10h57, je me décide à y aller, je me dis que le temps de monter les escaliers, ça ira.
on discute un peu, je monte à l'étage et m'assoie au piano. mais rapidement, il se met à ma place pour me montrer 10000 trucs en même temps.
je capte certains trucs, j'emmagasine. en 1h30, il faut que j'apprenne les gammes jazz, les accords, le ragtime, petrucciani etc...c'est beaucoup. il se met à improviser, je l'écoute. et j'ai envie de pleurer tellement j'admire ça et tellement je me sens submergée par tout un tas de choses en même temps. je me sens toute petite, soudainement, trop petite, j'ai l'impression que jamais je ne saurai faire ça, j'ai la sensation d'être totalement enfermée en moi-même. je n'ose pas toucher son piano, enfoncer mes doigts.
il est doux et patient et me met en confiance. mais il faut que je me surpasse. il faut que j'arrive à aller au-delà de tout ce que je ressens, au delà de toutes mes inhibitions. c'est une sensation étrange, c'est presque une thérapie ces cours. oser. prendre des libertés vis-à-vis de cet instrument. "oublier" les cours stricts du conservatoire où je me devais de respecter à la note près chaque indication. là, c'est autre chose. bien sûr, il y a des règles, des codes, un langage précis. parfois, il me parle et je ne comprends pas la moitié de ce qu'il raconte. mais j'ai le droit.
de m'évader, d'inventer. de me laisser aller.
ça c'est bon.
même si destabilisant.
c'est pour ça que sur le coup, j'ai envie de pleurer.
ce matin, avant 9 heures, mes yeux s'ouvrent malgré la fête trop arrosée de la veille, malgré la fatigue et la gueule de bois, j'ai envie de me mettre au piano le plus tôt possible. ça danse et ça chante dans ma tête.
et à cette heure, j'ai déjà bossé 45 minutes. et j'y retourne !
04 juin 2008
une histoire de confiance en soi
encore...
toujours.
le même problème, sauf que maintenant, je m'en rends VRAIMENT compte.
et que je me déteste encore plus. et que je ne sais pas quoi faire pour changer. parce que je dois changer, j'en suis convaincue. j'en suis au point où c'est insupportable, où je suis au bord de craquer, à deux doigts de péter un plombs.
des années que je garde tout, je me ronge de l'intérieur, je ne dis rien, parce que j'ai peur : je ne me sens pas légitime.
je ne sais pas quoi penser. c'est bizarre de ne pas se trouver légitime. peut-être que ça relève vraiment de la psychologie. est-ce que ça se corrige ? si oui, comment ? thérapie ?
j'en ai marre de tout garder à l'intérieur, ça me pourrit, ça me rend aigrie, ça me transforme en quelque chose que je n'aime pas. je ne suis pas comme ça, je n'étais pas comme ça.
écrire ? pour dire ce qu'on pense vraiment aux gens, savoir leur dire merde. surtout ça. c'est triste de ne pas savoir s'affirmer, être soi-même, jouer un rôle. par peur du qu'en dira-t-on. c'est triste. c'est dur.
je rentre chez moi avec plein de rancoeurs, de la colère, envers d'autres, envers moi surtout. de ne pas savoir trouver les mots et de ne savoir que me taire. encore, toujours. me taire. et pleurer en silence et ne plus supporter d'être soi. ne plus supporter de se voir, ni en peinture, ni en photo, ni dans le miroir. simplement parce qu'on ne sait pas dire les choses. simplement parce qu'on voudrait et que les mots ne sortent pas.
simplement parce que je ne me sens pas légitime. et que j'ai peur. peur de décevoir, de faire du mal, peur de me retrouver seule, peur de passer pour une méchante, peur qu'on trouve mieux ailleurs et qu'on me laisse.
je suis une grosse nulle, trouillarde. il faut que ça change. je ne sais pas comment faire. je dois changer, il le faut. assumer. m'assumer.
je dis ça tous les 2 mois et je replonge dans la passivité. arf. mieux vaut que j'arrête d'écrire. je risquerais de dire des conneries.
03 juin 2008
jouer
bizarrement, alors qu'en concert, je suis capable de faire tout capoter à cause du stress, je me rends compte que j'adore jouer de la musique. j'adooooore ça. particulièrement en groupe.
je ne sais pas comment j'ai pu m'ignorer à ce point toutes ces années.
hier, on a répété avec quelques profs un morceau qu'on va jouer ensemble au gala de fin d'année. lulu était au chant, et les autres à leur instrument. et moi derrière mon piano. et on joue et je frissonne de bonheur et de plaisir. parce que jouer ensemble comme ça, pour moi, c'est cohérent, c'est ça, c'est le commencement de quelque chose. hélas, pour la plupart, ça s'arrête à quelques notes. mais ce partage-là est (pour moi) cher à mon coeur.
je trouve qu'on est chanceux. d'avoir cette capacité. de faire de la musique. ensemble. et moi, ça me fait tressaillir de joie, là, tout de suite, pendant cette répèt. je ne montre rien parce que je suis une conne. et parce qu'ils me prendraient pour une conne. parce qu'on a l'impression qu'eux n'ont aucun plaisir. à part Arnaud à la batterie qui trépigne, lui a envie vraiment, et lucie dont j'écoute la voix et qui me guide.
faire de la musique, ensemble, avec d'autres. j'ai toujours aimé ça. j'aimerais ne faire que ça. voilà. c'est dit. chanter, jouer, vivre de ça. je rêve de ça, tout le temps. et chaque fois que l'occasion m'est donnée, je suis heureuse de pouvoir vivre à nouveau cet échange, ce truc qui fait qu'on est ensemble, sans avoir besoin de parler.
et le morceau qui tourne, en boucle, et ça sonne, et je suis en plein kiffe, j'ai envie que ça dure, que ça dure, encore...
comme un orgasme finalement.
résultat : il faut que je trouve des gens avec qui jouer !
je sais pas comment on fait ça :'( si quelqu'un a une idée, je suis preneuse. peut-être déposer un cv sur un site ? postuler quelque part ?
parce que cette répèt n'a que trop peu duré, que j'ai encore envie, une envie inassouvie, inavouée jusqu'alors.
je veux jouer avec des gens et m'éclater derrière mon piano.
13 mai 2008
mon lapin
samedi soir, sur la terrasse, un peu trop d'effluves alcoolisées font sortir les vers du nez de l'homme.
faut dire qu'il parle pas facilement. il est, comme qui dirait, pas très expansif. mais quand il a un peu bu, il se lâche. la vie est ainsi faite.
je suis bien là, avec lui. on est bien sur la terrasse. on tient une conversation hautement philosophique, il a les yeux verts qui pétillent. j'aime être avec lui. simplement. se retrouver comme ça. il me pose des questions. "et si je n'avais pas été là, peut-être que tu aurais fait plus de choses professionnellement...non ?"
non.
pourquoi ?
c'est vrai que depuis quelques mois, je me découvre, je compose, je joue, je m'épanouis. grâce à Lucie (on le saura !) mais aussi grâce à lui, bien sûr !
car, s'il ne m'avait pas encouragée, s'il ne m'avait pas soutenue, s'il n'avait pas cru en moi, je serais où à cette heure-ci ?
il ne sait pas ! je tombe des nues ! il ne sait pas tout ce qu'il a fait. c'est fou ! ça me fait sourire qu'il doute à ce point de son influence sur moi et sur ma vie. il ne sait pas que c'est parce qu'il était là que j'ai voulu me reprendre en main, que c'est, au début, pour lui que je me suis levée chaque matin pour aller au boulot, que c'est pour lui que j'ai repris le piano, pour lui jouer du Brahms en tremblant.
il ne sait pas que c'est à lui que j'écrivais secrètement la nuit dans le salon. il pense que peut-être, j'aurais fait plus sans lui. alors que c'est exactement tout le contraire ! je me souviens des premiers temps où je bossais au macdo. je me souviens que je ne pouvais plus approcher un piano, je me souviens que je ne voulais plus donner de cours, je me souviens à quel point je doutais de moi et de mon avenir...
il m'a réveillée. il m'a redonné vie.
il me regardait avec tellement de respect et d'amour que je me suis vue belle pour la première fois. et j'ai voulu être à la hauteur de ce regard. et ce regard, et ses mots, et ses doutes...je ne me lasse pas d'être avec lui. de l'écouter. et c'est rare : de devoir le rassurer.
si je l'ai choisi, c'est parce qu'il est différent. il est à la fois l'homme fort et le petit garçon. j'aime ses folies, ses envies, ses rires. j'aime le savoir endormi près de moi, recroquevillé près de moi. oh, bien sûr, il y a des moments où il m'énerve : il ronfle et laisse traîner ses chaussettes, parfois même sur le piano ! mais je n'aurais jamais assez de mots pour lui rendre hommage. lui qui me soutient et me supporte chaque jour. lui qui croit en moi. lui qui m'aime.
et que j'aime.
depuis presque 5 ans.
c'était vraiment bien cette soirée sur la terrasse.
11 avril 2008
regards
dimanche matin, je me lève à l'aube pour jouer à la messe, exceptionnellement, je le précise.
avec ma chorale, nous sommes conviés à donner une partie de notre programme pour une messe spéciale à bosserville. en présence de l'évêque...
j'arrive à 9 heures pour la répétition. je suis dans le coltar grave et je décide de ne pas prendre de bêtabloquants pour jouer. nous sommes placés dans une sorte de mezzanine, à l'abri des regards et j'ai peur de ne pas supporter les médicaments...
depuis plus de 10 ans que je prends ces cachets pour ne pas trembler quand je joue en public. ce sont mes profs du conservatoire qui me les avaient conseillé au vu de mon trac immense quand je monte sur une scène...
dimanche, je suis trop faible, j'ai peur que mon coeur ralentisse trop et de ne pas être bien. je n'en prends donc pas. c'est la première fois depuis des années...
on ne me voit pas de là-haut. non. on ne me voit pas du tout. je n'ai pas de boule dans le ventre, je ne tremble pas du tout. parce qu'on ne me voit pas...
et le concert se passe super bien. je suis contente, je n'ai pas tremblé, pas même une seule minute.
soudain je réalise. que ce qui me fait trembler de la tête aux pieds lorsque je monte sur scène, ce n'est pas la musique. ce n'est pas la peur de me planter. c'est tout simplement le regard des gens sur moi. et tout me remonte d'un coup.
mes complexes que je traine depuis l'enfance, ceux qui m'ont valu d'être souvent le souffre douleur de mes camarades...en fait, un complexe, une tare qui m'a valu tellement de surnoms affreux, tant de moqueries douloureuses, tant de rires...ça me revient parce que je n'ai jamais oublié.
bien souvent, j'ai supplié mes parents de m'emmener me faire "soigner". et chaque fois, je me suis heurtée à leur refus. le refus de la vérité sur mon visage et leurs " mais tu n'as rien qui cloche, ce sont des cons, tu es tout-à-fait normale"...alors que j'ai toujours su que c'était faux. que mon visage n'était pas exactement le même que ceux des autres enfants. ceux qui avaient eu droit à un appareil dentaire...
jusqu'à mes 20 ans, je n'avais jamais été chez un dentiste. mes parents n'en voyaient pas l'utilité puisque je n'avais jamais mal aux dents. oui mais j'avais mal d'être différente...
de n'avoir pas le profil des autres. et mal d'être surnommée...la guenon.
pendant des années, j'ai eu mal, je me cachais. le dimanche, je me recroquevillais de manière à pousser mes dents avec mes genoux. et je pleurais parce que je n'y arrivais pas.
mes parents ont toujours nié l'évidence. j'ai dû faire avec ce défaut.
évidemment, je ne ressemble pas vraiment à un singe. seulement, ce surnom a gravé en moi une souffrance terrible. et encore aujourd'hui, quand je vois mon sourire sur une photo, j'ai envie de mourir. je sais que ça peut paraitre excessif mais c'est vrai. ce profil, je le vomis.
et quand je monte sur scène, les gens ne me voient que de profil. et ils me voient, tout simplement.
la dentiste que je vois m'a dit que je pouvais encore corriger. mais je ne me vois pas donner mes cours avec un appareil, je sais trop que les gamins se moqueraient de moi. alors, chaque fois, je change de dentiste. pour ne pas avoir à expliquer. que je me suis habituée à ça et que je ne supporterai plus de subir les ricanements. alors tant pis. je reste comme je suis. mais souvent, j'y pense. et j'ai honte. et j'ai envie de m'enterrer. même si je sais que c'est futile, idiot, que des tas de gens souffrent de choses bien plus graves sur terre...
je sais tout ça.
mais rien n'y fait.
quand on ne me voit pas, je ne tremble pas...
22 mars 2008
pas envie de blogger
pas envie de raconter ma peur, mes doutes, mes coups de blues.
pas envie de vous faire part de tout ce qui ne va pas et de cette démotivation générale.
pas envie, pas envie.
seul mon piano me fait du bien, un peu.
je reviendrai quand j'aurai quelque chose de positif à raconter. c'est pas demain la veille comme on dit !
à +++
14 mars 2008
...
je sais pas quoi écrire. j'ai plus d'inspiration, débordée, overbookée, concerts, comédie musicale, déceptions, angoisse, enthousiasme, j'ai l'impression de devenir folle.
je suis déçue par certains, enthousiasmée chaque fois que j'entends nos morceaux joués, pourtant d'habitude très critique, là, je trouve que ça sonne bien.
cependant, c'est difficile. de monter ce spectacle, de penser à tout, de gérer tout le monde. parfois, je regretterais presque. quand on montera sur scène, je vais me liquéfier. je vais mourir.
en même temps, j'ai hâte, de voir.
aujourd'hui, c'est la loose. je suis pas habillée, pas lavée, j'ai plein de trucs à faire et le ménage aussi parce que là chez moi, c'est moche.
j'ai envie de...
FAIRE LA FETE.
voilà.
vivement...
01 mars 2008
toujours rien à raconter
c'est terrible non ?
enfin ma vie tranquille se résume à composer, réfléchir, chantonner et rêvasser.
lundi, c'est la rentrée. je suis un peu dégoûtée car ces vacances sont passées très vite. et maintenant, c'est parti pour la comédie musicale à fond la caisse.
je stresse rien que d'y penser.
à bientôt :-)






